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Le Canada dans la longue histoire de la F1

Le lancement à Londres de l'équipe canadienne Walter Wolf Racing en novembre 1976, avec Walter Wolf (à gauche) et Jody Scheckter (dans l'auto)

Le lancement à Londres de l'équipe canadienne Walter Wolf Racing en novembre 1976, avec Walter Wolf (à gauche) et Jody Scheckter (dans l'auto)

Photo : Getty Images / Wesley

Radio-Canada

Le Canada a marqué de sa petite empreinte l'histoire de la F1, dont on fête ce week-end le 1000e grand prix, en Chine. Il y a d'abord eu un grand prix à partir de 1967 et une équipe canadienne 10 ans plus tard avant l'arrivée d'un pilote, Gilles Villeneuve.

Le championnat de F1 a démarré le 13 mai 1950 au circuit de Silverstone, un ancien aéroport militaire converti pour l'occasion en circuit automobile. Giuseppe Farina l'avait emporté dans une Alfa Romeo.

Le drapeau canadien, lui, flotte dans le paddock de la F1 depuis l'année de l'Expo.

Pour célébrer le centenaire de la Confédération canadienne, en 1967, le Canada a invité le championnat de F1 à présenter une course au circuit de Mosport en Ontario.

Il s'agissait du 167e grand prix de l'histoire, et cette première course en terre canadienne a été remportée par Jack Brabham dans une voiture portant son nom.

Jack Brabham reçoit le trophée du vainqueur (l'emblème du centenaire de la Confédération canadienne) du Grand Prix du Canada de 1967.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Jack Brabham reçoit le trophée du vainqueur (l'emblème du centenaire de la confédération canadienne) du Grand Prix du Canada de 1967.

Photo : Twitter

Pour l'occasion, deux pilotes canadiens avaient acheté des volants :

  • Eppie Wietzes, Canadien d'origine néerlandaise qui a disputé deux courses, dont une avec une équipe créée pour lui appelée Team Canada (deux abandons). On se souvient surtout de lui comme du pilote de la toute première voiture de sécurité en F1, une Porsche 914 jaune, lors du Grand Prix du Canada de 1973.
  • Al Pease, Britannique de naissance, qui s'est installé au Canada dans les années 60. Il a disputé trois courses de F1, les trois au Canada, sans pouvoir marquer le moindre point. Il a d'ailleurs été disqualifié du Grand Prix du Canada de 1969, car avec 43 tours de retard sur le meneur, les organisateurs l'ont jugé trop lent.

Par la suite, les Torontois Bill Brack (3 courses en 1968 et en 1972), et George Eaton (11 courses de 1969 à 1971), ainsi que l'Allemand John Cordts, installé au Canada dans la vingtaine (une course en 1969), et le Britanique de naissance John Cannon (une course en 1971) ont tenté de s'inscrire au classement. Sans succès.

Il y a eu depuis 1967 8 courses au circuit de Mosport, 2 au circuit de Mont-Tremblant et 39 au circuit de l'île Notre-Dame, rebaptisé en 1982 circuit Gilles-Villeneuve.

Walter Wolf, 42 ans avant Lawrence Stroll

C'est en 1975 que le Canada entre (vraiment) dans la famille des équipes, avec les dollars de l'homme d'affaires canadien Walter Wolf, d'origine autrichienne.

D'abord en partenariat avec un jeune Britannique du nom de... Frank Williams, en 1975, au sein de l'équipe Wolf-Williams, puis deux ans plus tard, à son propre compte.

Jody Scheckter en 1977

Jody Scheckter en 1977

Photo : Twitter

L'écurie Walter Wolf Racing a connu en 1977 un début remarquable. En effet, le Sud-Africain Jody Scheckter a remporté la toute première course de l'équipe.

C'était en Argentine, au 189e grand prix de l'histoire. Cette année-là, Scheckter remportera également le prestigieux Grand Prix de Monaco (194e) et le Grand Prix du Canada, le 204e de l'histoire et le dernier disputé à Mosport.

L'équipe Walter Wolf Racing a amassé 13 podiums avant de fermer ses portes à la fin de 1979.

De Gilles à Jacques

Gilles Villeneuve n'a pas couru pour Walter Wolf, car Enzo Ferrari, attiré par ses qualités de glisse (grâce à la motoneige), l'a imposé à l'équipe italienne à la fin de 1977.

Contre toute attente, et après des contre-performances qui avaient fragilisé sa position aux yeux des médias italiens, le Québécois a remporté le 221e grand prix de l'histoire, le premier à Montréal le 8 octobre 1978, par un temps polaire.

Il a profité des problèmes mécaniques à la Lotus de Jean-Pierre Jarier, surnommé « godasse de plomb », pour l'emporter et recevoir le trophée des mains du premier ministre canadien de l'époque, Pierre Elliott Trudeau.

