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L'intimidation et les abus verbaux sont courants dans le sport d'élite canadien, selon une étude

Une image floue d'un cycliste sur piste

L'étude, menée de manière anonyme, ne permet pas d'associer une réponse à un athlète ou à un sport en particulier.

Photo : Getty Images / Alex Livesey

Radio-Canada

Une étude sur le bien-être mental et physique des athlètes de pointe canadiens met en lumière des relations toxiques avec des entraîneurs dans lesquelles, selon les sportifs, l'intimidation, les humiliations et les abus verbaux sont répandus.

D'après un texte de Lori Ward et de Jamie Strashin, de CBC News et CBC Sports, avec des informations de Devin Heroux

AthletesCAN, une association indépendante des athlètes des équipes nationales canadiennes, et l’Université de Toronto ont sondé des membres des équipes nationales d’hier et d’aujourd’hui pour évaluer la prévalence de diverses formes de mauvais traitements.

Plus d’un millier d’athlètes âgés d’au moins 16 ans ont répondu de manière anonyme à un sondage en ligne, en mars et en avril 2019. Tous les répondants ont fait partie de l’une des nombreuses équipes nationales canadiennes.

« Nous n’avons pas vu d’étude centrale, indépendante, axée sur la recherche et sur la perspective de l’athlète sur la question de la sécurité dans le sport en plus de 20 ans, a déclaré la présidente d’AthletesCAN, Dasha Peregoudova, dans un communiqué. Le rapport appuiera les athlètes dans leurs efforts pour susciter le changement comme jamais auparavant. »

La prévalence des abus sexuels retient beaucoup l’attention, à juste titre, dans le monde du sport. Les athlètes ont cependant souligné que la forme d’abus la plus courante, à l’échelle nationale, est de nature psychologique.

La négligence vient au 2e rang, suivie des abus sexuels et physiques. Dans toutes les catégories, les femmes ont rapporté des cas d’abus dans une plus grande proportion que les hommes.

Près d’un cinquième des répondants actuellement membres d’une équipe nationale disent avoir subi des torts psychologiques, habituellement de la part d’un entraîneur. Parmi les athlètes retraités, la proportion s’approche du quart.

Le plus faible taux de prévalence parmi les athlètes actuels pourrait signifier que la situation s’améliore. Mais les athlètes retraités ont peut-être simplement eu le temps de réfléchir à leurs expériences, selon Dasha Peregoudova. Certains des commentaires formulés anonymement au cours de l’étude laissent croire que de graves problèmes demeurent.

« La crainte d’être mis sur une liste noire, d’être expulsé de l’équipe ou de perdre mon financement m’a invité au silence quand j’ai été témoin d’intimidation ou de harcèlement et que j’aurais dû parler ou agir », a reconnu un athlète.

« J’ai arrêté [le sport] parce que j’étais la cible de choix d’un entraîneur violent, a confié un autre. J’avais très peur de lui et de ce qu’il pouvait me faire. »

L’étude indique que ces abus ont des effets à long terme sur les athlètes. Quelque 13 % des athlètes actuels et 20 % des athlètes retraités ont dit avoir exprimé des pensées suicidaires.

« Ce n’est pas à l’honneur du Canada que nos athlètes subissent tout cela pour pouvoir porter la feuille d’érable sur leur uniforme », a soutenu la professeure de l’Université de Winnipeg Sandra Kirby, une ancienne athlète olympique qui a déjà sondé les sportifs il y a près de deux décennies.

L’étude a été financée par le gouvernement fédéral, qui s’en servira comme point de comparaison dans son évaluation des initiatives de prévention et d’intervention mises en place pour rendre plus sûrs les sports de participation et d’élite.

Une enquête conjointe de CBC News et de CBC Sports, à laquelle Radio-Canada Sports a contribué, a révélé cette année qu’au moins 222 accusations de délit sexuel envers des entraîneurs du sport amateur au Canada ont donné lieu à des condamnations pour des gestes envers plus de 600 victimes mineures.

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