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Antoine Valois-Fortier et Étienne Briand, une saine rivalité chez les 81 kg

Étienne Valois-Fortier et Étienne Briand à l'entraînement

Photo : Société Radio-Canada

Philippe Crépeau

Antoine Valois-Fortier et Étienne Briand sont au coude-au-coude au classement mondial, et leur rivalité dans la catégorie des moins de 81 kg atteindra son point culminant en mai 2020 au moment de la sélection olympique, car un seul des deux pourra aller aux Jeux de Tokyo.

Les deux athlètes du Québec sont respectivement 14e et 15e au classement de la Fédération internationale de judo (IJF).

Étienne Briand, de Sept-Îles, on le connaît moins. Il tente de se qualifier pour la première fois pour les Jeux olympiques. Valois-Fortier, de Québec, jouit d'une couverture médiatique constante depuis sa médaille aux Jeux de 2012.

Ils se sont affrontés deux fois dans le dernier mois, et c'est Valois-Fortier qui a gagné, notamment en finale des Championnats panaméricains le 26 avril, à Lima, au Pérou.

Deux grands rendez-vous pointent à l'horizon. D'abord le Grand Prix de Montréal du 5 au 7 juillet, puis les Championnats du monde à Tokyo, du 25 au 31 août.

L'épreuve montréalaise marquera le début de la deuxième année de la qualification olympique.

Au lendemain de la finale des Championnats panaméricains, Antoine Valois-Fortier et Étienne Briand ont retrouvé les tatamis de l'Institut national du sport du Québec à Montréal, où ils poursuivent leur préparation.

Étienne Valois-Fortier et Étienne Briand, réunis pour une photo

Étienne Valois-Fortier et Étienne Briand, réunis pour une photo

Photo : Société Radio-Canada

Leur rivalité fait évidemment le bonheur des photographes. Valois-Fortier a 29 ans, Briand en a 26.

« 26 ans, ce n’est pas vieux, mais parfois, je me dis que j’ai des articulations qui ont 50 ans », lance Briand à la blague au micro de Radio-Canada Sports.

« À 29 ans, avec mon dos, je suis régulièrement dans le bureau de la physio, admet Valois-Fortier. Je vois que je ne récupère pas aussi rapidement qu’avant, qu’à la belle époque quand j’avais 18 ans. »

Il faut dire qu'il revient d'une longue pause de huit mois après avoir été opéré deux fois pour des hernies discales. Il a recommencé la compétition en février et a déjà récolté deux médailles en Grand Prix et l'or aux Championnats panaméricains.

« Je combats avec l’esprit en paix. Je ne pense pas à mon dos », affirme-t-il.

Bien que ce ne soient pas des médailles de Championnats du monde ou de compétitions de grande envergure, elles me rendent extrêmement fier, car ça démontre quelque part la ténacité et la détermination dont j’ai fait preuve ces derniers mois pour passer à travers deux opérations majeures ces deux dernières années.

Antoine Valois-Fortier

Briand et Valois-Fortier sont rivaux, mais ne sont pas jumeaux pour autant. Ils sont différents dans leur gabarit et dans leur style.

« On n’est pas pareils, précise Étienne Briand. Nos styles sont très différents, il y a une énorme différence entre nous physiquement. C’est un des plus grands, je suis un des plus petits. Je suis quelqu’un d’explosif, Antoine est plus endurant. Même si on a fait des prolongations par le passé. »

Étienne Briand, Sept-Îles

Étienne Briand

Photo : Société Radio-Canada

« Il faudrait que je trouve quelque chose de nouveau pour le surprendre, mais ce n’est pas évident, admet-il. Car au-delà de s’entraîner ensemble, on voit ce que l’autre fait au quotidien. Peu importe, ça va être serré. Et chaque combat va se jouer sur des erreurs. »

Ils se sont affrontés en finale des Championnats panaméricains le 26 avril. Et c'est Valois-Fortier qui a gagné, mais au terme d'un combat très fermé, car ils se connaissent par cœur.

« Avec les mondiaux qui s’en viennent en août, je vais devoir continuer ma progression si je veux monter sur le podium. Je suis bien parti. Et si j’arrive là avec le bon état d’esprit et la tête reposée, je vais être dangereux, affirme Valois-Fortier. C’est très réaliste de croire que je peux rester dans l’élite mondiale jusqu’aux Jeux de 2020. »

L'avantage de l'expérience

La volonté est là, le palmarès aussi. À ce chapitre, il n'y a pas photo entre les deux partenaires d'entraînement. Briand doit absolument bloquer l'aura que Valois-Fortier s'est forgée.

