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Surprise et incompréhension après le retrait du rugby des écoles secondaires de Nouvelle-Écosse

Des joueuses de rugby se concertent sur un terrain.
Les jeunes joueurs de rugby de la Nouvelle-Écosse ont appris avec surprise et consternation que le reste de leur saison était annulée. Photo: Claire Avery
Radio-Canada

La décision de la Fédération athlétique des écoles de la Nouvelle-Écosse (NSSAF) d'annuler l'intégralité des matchs de rugby disputés dans les écoles secondaires de la province a fait réagir la communauté canadienne de rugby vendredi.

Le conseil d’administration de la NSSAF a pris cette décision durant sa première réunion de l’année en invoquant comme justification la sécurité des joueurs.

« C’est d’abord une surprise, sachant le travail qui est fait dans toutes les provinces canadiennes pour que ce sport soit joué en sécurité. C’est une surprise et une incompréhension aussi. Je sais que mes collègues de la Nouvelle-Écosse veulent en savoir plus », a dit le directeur général de Rugby Québec, François Ratier.

La Fédération athlétique des écoles de la Nouvelle-Écosse a demandé à consulter les statistiques des blessures subies lors des cinq dernières années dans les sports qui sont proposés au secondaire dans la province.

Le rugby vient en tête de liste concernant les possibles commotions cérébrales et celles qui ont été diagnostiquées avec 149, loin devant le hockey (33), le football (32) et le soccer (26).

Les chiffres n'indiquent toutefois pas combien d'athlètes ont pratiqué ces sports durant la période 2014-2018 ni les matchs joués dans leur ensemble.

La Fédération de rugby de la Nouvelle-Écosse a demandé une rencontre avec la NSSAF afin d'en savoir davantage sur le raisonnement qui a mené à cette prise de décision.

« Ce sont des statistiques qu’on veut approfondir. En tout cas, c’est sûr que mon collègue de la Nouvelle-Écosse veut les approfondir parce que le rugby est comparé à d’autres sports. Quand il y a comparaison, il faut savoir d’où viennent les chiffres et comment ils sont compilés », a indiqué François Ratier.

Le directeur général de la fédération québécoise croit qu’il y a plus que les statistiques derrière cette décision.

Si une province veut bannir le rugby de ses sports scolaires, nous, on veut en savoir plus. C’est un sport, et comme dans tous les sports, il peut y avoir des accidents. Mais je refuse que le nôtre soit mis de l’avant comme un sport dangereux. On veut avoir les vraies raisons et des arguments un peu plus sérieux que juste une statistique.

François Ratier, directeur général de la Fédération de rugby du Québec

« C’est lié à une compagnie d’assurance. C’est lié au nombre de statistiques qui font augmenter le coût des assurances, donc je suppose que les organisations scolaires doivent prendre des décisions à ce sujet-là. Mais je ne suis pas en Nouvelle-Écosse. Je ne peux pas commenter plus que ça. »

François Ratier, directeur général de Rugby Québec

Quelques heures après l’annonce de la NSSAF, la communauté rugby avait déjà commencé à réagir sur les réseaux sociaux.

Une pétition appelée Bring Rugby back to NS Schools (Ramenez le rugby dans les écoles de la Nouvelle-Écosse) a été mise en ligne jeudi après-midi et avait déjà recueilli quelque 20 000 signatures vendredi après-midi.

La communauté est choquée parce qu’on nous montre comme un sport ultra dangereux. On se croirait presque en MMA. Ça reste un sport de contact et d’évitement où l'on doit apporter le ballon derrière la ligne en se faisant des passes. On a seulement le droit de plaquer la personne qui a le ballon. Est-ce qu’on va interdire le judo parce qu’ils n’ont pas de protection? Est-ce qu’on va se mettre à interdire la boxe? Parce que c’est super violent la boxe. On s’en sort plus, quoi!

François Ratier

Selon lui, l’important n’est pas de limiter la pratique du sport chez les jeunes, mais de l’encadrer pour éviter les accidents.

« Nous, par exemple, on a un protocole de commotions cérébrales. On est en train de développer une application pour nos athlètes provinciaux qui leur permettra de faire un suivi. Il y a des protocoles très, très, très sérieux pour les blessures à la tête. Ça existe déjà depuis des années », a-t-il expliqué.

François Ratier, directeur général de Rugby Québec

Du secondaire à l’international

Rugby Québec dénombre environ 5000 élèves qui pratiquent le sport dans le système scolaire. Selon le directeur général, la majorité des joueurs qui représentent le pays à l’échelle internationale ont découvert ce sport à l’école.

« C’est très important parce que comme on est un sport à développement tardif, souvent, le point d’entrée de notre sport est au secondaire. Les athlètes canadiens qui vont aux Jeux olympiques ou en Coupe du monde, ils viennent de toutes les provinces et ils ont commencé à l’école. Pourquoi empêcher des jeunes en Nouvelle-Écosse de jouer au rugby », a dit François Ratier.

François Ratier ajoute que la Fédération québécoise travaille en collaboration avec le Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ) pour l’application des règlements, l’arbitrage et la sécurité des joueurs.

Je peux répondre à n’importe quelle question d’un parent ou d’une commission scolaire. Nous offrons des cliniques pour les entraîneurs en ce qui concerne la sécurité et l’apprentissage du contact. On fait tout ce qu’on peut dans notre organisation pour sécuriser notre sport, comme mes collègues des autres sports le font.

François Ratier

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