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chronique

Le fascinant parcours de Vincent Desharnais

Vincent Desharnais décoche un tir
Vincent Desharnais Photo: Friars de Providence College/Rich Gagnon
Martin Leclerc

Si l'on dressait un palmarès des jeunes hockeyeurs québécois les plus captivants, le nom de Vincent Desharnais n'apparaîtrait pas loin de la première place.

Il y a sept ans, Vincent Desharnais a fait le pari du hockey scolaire en se joignant à l’équipe U-19 du programme Ulysse de Terrebonne.

« Je me rappelle très bien de cette période. J’avais 15 ans, j’étais rapidement passé de 5 pieds 9 pouces (1,75 m) à 6 pieds 1 pouce (1,85 m) au cours de l’été. Au camp d’Ulysse, à cause de cette poussée de croissance, j’avais de la difficulté à patiner, mes articulations me faisaient souffrir et j’avais terriblement mal au dos », raconte-t-il.

J’ai eu le plaisir de voir progresser ce grand défenseur filiforme, pas toujours parfaitement synchronisé, pendant deux saisons dans l’uniforme d’Ulysse. Desharnais a ensuite été recruté par Northwood, un prep school de Lake Placid, où il a passé une saison. Puis en 2014-2015, afin de mieux se préparer à faire le saut dans les rangs universitaires, il est allé poursuivre son apprentissage avec les Chiefs de Chilliwack dans la Ligue junior de Colombie-Britannique (BCHL).

La suite de son histoire s’est déroulée à la vitesse grand V.

Il y a 12 jours, Vincent Desharnais a conclu sa carrière universitaire dans l’uniforme des Friars de Providence College dans la NCAA. Les Friars, dont il était le capitaine, ont été éliminés en demi-finale nationale (le tournoi du Frozen Four) par l’Université de Minnesota-Duluth.

« C’était très émotif après ce match. Quand j’ai retiré mon chandail pour la dernière fois, je l’ai posé sur mes genoux pour graver cet instant dans ma mémoire. Je fixais le logo de l’équipe et le "C" juste au-dessus. Et je n’en revenais pas que ce soit déjà terminé », explique-t-il.

***

Desharnais n’a certainement pas perdu son temps durant ces quatre années à Providence.

Il obtiendra dans quelques semaines un diplôme en gestion assorti d’une mineure en finances. Son nom a figuré sur la liste d’honneur du doyen de l’université durant six semestres consécutifs, et il a remporté un prix humanitaire pour avoir organisé une collecte de fonds visant à soutenir la recherche sur le cancer.

Il vient par ailleurs d’apprendre qu’il aura droit à une mention d’honneur particulière à la remise des diplômes pour s’être particulièrement démarqué dans un projet axé sur la gestion des entreprises locales.

Ce sont des marques de reconnaissance dont on ne réalise pas toujours l’ampleur lorsqu’elles se produisent. Mais avec un peu de recul, je regarde tout ça et je me dis que c’est pas mal pour un garçon de Laval qu’on avait retranché du bantam AA parce qu’il n’était pas suffisamment fort physiquement.

Vincent Desharnais

Autre détail intéressant : Desharnais, qui est devenu un imposant défenseur de 1,98 m (6 pi 6 po) et 98 kg (218 lb), a aussi été repêché par les Oilers d’Edmonton durant son passage à Providence. En 2016, les Oilers l’ont sélectionné au septième tour en se disant qu’il valait la peine de surveiller son développement.

Les Oilers voulaient m’offrir un contrat le printemps dernier parce qu’ils avaient besoin de jeunes défenseurs dans la Ligue américaine. Mon entraîneur, Nate Leaman, m’a demandé ce que j’allais faire. Je lui ai répondu que j’allais rester parce que c’était important pour moi d’obtenir mon diplôme et que j’étais venu à Providence pour remporter un championnat national. Il m’a alors annoncé que j’allais être nommé capitaine. C’est toi le leader. C’est ton équipe.

Vincent Desharnais

Être nommé capitaine est une chose. Apprendre à camper ce rôle de façon juste et naturelle sans être écrasé par la pression en est une autre.

« Je m’imposais beaucoup de pression au début. J’essayais parfois de tout contrôler afin que tout soit le plus parfait possible dans l’environnement de l’équipe. J’ai fini par comprendre qu’il faut en prendre et en laisser. Mon entraîneur m’a recommandé de ne rien changer et de me comporter exactement comme je le faisais auparavant. C’était le meilleur conseil qu’il pouvait m’offrir. J’ai vécu une très belle expérience », insiste Vincent Desharnais.

***

Les Oilers d’Edmonton n’ont toujours pas nommé de directeur général. Desharnais sait que les recruteurs de l’organisation ont fourni des rapports positifs à son sujet cette saison, mais il ignore si le successeur de Peter Chiarelli souhaitera lui accorder un contrat.

L’avenir, toutefois, ne le préoccupe pas. Dans le pire des scénarios, il deviendra joueur autonome le 15 août prochain et sera libre de négocier avec l’équipe de son choix.

« Je viens de connaître ma meilleure saison à vie [durant laquelle il a notamment inscrit 13 points, dont 5 buts et présenté un bilan défensif de +22, NDLR]. Je me suis amélioré chaque année. J’ai énormément gagné en maturité et en confiance au cours des quatre dernières années. Autant mentalement que physiquement. »

À ma première année à Providence, si je commettais une erreur qui provoquait un but de l’adversaire, le reste de mon match laissait à désirer. J’étais moins intense et moins concentré. Cette saison, je répondais à ce genre de situation en connaissant ma meilleure présence de la partie. Apprendre à passer par-dessus ce genre d’événement, c’est tellement difficile pour un jeune joueur!

Vincent Desharnais

« La maturité, c’est aussi être capable de faire la part des choses quand l’entraîneur te tombe dessus parce tu ne joues pas à son goût. Au lieu de s’apitoyer, il faut savoir se corriger sur-le-champ. C’est important de savoir s’ajuster parce que dans les rangs professionnels, les entraîneurs ne te prennent pas par la main pour t’expliquer tes erreurs après le match », souligne-t-il.

Durant sa carrière universitaire, Vincent Desharnais a carburé aux affrontements individuels que lui confiaient ses entraîneurs face aux meilleurs et plus imposants attaquants adverses (comme Jordan Greenway de Boston University, maintenant avec le Wild du Minnesota), Brady Tkachuk (de Boston University, maintenant avec les Sénateurs d’Ottawa) ou Anders Bjork (Notre Dame, maintenant dans l’organisation des Bruins de Boston).

Que ce soit à titre de hockeyeur ou de gestionnaire, toutes les options s’offrent à lui. Il sera intéressant de suivre son cheminement.

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