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La patience de Zakaria Diallo enfin récompensée

Rencontre avec Zakaria Diallo
Meeker Guerrier

Zakaria Diallo s'est joint à l'Impact de Montréal avant la saison 2018, et pourtant, peu de gens le connaissent. C'est que le défenseur central français jouera samedi son premier match devant ses nouveaux partisans. Une si longue attente avant de communier avec son public s'explique par le fait que Diallo a subi une déchirure du tendon d'Achille trois jours avant le début de la saison dernière.

C’est un gaillard de bonne taille qui se présente devant nous. Avec son 1,93 m (6 pi 4 po) et ses 90 kg (200 lb), Diallo est le joueur le plus imposant de l’équipe.

Les partisans du onze montréalais ont pu observer sur le terrain, en matchs préparatoires et depuis le début de la saison, un défenseur central intense, tant par son jeu que par ses interventions vocales auprès de ses coéquipiers.

Il y a aussi un autre Zakaria Diallo. Celui que nous rencontrons est aux antipodes de celui qu’on voit pendant un match. Il est calme, posé, relaxe, presque gêné. Aussitôt qu’on recommence à parler de football, il change presque instantanément. Est-ce qu’il y a deux Zakaria Diallo?

« Oui, franchement, il y en a deux, reconnaît-il. Je dirais que même aux entraînements ou aux matchs, dans mon métier, au football, je suis complètement différent. Dans la vie, je suis plus posé, plus tranquille, et à l’entraînement, c’est plus sérieux. Je suis plus attentif et plus concentré, donc oui, il y en a deux. »

Est-ce ancré en lui ou doit-il se forcer pour être aussi intense sur le terrain? Le joueur d’origine française explique que c’est vraiment ancré en lui, que c’est naturel. C’est peut-être son esprit de compétition qui prend le dessus dès le premier coup de sifflet, mais aussi le sens des responsabilités.

Pour Diallo, qui a toujours occupé le poste de défenseur central aussi loin qu’il se rappelle, ce poste exige un certain leadership et aussi une présence qui va au-delà de l’aspect physique.

« Je suis défenseur central, je me dois, par mon poste, ma taille et mon gabarit, de parler et d’être imposant. C’est un poste où je dois être un leader, assure-t-il. Tout part de derrière, c’est un poste important, souvent les leaders se trouvent en défense. C’est important de donner de la voix sur le terrain. Après, en dehors du terrain, je suis plus un mec calme, tranquille, posé. »

Malgré ses responsabilités qu’il assume pleinement, Diallo ne ressent pas une pression supplémentaire d’être plus robuste ou plus présent. C’est la nature du poste qu’il occupe et il vit très bien avec cet état de fait. Cela ne l’empêche pas de décrocher complètement du foot quand il ne joue pas.

« Quand je suis à l’extérieur du terrain, j’oublie le foot, je ne pense pas au foot, j’aime bien regarder le foot à la télé, mais après j’oublie tout ça. Ce n’est qu’arrivé au stade que je me mets en mode football. »

Un premier match devant ses partisans

S’il peut se servir de ce début de saison du Bleu-blanc-noir comme source de satisfaction, Zakaria Diallo a dû être patient avant de pouvoir enfin fouler le terrain du stade Saputo. Cette blessure au tendon d’Achille à l’aube de la saison 2018 a retardé de plus d’un an son premier match à domicile.

Il ne s’est pas laissé décourager. Il faut dire qu’il savait à quoi s’attendre durant la période de remise en forme, puisqu’il avait subi la même blessure à l’autre pied, quatre ans plus tôt.

« Il y avait de la frustration. Quand tu arrives dans un nouveau club, tu veux te prouver et tout. J’étais déçu, j’ai été abattu pendant une semaine. Après, il n'y a pas de choix, il faut se relever, se refaire et tout. Je pense que je suis quelqu’un de fort physiquement et mentalement. Je savais pourquoi je travaillais dans les difficultés, aujourd’hui j’ai la récompense. Je joue, je suis titulaire, ça se passe super bien, donc c’est de l’histoire ancienne », dit-il avec un sourire qui ne manquera pas de ponctuer cette rencontre.

Justement, cette saison se passe en effet très bien pour le défenseur central français. Non seulement est-il efficace, solide, voire intimidant, en défense, mais il surprend également à l'attaque.

Une passe d’anthologie sur le but de Saphir Taïder lors du premier match de la saison à San José a fait dire à son coéquipier et ancien international français Bacary Sagna que Diallo est probablement le meilleur défenseur de la MLS. Bien que ce compliment, fort apprécié, soit quelque peu prématuré à ce stade de la saison, Diallo a en effet montré de belles prouesses offensives.

Son rôle est surtout de contrer les attaques adverses, on a pu voir à plusieurs reprises que le défenseur ne déteste pas se projeter vers l’avant pour provoquer des occasions pour son club. Encore là, le Français ne pense pas faire quoi que ce soit d’exceptionnel.

« C’est vrai qu’on me répète souvent que c’est rare, mais dans le foot moderne, comme défenseur, je crois que c’est important d’amener quelque chose aussi [à l'attaque] et d’avoir plusieurs cordes à son arc. Maintenant tout le monde est fort dans le foot, ce n’est plus comme avant. C’est important d’apporter ce que j’apporte offensivement et de jouer vers l’avant. »

Diallo dit ne pas avoir changé depuis le début de sa carrière et il n’a certainement pas changé depuis le début de l’entrevue. Affable, mais réservé, souriant, mais sérieux, et surtout impassible. Il n’est aucunement nerveux à quelques heures de son premier match à Montréal.

« Ce match-là, on l’attend tous, soutient-il. Après, pour moi personnellement, c’est comme si c’était un match à l’extérieur ou ici. Il n'y a pas un truc en particulier qui me dit voilà, c’est le premier match à domicile, on va être attendu, etc. Pour moi, il faut aborder le match de la même manière.

« Après on n’est pas tous pareil dans un groupe. Certains doivent ressentir la pression différemment. On se doit d’être solidaire et d’être là l’un pour l’autre, comme on fait depuis le début de saison. Il faut aborder le match comme on le fait pour les autres. Oui, il y a un truc différent parce que c’est le premier match à domicile, mais ça doit juste nous donner envie de faire mieux devant notre famille, nos partisans et nos supporteurs. »

Quand on vous dit qu’il est impassible.

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