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Asnnel Robo : de la Guyane aux Alouettes de Montréal

Le porteur de ballon Asnnel Robo
Le porteur de ballon Asnnel Robo Photo: James Hajjar
Alexandre Gascon

En un an à peine, Asnnel Robo est passé des lignes de côté des Carabins de l'Université de Montréal à espoir des Alouettes.

Compulsez les notes de presse d’une équipe de la Ligue canadienne de football (LCF) et vous verrez que les joueurs viennent presque tous d’Amérique du Nord, de villes natales qui vous sont connues : Pasadena, Brooklyn, Montréal ou Mead, au Wyoming, si vous connaissez vraiment bien votre géographie.

Ceux originaires de Cayenne y figurent rarement. Les Alouettes en compteront maintenant un dans leurs rangs.

L’organisation montréalaise a sélectionné Robo avec le troisième choix du tout premier repêchage européen de la LCF. La France s’est d’ailleurs taillé la part du lion avec quatre des neuf joueurs choisis.

« C’est sûr que c’est un rêve qui s’accomplit. C’est un peu irréaliste », s’exclame Robo en conférence téléphonique, jeudi, quelques heures après le repêchage.

C’est que le jeune homme de 25 ans, né et élevé à Cayenne en Guyane, territoire français, a traversé un parcours sinueux jusqu’à la Ligue canadienne.

Robo a déménagé en France à l’adolescence où il s’est initié au football américain. Rapidement, le jeune talent s’est épris de son sport et s’est mis à rêver à une carrière professionnelle.

Il a posé ses valises à Thetford Mines pour y disputer son football collégial avant d’être accepté par le programme universitaire des Carabins.

Pendant trois longues années, Robo a rongé son frein sous l’égide de Danny Maciocia sans avoir la chance de se faire justice.

« Ç’a été vraiment difficile de me faire une place dans l’équipe. Comprendre le football canadien, parce que c’était quand même différent d’où je venais. J’ai vraiment travaillé pour combler mes lacunes, devenir un meilleur joueur, et c’est tout ce travail qui me permet d’avoir cette occasion-là aujourd’hui », raconte le porteur de ballon.

Saisir sa chance

Après trois ans dans l’ombre, Robo est allé voir ses coéquipiers pour leur confier qu’il voulait devenir le meilleur demi offensif au Québec, mentionne un membre de l’organisation des Carabins. Une histoire que corrobore le principal intéressé.

C’est à la fin de ma troisième année. Parce que c’était vraiment difficile, mais je n’abandonnais pas et je me suis dit : "OK, en 2018, je vais tout faire, tout donner pour être le meilleur." Je pense que c’est ma persévérance qui a marqué mes coéquipiers.

Asnnel Robo

À sa quatrième saison, à l’automne 2018, Robo est devenu partant et a rempli sa promesse.

En six matchs avec les Carabins, il a accumulé 484 verges par la course, pour une moyenne de 8,6 par portée, et 4 touchés. Il a ajouté deux autres majeurs par la passe.

En quelques mois à peine, le porteur de ballon s’est fait un nom.

« C’est sûr que ç’a été très vite. On peut dire que mon explosion a commencé en septembre, octobre, durant la saison. À peu près six mois plus tard, je me retrouve repêché par une équipe de la LCF. C’est vraiment impressionnant, et même-moi je ne le réalise pas encore. Tout ça, c’est le fruit du travail des trois premières années. Ç'a été vraiment difficile me faire une place dans l’équipe. »

Robo aura de nouveaux patrons à convaincre, bien que l’avenir des Alouettes baigne dans l’incertitude, dès le camp d’entraînement qui s’amorcera à la fin du mois de mai.

« Je me vois comme un porteur de ballon dynamique qui peut être intéressant, sur les feintes de remise, les passes voilées, les tracés de passe et comme retourneur sur les unités spéciales. Je suis assez polyvalent, je peux apporter beaucoup de choses à l’équipe. »

« Le camp arrive bientôt, on va profiter un peu, redescendre sur terre et tout donner pour être dans l’équipe », conclut-il.

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