•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un nouveau chapitre de la renaissance de Pierre-Carl Ouellet au Madison Square Garden

Pierre-Carl Ouellet prend la pose avec une ceinture de championnat de lutte professionnelle.
À 51 ans, Pierre-Carl Ouellet a donné un second souffle à sa carrière. Photo: Facebook/Pierre-Carl Ouellet
Olivier Tremblay

« Je suis comme un enfant qui va au Garden pour la première fois. »

L’auteur de cette phrase a pourtant déjà reçu une des belles récompenses que peut offrir la World Wrestling Entertainment (WWE) : le 12 août 1995, il a lutté, sous le nom de scène de Jean-Pierre LaFitte, en finale d’un spectacle au Madison Square Garden de New York.

Il y a connu d’autres beaux moments. Le 17 janvier 1994, c’est là qu’il a remporté son deuxième titre de champion par équipe de la WWF, comme on l’appelait à l’époque. C’est aussi là qu’il s’est fait une frayeur, le 10 juin 1995, quand le clown Doink lui a enfoncé la tête dans le matelas par mégarde en tentant la prise du petit paquet. Il se souvient encore de la colère qu’avait piquée au bouffon le grand patron Vince McMahon.

Ce samedi, dans le cadre du gala « G1 Supercard » coproduit par Ring of Honor (ROH) et New Japan Pro-Wrestling (NJPW), Pierre-Carl Ouellet montera dans le ring du MSG pour la première fois en plus de 20 ans.

Graphique qui présente les quatre équipes qui participent au combat de championnat par équipe du gala G1 Supercard produit par Ring of Honor et New Japan Pro-Wrestling.Pierre-Carl Ouellet (deuxième à partir de la droite, en haut) fera partie d'un combat de championnat par équipe à G1 Supercard. Photo : Ring of Honor/New Japan-Pro Wrestling

Dans les années 1990, avec son coéquipier des « Quebecers » Jacques Rougeau, il y affrontait les Steiner Brothers, les Headshrinkers ou encore Marty Jannetty et le 1-2-3 Kid, des noms qui plongent l’amateur de lutte dans ses souvenirs.

Ouellet n’a toutefois pas l’intention de donner dans la nostalgie. Avec son partenaire Brody King, il est encore champion par équipe, cette fois pour ROH. Le duo défendra sa couronne contre trois autres équipes, dont deux de NJPW. À 51 ans, « PCO » s’efforce de ne pas jouer la carte de la gloire du passé.

« Je m’attends à être super excité pour le moment que je m’en vais y vivre, indique Ouellet en entrevue. Je vis les plus beaux moments de ma carrière depuis 2018, avec la vague de popularité dont j’ai profité dans le circuit indépendant et les offres que j’ai reçues des promotions majeures. J’ai choisi Ring of Honor parce que ça fait déjà 17 ans que ça existe et parce que Sinclair Broadcast Group est derrière ça, avec toutes ses stations de télévision aux États-Unis. »

C’est 20 000 personnes qui vont être super excitées d’être là. Il n’y a plus de billets. C’est immense.

Pierre-Carl Ouellet

Ouellet a fait renaître sa carrière au cours des 12 derniers mois sur la scène indépendante. Son nouveau personnage, un monstre de Frankenstein des temps modernes, fait fureur depuis un violent combat contre l’Autrichien WALTER, aujourd'hui membre de la division NXT de la WWE, au gala Joey Janela’s Spring Break 2, en avril 2018.

Ses vidéos d’entraînement sont aussi populaires que ses combats. On peut y voir Ouellet soulever un rail de chemin de fer en recevant des fléchettes sur le torse, se faire agrafer les lèvres ou s’électrocuter de toutes sortes de façons inusitées. « PCO », comme le veut sa phrase fétiche, « n’est pas humain ».

Cette résurrection a valu à Ouellet une entente avec ROH. Depuis décembre 2018, c’est exclusivement pour l’organisation américaine qu’il lutte. (Radio-Canada était d'ailleurs à son dernier combat sur la scène indépendante.)

« Pour un contrat d’un an, c’était la meilleure affaire pour moi, soutient Ouellet. Et ROH continue de prendre de l’ampleur. Quand je rencontre les amateurs, plusieurs me disent qu’ils assistent à leur premier spectacle. C’est encourageant. »

Et le Québec?

L’embauche de « PCO » par ROH soulève une question fondamentale pour ses supporteurs québécois : quand luttera-t-il de nouveau chez lui?

Des grandes organisations, seule la WWE assure une présence au Québec. Pour les autres, le territoire québécois et canadien vaut la peine d’être conquis, ne serait-ce parce que, comme l’explique le journaliste spécialisé Dave Meltzer, les Canadiens sont « plus friands de lutte » que les Américains.

Toronto, pour ROH, est déjà un marché important qu’elle entretient depuis 2008. Cette même année, l’organisation a présenté ses deux seuls spectacles à Montréal. Avec Ouellet dans l’effectif, la suite logique serait un retour dans la métropole.

Joe Koff, chef de l’exploitation de Ring of Honor, prend la pose.Joe Koff est chef de l’exploitation de Ring of Honor. Photo : Ring of Honor/Lee South

« J’ai toujours eu à cœur les lutteurs montréalais, assure Joe Koff, chef de l’exploitation de ROH. Un des meilleurs combats que j’ai vus au vieux Garden mettait en vedette Édouard Carpentier [le Québécois d’origine française y a lutté une quinzaine de fois, NDLR]. Montréal a une grande histoire en matière de lutte. Nous aimerions entrer dans le marché canadien-français. Nous n’allons au Canada que quelques fois par année. Ce serait peut-être une bonne idée de réévaluer le tout. »

Cette percée s’ajouterait à une scène locale en bonne santé, selon Michael Bisson, scripteur de la North Shore Pro Wrestling à Québec, qui voit d’un bon œil l’effervescence actuelle au sud de la frontière.

« La WWE a tellement poussé longtemps son message qu’elle est un divertissement sportif, et ces entreprises reviennent au mot “lutte”, avance Bisson. Ça offre un paquet d’autres options. Quelqu’un qui aime vraiment le sport, mais qui ne se reconnaît pas dans le produit présenté à la télé peut trouver autre chose beaucoup plus facilement qu’avant. »

C’est vraiment une belle période au Québec, car plusieurs organisations savent ce qu’elles sont, quel genre de foules elles attirent et quel produit peut les satisfaire, tout ça sans se marcher sur les pieds.

Michael Bisson, scripteur de la North Shore Pro Wrestling

La qualité du produit local est plus importante que jamais, selon Bisson. Le seul effet pervers de la prospérité croissante du marché américain, explique-t-il, est qu’il est de plus en plus difficile d’inviter une de ses vedettes à participer à un spectacle québécois. Les organisations américaines sont prêtes à payer pour l’exclusivité.

« Il y a toujours une partie de ton public qui va se déplacer quand un gros nom l’attire, reconnaît Bisson. Et quand ces gens se déplacent, tu veux que le reste de ta carte soit la plus solide possible pour attirer leur attention. »

Lutte

Sports