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L'avenir du hockey féminin et l'implication de la LNH

Elles s'enlacent.

Hilary Knight et ses coéquipières américaines célèbrent un but au récent mondial de hockey.

Photo : Associated Press / Antti Aimo-Koivisto

Associated Press

La NBA l'a fait avec la WNBA. Des ligues de soccer en Europe et aux États-Unis l'ont aussi fait. C'est ce qui a incité quelque 200 joueuses à s'engager à ne pas jouer en Amérique du Nord en 2019 afin de créer une seule ligue professionnelle viable économiquement. Mais la LNH demeure discrète quant à ses intentions.

« L'histoire nous a dit que de nouvelles ligues sont prospères quand elles travaillent avec une ligue professionnelle existante », dit Meghan Duggan, membre de l'équipe américaine, médaillée d'or aux Jeux de Pyeongchang.

« C'est quelque chose, je pense, qui nous enthousiasmerait. Mais ce n'est qu'un premier pas dans cette direction. »

Le boycottage de la Ligue nationale de hockey féminin (NWHL) a envoyé une onde de choc dans ce milieu sportif. L'équipementier Bauer a fait un plaidoyer pour que les propriétaires des équipes de la Ligue nationale, les joueurs et leurs agents fassent entendre leur appui.

La grande question est de savoir si un tel projet pouvait fonctionner.

« Je crois qu'elles ont une meilleure chance de réussite que certains syndicats de ligues masculines ont eue, estime Matt DelDuca, un avocat spécialisé dans le droit du travail. Les grèves n'ont pas été très efficaces dans le sport professionnel parce qu'il est difficile de les faire durer longtemps. Le sport féminin est quelque peu différent à cause de l'aspect économique. Je crois qu'il s'agit d'une prodigieuse occasion pour elles. »

Les équipementiers entrent dans la danse

La vice-présidente du marketing de Bauer Hockey, Mary-Kay Messier, considère que la LNH doit se positionner comme propriétaire d'un circuit féminin.

Je crois, et chez Bauer nous croyons qu'il s'agit de la seule option viable. Ça prendra vraiment une vision à long terme et un plan qui assurera l'avenir de ce sport pour les générations à venir.

Mary-Kay Messier, vice-présidente du marketing chez Bauer Hockey

La compagnie CCM a également apporté sa contribution quand Brianna Decker a pris part au concours d'habileté des étoiles de la LNH en janvier dernier.

Decker a conclu l'épreuve des passes avec un meilleur chrono que le gagnant officiel, Leon Draisaitl, et CCM a décidé de lui verser la somme de 25 000 $.

Avenir nébuleux

Cela dit, Nellie Drew, professeur en droit du sport à l'Université de Buffalo, se demande maintenant ce qui va se passer .

« En 2019, est-ce que les joueuses ont un levier économique qui les place dans une position avantageuse? Peut-être pas. Mais elles ont la capacité de séduire le public pour que la LNH considère embarquer dans l'aventure. »

Le numéro 2 de la Ligue nationale, Bill Daly, a affirmé que la direction de son circuit « allait explorer cette situation en privé avant de dévoiler ses intentions ».

En 2017, l'équipe américaine de hockey féminin a menacé de ne pas participer au Championnat mondial et a finalement obtenu un programme de bénéfices de la part de la Fédération de hockey des États-Unis. Les joueuses empocheront désormais entre 3000 et 4000 $ par mois et leur salaire pourra atteindre environ 71 000 $ par année.

Cette somme pourrait augmenter à 129 000 $ pendant une année olympique. C'est une nette amélioration pour ces femmes qui ne gagnaient auparavant que 1000 $ mensuellement pendant 6 mois.

Tenter d'établir une ligue est une autre histoire. Les questions sont nombreuses au sujet d'un modèle d'affaires viable, de futures villes d'accueil, des commanditaires, des investisseurs et des bénéfices à verser aux joueuses.

La NWHL disputera la prochaine saison et offrira de meilleurs salaires et un pacte de partage des revenus avec les joueuses qui ont tout de même décidé de ne pas jouer.

Nul ne croit qu'une ligue solide se matérialisera du jour au lendemain, mais Jocelyne Lamoureux-Davidson, auteure du but gagnant pour l'équipe américaine aux Jeux de Pyeongchang, se montre optimiste.

« Nous sommes préparées à ne pas jouer pendant une saison entière, ce qui n'est bon pour aucune joueuse, a-t-elle dit. Espérons que ça ne durera pas plus longtemps. »

Ian Cole, défenseur de l'Avalanche du Colorado, se montre quant à lui enthousiaste même s'il ne sait pas comment une alliance avec le hockey féminin pourrait fonctionner.

Elles sont les meilleures au monde. Elles devraient être compensées conséquemment. J'ignore comment ce serait structuré, je ne suis pas le chef des finances de la LNH. Je ne sais pas si ce serait faisable économiquement. Je ne sais pas comment ils feraient ça, mais aimerions-nous voir ça? Oui, absolument.

Ian Cole, défenseur de l'Avalanche du Colorado

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