« Si je pensais à ça, je n’aurais aucune chance, dit l'athlète de Sept-Îles. Une fois qu’on se salue, je me bats contre Antoine, contre quelqu’un, contre une personne. Son palmarès, ça ne peut pas entrer en ligne de compte, car un combat, c’est 4 minutes. Et il n’y a pas assez de temps pour penser à autre chose que ce qu’il faut faire dans l’instant présent. »

« En ce moment, je me sens aussi compétitif que lui par rapport au reste du monde, affirme Briand. C’est mes années pour performer dans les grands rendez-vous, il faut que je prenne ma place, et que je ne donne pas le choix que ce soit moi qui sois pris. »

Et cette décision reviendra en 2020 à Nicolas Gill, directeur général de Judo Canada, ancien médaillé olympique lui-même.

Nicolas Gill et Antoine Valois-Fortier en pleine démonstration sous les yeux de Marie-Hélène Chisholm

Nicolas Gill et Antoine Valois-Fortier en pleine démonstration sous les yeux de Marie-Hélène Chisholm

Photo : Société Radio-Canada

Les athlètes doivent être dans le top 18 mondial en date du 25 mai 2020 pour donner une place garantie à leur pays dans leur catégorie. Une seule place par pays. Si Briand et Valois-Fortier le sont tous les deux, Judo Canada devra trancher.

« Dans le dernier mois, les deux se sont affrontés deux fois, et Antoine a gagné les deux combats quand même comme il faut, fait remarquer Nicolas Gill. C’est sûr qu’avec son palmarès, il a déjà fait face à la musique, et s’est déjà retrouvé dans des situations très stressantes, donc ce bagage-là va le suivre. »

« Mais ça se joue sur le tatami, et malgré tous les arguments qu’on peut trouver avant, il reste qu’il faut performer au jour J et à l’heure H », précise-t-il, pour bien faire comprendre que les dés n'étaient pas jetés.

Étienne Briand et Antoine Valois-Fortier participeront au rendez-vous Grand Prix de Montréal début juillet. Pour la première fois, Montréal fait partie du calendrier Grand Prix de la Fédération internationale.

« Le Grand Prix à Montréal est le premier tournoi de la deuxième année de la qualification olympique. Ces points-là valent pour 100 % dans notre système, rappelle Briand. Ça va être le dernier grand tournoi avant les Championnats du monde. Ça va être une bonne répétition, pour voir mon niveau de préparation, pour voir ce qu’il reste à peaufiner pour les mondiaux. »

Les Championnats du monde ont lieu à Tokyo la dernière semaine du mois d'août.

« Dans les derniers mois, j’ai dû pousser la machine, car j’avais du temps à rattraper, explique Valois-Fortier. Mais là, je dois me concentrer sur des objectifs très précis, comme les Championnats du monde, pour m’assurer d’arriver prêt au bon moment. »

Antoine Valois-Fortier, Québec

Antoine Valois-Fortier, Québec

Photo : Société Radio-Canada

« À Montréal, ce sera le début de la deuxième année de qualification, et je veux prendre de l’avance, dit Valois-Fortier. C’est un Grand Prix, ça donne beaucoup de points. Je serai à la maison. Donc, tous les éléments sont là pour que j’y aille à fond. »

Antoine Valois-Fortier est en pleine possession de ses moyens, Étienne Briand est prévenu. Ce serait un cadeau pour les amateurs d'avoir une finale toute canadienne dans la catégorie des 81 kg à Montréal.

« C’est plutôt rare qu’on ait deux judokas du même pays qui s’affrontent dans des finales de grands tournois, mais ça peut juste me pousser à être plus performant, affirme Briand. Et pour les deux, ça élève notre niveau par rapport au reste du monde. »

Étienne Briand ne veut pas trop se projeter, mais il sait déjà que sa qualification olympique pourrait se jouer face à son camarade, si Judo Canada devait avoir à trancher.

« Il pourrait y avoir un combat de barrage entre nous deux, note-t-il. Il faut garder ça en tête. Et si ça arrive, il y a des aspects stratégiques pour cette journée-là où il va falloir vraiment battre l’autre. »

« Étienne est l'un des meilleurs athlètes au monde. Sa seule présence me pousse, confie Valois-Fortier. On se pousse tous les deux, et c’est comme ça que le judo canadien va progresser. Malheureusement, il y en a seulement un qui ira aux Jeux olympiques. Il reste encore beaucoup de temps. On le saura seulement en mai 2020. Je dois pour le moment me concentrer sur mon parcours. »

« Il ne faut pas que ça devienne négatif dans leur préparation, précise Nicolas Gill. Ce serait faux de dire que ça n’a pas d’impact. Il faut arriver à le gérer. Wt l’objectif reste le même, que le bon drapeau flotte en haut du podium à Tokyo. Et c’est les athlètes qui dicteront qui sera sous le drapeau. »

Avant Montréal en juillet, Étienne Briand et Antoine Valois-Fortier se croiseront au tournoi grand chelem de Bakou, en Azerbaïdjan, du 10 au 12 mai.

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