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Le plus bel espoir québécois fait des vagues dans les séries de la LHJMQ

Un jeune joueur de hockey au chandail rouge a le regard captivé par son entraîneur qu'il regarde à travers la vitre de la patinoire

Raphaël Lavoie des Mooseheads d'Halifax

Photo : Radio-Canada / Twitter: Halifax Mooseheads @HFXMooseheads

Alexandre Gascon

ROUYN-NORANDA – Vous connaissez la chanson. Un jeune homme reçoit l'étiquette du meilleur espoir québécois en vue du prochain repêchage de la LNH. Ce même jeune homme, 17-18 ans tout au plus, doit composer avec la pression, les questions, les feux de la rampe et, tranquillement, ses performances en pâtissent.

De cette ritournelle jouée des centaines de fois, Raphaël Lavoie en est le dernier interprète. Classé 13e espoir nord-américain à mi-chemin cette saison, le Chamblyen a dégringolé au 20e rang lors de la publication finale de la centrale de recrutement de la LNH.

Rappelez-vous de Maxime Comtois, établi comme un choix parmi les 10 premiers, voire les 5 premiers, au début de la saison 2016, et qui a finalement glissé au 50e rang au repêchage après une campagne pénible.

Au-delà des chiffres, le bruit courrait que bon nombre de recruteurs croyaient désormais que Jakob Pelletier et potentiellement Samuel Poulin allaient être réclamés avant Lavoie à Vancouver en juin.

Les séries de la LHJMQ se poursuivent toutefois bien au-delà de la publication du dernier classement et Lavoie, dont les Mooseheads d’Halifax disputent la finale de la Coupe du Président contre les Huskies de Rouyn-Noranda, en profite.

« Ses séries lui permettent d’augmenter sa cote », selon un recruteur d’une équipe de l’Ouest sondé jeudi.

Un peu comme Pierre-Luc Dubois en 2016, suggère-t-on à notre homme?

« La comparaison est bonne », a-t-il avoué, magnanime.

« L’enjeu est plus important et il améliore son niveau de jeu. Pas grand monde voyait les Mooseheads battre les Voltigeurs en demi-finales. C’est l’un des grands responsables de cette victoire », a enchaîné notre informateur.

Avec un but dans le premier match de la finale jeudi, remporté 5-2 par les Huskies, le Québécois totalise 28 points, dont 18 buts, en 18 rencontres éliminatoires. Il a inscrit 7 points en demi-finales contre Drummondville dans la série gagnée en six matchs par Halifax. Mais lors des deux victoires des Voltigeurs, Lavoie a été blanchi et a montré un ratio défensif de -6.

La séquence résume assez bien le personnage. Lorsqu’il est engagé, Lavoie impose son immense gabarit, prend des tirs dangereux, vole sur la patinoire. Dans ses moins bonnes journées, la facilité qui se dégage de son jeu est prise pour de la nonchalance et laisse l’observateur sur son appétit.

C’est sa troisième saison dans le junior et, parfois, plus tu vois les joueurs longtemps, plus tu vois leurs défauts on dirait. Il reste que c’est un ailier de 6 pieds 4 pouces (1,93 m), qui joue quand même assez physique et qui produit. Il y a clairement beaucoup de positif.

Un dépisteur amateur d'une équipe de la LNH

Une opinion corroborée par un second dépisteur d’une formation de l’Ouest dans la LNH, présent au match jeudi soir.

De l’arrière vers l’avant

Marqueur naturel au tir vigoureux – il a marqué 50 buts en 80 matchs cette année, séries incluses – Lavoie a passé la campagne à peaufiner son jeu défensif.

Jeudi soir, le buteur de la Rive-Sud a démontré sa compréhension du jeu défensif en désavantage numérique. Il a exercé une pression soutenue à la ligne bleue pour finalement soutirer le disque à Félix Bibeau, décamper et rapprocher son équipe à 3-2 avec un filet à court d’un homme marqué d’un lancer imparable.

« On a travaillé fort sur mon jeu défensif avec Éric [Veilleux]. Les détails quand je n’ai pas la rondelle, comment me placer, comment mettre mon bâton, quel joueur surveiller quand on est dans notre zone. Des petits détails qui font une différence sur une longue saison », a expliqué Lavoie.

Veilleux, l’entraîneur des Mooseheads, le confirme.

« Quand tu joues en désavantage numérique, c’est une marque de confiance d’un entraîneur. Et c’est parce que tu es capable de bien jouer défensivement. Je lui en ai donné un peu au mois d’octobre. Et là, à un moment donné, il a commencé à tricher un peu offensivement, alors je l’ai enlevé. Il a moins joué. Je l’ai coaché comme j’aurais coaché n’importe quel joueur, mais c’était pour son bien », a lancé le pilote d'Halifax.

« Il est revenu comme il faut. On a travaillé, je lui ai expliqué, on a fait du vidéo et j’ai quand même passé beaucoup de temps avec lui. Je pense qu’il a compris qu’en jouant de la bonne façon, tu pouvais quand même avoir tes chances de marquer et bien réussir offensivement et ça fait de lui maintenant un joueur complet. On n’en parle pas souvent, mais dans la Ligue nationale, c’est un peu ça que les dépisteurs se demandent. Quand tu as un joueur offensif qui a un bon lancer, il va se faire repêcher à cause de son talent offensif, mais défensivement, comme il joue? Physiquement, comment il joue? Ce sont ces choses-là qu’on a travaillées. »

Fermez les yeux, vous croirez lire du Claude Julien.

Mais le plus important aux yeux de Lavoie? « J’essaie de scorer des buts. C’est un plus pour l’équipe et c’est le fun », a dit le jeune homme.

Si son apprentissage progresse, Lavoie possède les atouts pour devenir le prototype de l’attaquant de puissance dans la LNH, rôle d’autant plus prisé qu’il s’efface graduellement, se fait rare.

Le Canadien en a cherché un si longtemps. Cela dit, Montréal détient le 15e choix du prochain repêchage et il serait bien surprenant qu’il sélectionne un talent que l’on voit sortir plutôt en deuxième moitié de premier tour.

Or, la dernière fois que le CH s’est adonné à ce petit jeu, l’histoire s’est mal terminée. D’autant que le Tricolore doit regarnir sa banque d’espoirs en défense, du côté gauche de préférence.

Lavoie vient de Chambly. Il allait voir les matchs de l’équipe de son enfance au Centre Bell.

« Difficile de ne pas s’imaginer un jour sur cette glace », a convenu le principal intéressé.

« On commence à m’en parler souvent. Ça fait partie de la game, mais je vais me concentrer à jouer les séries. Je ne te mentirai pas, ça a toujours été un rêve. Quand tu joues au hockey et que tu vas voir le Canadien, tu te dis que ce serait le fun d’être là. »

En rafale

En dépit de la solide performance de Lavoie, les Mooseheads n'ont pas été en mesure de freiner les puissants Huskies lors du premier match de la finale. Halifax s'est vu décerner neuf punitions contre seulement une à la formation de l'Abitibi.

En conférence de presse, Éric Veilleux avait retrouvé le calme qui lui avait fait défaut pendant le match lors d'une prise de bec avec l'arbitre.

« Je trouve ça décevant pour mes joueurs parce qu'on a joué un excellent match à cinq contre cinq [...] Défensivement, on n'a pas donné grand-chose à cinq contre cinq. Neuf avantages numériques, c'est presque une période. C'est pas la bonne façon de commencer une série. »

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