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De Montréal jusqu'à la Ligue nationale de crosse : la réussite de Stéphane Charbonneau

Stéphane Charbonneau lors d'un match de crosse avec les Wings.

Stéphane Charbonneau a enregistré 9 buts et 11 passes en 2019 avec les Wings de Philadelphie.

Photo : Hannah Snyder/Philadelphia Wings

Charles Lalande

Parmi les quelque 200 joueurs de la Ligue nationale de crosse (NLL), il n'y a qu'un seul Québécois, son nom est Stéphane Charbonneau, des Wings de Philadelphie. L'ascension du Montréalais jusqu'au sommet de son sport se résume en quelques mots : passion, travail, sacrifices et patience.

Stéphane Charbonneau, que ses confrères anglophones appellent Steph, s’est imposé parmi les meilleurs défenseurs de la ligue à seulement 22 ans. Il s’agit de sa deuxième saison dans la NLL, mais de sa première sur le terrain.

Repêché au cinquième tour par les Roughnecks de Calgary en 2017, le défenseur de 1,80 m et 80 kg a passé une grande partie de la saison 2018 dans le giron de l’équipe albertaine, mais n'a jamais eu la chance de jouer un seul match.

« Ç’a été difficile, mais d'un autre côté, j’avais beaucoup à apprendre. L’important pour moi était d’absorber un maximum d’informations pour me préparer lorsque j’allais avoir ma chance », dit celui qui a commencé à jouer à la crosse à l'âge de 9 ans, simplement pour imiter ses frères aînés.

Libéré par les Roughnecks, il a été contacté par « quelques » autres formations du circuit avant l’ouverture du marché des joueurs autonomes. Il s’est finalement laissé séduire par l’entraîneur-chef et directeur général des Wings de Philadelphie, Paul Day, un homme d’expérience qui s’est fait confier les rênes de cette équipe d’expansion.

Comme entraîneur, je l’ai affronté plusieurs fois dans le senior A en Ontario, et il rendait mes joueurs fous.

Paul Day

« C’est un jeune qui avait simplement besoin d’une vraie chance. Il a travaillé fort pour se rendre ici. Je savais qu’il allait changer la donne. [...] Tant et aussi longtemps que je serai à Philadelphie, il y sera aussi. »

Au moment où il a convaincu Stéphane Charbonneau d’apposer sa signature au bas d’un contrat, Paul Day savait qu'il venait de mettre la main sur un joueur doté d'un joli potentiel offensif qui allait s'imposer parmi l'élite de la NLL.

Paul Day souriant lors d'une entrevue avec Radio-Canada.

Paul Day a connu une carrière de joueur dans la NLL avant de faire le saut derrière le banc.

Photo : Radio-Canada

Paul Day dit être « très fier » de son protégé, qui a amassé 20 points en 18 matchs, bon pour le quatrième rang chez les arrières du circuit au sein de la ligue.

« Les points, ce n’est pas mon travail, mais c’est un bonus. Ce qui me rend le plus fier, c’est toutefois mon jeu en défense », mentionne de son côté Stéphane Charbonneau.

Rare Québécois

« Je suis dans la ligue depuis environ 30 ans, et je crois qu’il est le premier joueur québécois, formé au Québec, à y jouer. C’est tout un exploit », explique Paul Day, un vieux routier qui est devenu dirigeant après une carrière de joueur.

Pour y arriver, Stéphane Charbonneau a dû faire les sacrifices nécessaires, notamment en quittant le Québec pour l’Ontario dans le junior B avant de percer les rangs du junior A. Il a aussi fait un détour à Coquitlam, en Colombie-Britannique.

Stéphane Charbonneau en action contre le Rush de la Saskatchewan.

Stéphane Charbonneau s'est dit « impressionné » par l'ambiance lors des matchs du Rush de la Saskatchewan.

Photo : Radio-Canada

« Il y a beaucoup de talent au Québec, mais on ne prend pas la peine de le regarder. En étant le premier [Québécois à jouer dans la NLL] depuis un bon bout de temps, j’espère paver la voie à plusieurs joueurs québécois. Je communique avec certains, je fais ce que je peux pour les aider et développer la crosse au Québec », dit le joueur, qui entend poursuivre son rôle d’ambassadeur une fois qu’il aura pris sa retraite.

« Le Québec est un bon marché à exploiter, reconnaît quant à lui Paul Day. Le meilleur exemple, c'est la Saskatchewan. Il y a quelques années, la crosse était un sport peu pratiqué. Aujourd'hui, le Rush remplit l'aréna lors de chaque match local. »

Le rêve avant l'argent

Contrairement à la majorité des ligues sportives professionnelles en Amérique du Nord, les joueurs de crosse ne signent pas de contrat leur permettant de gagner des millions de dollars lorsqu’ils atteignent le meilleur niveau de jeu possible.

La saison dans la NLL débute en janvier, et les séries éliminatoires se terminent en avril. Pour les joueurs des Wings, Philadelphie n’est que leur port d’attache. Stéphane Charbonneau vit à temps plein à Barrie, en Ontario.

Du lundi au jeudi, il est sur les bancs d’école afin de poursuivre ses études en anthropologie et en sociologie à l’Université de Lakehead. Les fins de semaine, il les passe avec ses coéquipiers des Wings, à Philadelphie ou sur la route, à travers le Canada ou les États-Unis.

Pendant la saison morte, il se tient occupé en jouant au niveau senior A en plus de diriger dans le junior A en Ontario.

Même si tout cela ne s’apparente guère à la vie d’un athlète professionnel, Stéphane Charbonneau est loin de s'apitoyer sur son sort. Il est simplement heureux de réaliser actuellement son rêve de jeunesse.

Stéphane Charbonneau tout sourire lors d'une entrevue à Radio-Canada.

Parole de son entraîneur-chef et directeur général, Stéphane Charbonneau est bien en selle à Philadelphie.

Photo : Radio-Canada

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