Gilles Villeneuve célèbre sa victoire au Grand Prix du Canada en 1978, entouré de Carlos Reutemann et de Jody Scheckter (à droite)

Gilles Villeneuve célèbre sa victoire au Grand Prix du Canada en 1978.

Photo : Getty Images

Qui avait terminé deuxième? Jody Scheckter dans la voiture de Walter Wolf. Peu de gens se souviennent que ce 221e grand prix s'est terminé par un doublé canadien.

Mais cette première victoire de Gilles n'a pas été sa plus belle. Selon les sites spécialisés, elle a eu lieu en Espagne sur le circuit de Jarama le 21 juin 1981, le 257e grand prix de l'histoire.

Gilles avait vaillamment défendu sa première position face à un groupe de quatre pilotes à sa poursuite : Jacques Laffite (Ligier), John Watson (McLaren), Carlos Reutemann (Williams) et Elio de Angelis (Lotus).

Gilles Villeneuve remporte le Grand Prix d'Espagne de 1981, en tenant tête à quatre concurrents dans les 10 derniers tours.  Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Gilles Villeneuve remporte le Grand Prix d'Espagne de 1981, en tenant tête à quatre concurrents dans les 10 derniers tours.

Photo : You Tube

Son fils Jacques a gagné 11 grands prix dans sa carrière en F1, tous avec l'équipe Williams.

Il a remporté sa première victoire le 28 avril 1996, le Grand Prix d'Europe au circuit Nürburgring en Allemagne, le 585e grand prix de l'histoire.

Le 600e grand prix, Jacques Villeneuve s'en souvient

Jacques Villeneuve a eu l'honneur de remporter le 600e grand prix de l'histoire, le 13 avril 1997, en Argentine. Mais dans des circonstances douloureuses.

C'était sa sixième victoire. Et il l'a gagnée de peine et de misère, d'abord parce qu'un problème de boîte de vitesses l'a gêné en fin de course, ce qui a permis à la Ferrari d'Eddie Irvine de revenir sur la Williams, mais surtout parce qu'il était affaibli par un problème de... tuyauterie interne.

Incapable de manger en raison d'une infection bactérienne, Villeneuve avait été mis sous perfusion pour pouvoir disputer la course.

La petite histoire dit qu'il a dû changer de combinaison avant de monter sur le podium.

Jacques Villeneuve a remporté le 600e Grand Prix de l'histoire de la F1, en Argentine, le 13 avril 1997.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Jacques Villeneuve a remporté le 600e Grand Prix de l'histoire de la F1, en Argentine, le 13 avril 1997.

Photo : Getty Images / Michael Cooper

Sa dernière victoire, il l'a obtenue la saison suivante, le 28 septembre lors du Grand Prix du Luxembourg, le 612e de l'histoire. Sa carrière en F1 s'est terminée en 2006, quand il a été remplacé sans préavis par le Polonais Robert Kubica en milieu de saison.

Lance Stroll pour entrer dans le nouveau millénaire

Onze ans plus tard, en 2017, le pilote canadien Lance Stroll a fait ses débuts en F1, et a marqué ses premiers points à Montréal, lors du Grand Prix du Canada, le 963e de l'histoire.

Lance Stroll passe devant des spectateurs enthousiastes lors du Grand Prix du Canada de 2017.

Lance Stroll passe devant des spectateurs enthousiastes, à Montréal

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

En 2019, une nouvelle équipe canadienne a fait son apparition en F1, Racing Point, avec le rachat par l'homme d'affaires Lawrence Stroll de l'équipe Force India.

Son fils Lance a marqué des points (2) à sa première course pour Racing Point, en Australie, le 998e grand prix de l'histoire.

Une image, une voiture, un souvenir

Pour célébrer ce 1000e grand prix de l'histoire, le pilote britannique Damon Hill, ancien coéquipier de Jacques Villeneuve et champion du monde en 1996, a fait un tour d'honneur sur le circuit de Shanghai, vendredi, dans la Lotus 1968 de son père.

Damon Hill pose à côté de la Lotus 1968 de son père, Graham Hill, avec laquelle il avait remporté son second titre.

Damon Hill pose à côté de la Lotus 1968 de son père, Graham Hill, avec laquelle il avait remporté son second titre.

Photo : Twitter

Graham Hill avait remporté dans cette voiture le Grand Prix de Monaco de 1968, le 173e de l'histoire, et à la fin de la saison avait été titré pour la seconde fois.

« Nous avons souvent dit que la grande richesse de la F1, c'est son histoire », a déclaré le président de Formula One Group, Chase Carey, dans le cadre du week-end de ce 1000e grand prix de l'histoire.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Associated Press

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