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Quand Samuel Piette explique aux internautes pourquoi il a passé le ballon

Samuel Piette

Samuel Piette

Photo : Getty Images / Icon Sportswire

Olivier Tremblay

Tout a commencé par un commentaire comme on en voit des centaines pendant un match : une remise en question d'un choix de jeu.

À la 31e minute de la rencontre entre l’Impact de Montréal et le Revolution de la Nouvelle-Angleterre, mercredi, le Bleu-blanc-noir fait circuler le ballon dans la moitié adverse, du côté gauche. Orji Okwonkwo le remet dans l’axe à Samuel Piette, qui l’envoie aussitôt en retrait vers l’arrière central Victor Cabrera.

Environ une minute plus tard, Éric Chenoix publie le tweet suivant.

Ce n’est que le lendemain que les notifications se multiplient sur le profil du traducteur de métier qui mène une double vie de blogueur sur son site Viau Park.

D’abord, Piette « aime » son tweet (« Je pense qu’il voulait que je sache qu’il l’avait vu », convient Chenoix), puis un internaute – qui s’avère l'ancien receveur vedette des Carabins Guillaume Paquet, un bon ami de Piette – publie une vidéo de la séquence.

Et c’est alors que le joueur commence à expliquer, sur Twitter, pourquoi il a passé le ballon en retrait plutôt que vers l’avant.

« Je n’avais jamais vu ça, même à l’Impact, souligne Chenoix, qui suit les activités du club depuis les belles années des divisions inférieures. Les vedettes internationales, après tout, doivent recevoir des notifications à n’en plus finir. »

Tout y passe par la suite : le nombre d’adversaires de chaque côté du terrain, la posture, le contrôle orienté et la volonté de faire bouger l'autre équipe d'une certaine façon. Imaginez Max Domi qui explique à un internaute toutes les raisons pour lesquelles il a remis la rondelle à Shea Weber à la ligne bleue au lieu d’essayer la longue transversale vers Brendan Gallagher. (Ça n’arrivera probablement pas.)

« Je sais que [Chenoix] n’est pas du genre à simplement commenter la belle victoire de 3-0, mais qu’il va plus dans le détail, indique Piette. Mon ami a mis la séquence en ligne. Il m’a envoyé la réponse. J’ai décidé d’embarquer dans le débat. Je voulais expliquer que oui, sur le terrain, j’ai une certaine compréhension du jeu, et j’ai vu ce jeu de telle ou telle manière. C’était de bonne foi. »

Chenoix assure que la critique n’était pas dirigée à Samuel Piette directement, mais plutôt à toute l’équipe, dont l’animation offensive « dérape depuis quelques matchs », selon lui. Il reconnaît cependant avoir choisi un enjeu qui vient chercher le milieu de terrain québécois.

Piette confirme.

« En toute honnêteté, je sais qu’il y a beaucoup de discussions ou de débats sur mon jeu vers l’arrière et tout ça, reconnaît-il. Des fois, j’ai de la misère à comprendre et je me demande si on a regardé le même match. Oui, c’est venu me chercher, mais je voulais juste répondre, comme passionné de soccer, que je pensais que j’avais fait le bon choix, pas parce que c’est moi, juste à cause de la situation. »

Loin de garder un goût amer de cet échange, Piette répète que tous ont droit à leur opinion. Et il n’exclut pas d’intervenir de nouveau dans un débat. Particulièrement après la victoire, qui rend la discussion plus facile.

« Je suis capable de donner mon avis, soutient le footballeur. J’ai vu quelques réponses aussi qui disaient que c’était un gros débat sur une passe si simple, mais je mettais des mots-clics comme #renversementdejeu et je disais à mon ami en riant que si les gens me suivent sur Twitter, ils peuvent apprendre à jouer au soccer! »

Je tiens à répondre aux gens, dans le respect. J’essaie d’avoir cette relation avec les supporteurs pour montrer que les joueurs de soccer sont des humains capables de communiquer avec eux.

Samuel Piette

Chenoix et Piette s’entendent au moins sur une chose : il est difficile d’analyser de fond en comble un sport à partir de son salon. Piette reconnaît qu’il a les mêmes réflexes que les supporteurs de l’Impact lorsque c’est lui qui est assis devant la télévision pour un autre match.

« Un particulier qui regarde un match et qui commente une situation comme mon jeu vers l’arrière, il n’a pas le sentiment que le rythme du match doit être calmé, explique Piette. Il ne sent pas qu’on a besoin de garder la balle un peu plus et que, si je vais vers l’avant, je vais forcer le jeu et notre équipe va encore se retrouver à défendre. Il y a plein de trucs comme ça qu’on ne peut ressentir que sur le terrain, que même les entraîneurs ne ressentent pas parfois. C’est ça qui vient me chercher. »

« J’ai pu savoir comment Piette avait vu la situation sur le terrain, et j’ai trouvé ça absolument fascinant, ajoute Chenoix. J’adore analyser le jeu, mais je n’ai pas les mêmes connaissances que Piette, qui a reçu des instructions de Rémi Garde et qui voit tous ses coéquipiers sur le terrain. »

Chenoix espère que cet échange aura une suite, voire plusieurs. Il voit d’un bon œil que les internautes discutent de ces aspects du jeu, même d’une passe en apparence anodine.

« Ça peut aider les gens à porter leur attention sur des tas de petits détails qui peuvent faire basculer un match », affirme-t-il.

Piette aussi encourage le débat. Pourvu qu’on discute enfin d’autre chose que du jeu vers l’avant ou vers l’arrière.

« Ça ne me dérange pas quand vous dites que je ne marque pas de buts, par contre, lance Piette. Ça va arriver un moment donné de toute façon, et ça va être terminé. »

Vos commentaires

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