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Les équipes canadiennes réticentes à se joindre à la NWHL, selon Danièle Sauvageau

Entrevue avec Danièle Sauvageau
Michel Chabot
Alexandra Piché

Plusieurs intervenantes du hockey professionnel féminin se disent attristées par la dissolution de la Ligue canadienne (LCHF), tandis que d'autres voient d'un bon œil la proposition de la Ligue nationale (NWHL) d'intégrer Montréal et Toronto dans ses rangs. Danièle Sauvageau reste prudente.

Sauvageau et plusieurs autres personnes travaillent à trouver des solutions et, selon elle, la NWHL va trop vite.

« Au moment où on se parle, nous n’avons pas de pourparlers avec la Ligue nationale, précise l'ancienne entraîneuse des Canadiennes de Montréal. C’est un conseil d’administration qui dit : ”On va accueillir deux autres équipes, Montréal et Toronto.” Donc, ils ont vraiment choisi dès le départ leurs villes. Il avait fait la même chose à l’aube de la Coupe Clarkson de 2016. »

Sur les ondes du réseau Sportsnet, Brian Burke, jadis engagé dans la Ligue canadienne, a également remis en question la stratégie expansionniste de la NWHL. En faisant une telle annonce au lendemain de la dissolution de la LCHF, elle s’est comportée en « vautour », a dit Burke.

Sauvageau dit aussi que la NWHL et la commissaire Dani Rylan ont mis la charrue devant les bœufs en affirmant que la Ligue nationale (LNH) avait augmenté sa commandite.

« C’est très rare qu’une nouvelle comme ça ne sorte pas du bureau de M. Bettman lui-même, prévient-elle. Dans le fond, ce n’est pas du nouvel argent, mais plutôt que de donner 50 000 $ du côté américain et 50 000 $ du côté canadien, maintenant il dit : ‘’Il y a 100 000 $ de disponibles.” S’il ne reste qu’une seule ligue, peut-être que l’argent va aller là, mais ce n’est pas de l’argent neuf. »

Il aurait été préférable, selon Danièle Sauvageau, que Rylan attende un peu avant de dévoiler publiquement ses ambitions.

 Elle ne fait pas l’unanimité. Nous, ce qu’on voulait c’était dans un premier temps de respecter que 10 équipes s’apprêtent à compétitionner lors du Championnat du monde. Les joueuses ont une voix, on veut les entendre et savoir ce qu’elles veulent avant d’annoncer si on va d’un côté ou de l’autre. C’est le genre de pourparlers qui auraient dû rester derrière des portes closes.

Danièle Sauvageau

D’un côté comme de l’autre, on s’entend toutefois sur un grand principe, une seule ligue en Amérique du Nord rendra le hockey féminin plus fort.

« Oui, une seule ligue, mais maintenant c’est de voir comment, sur quel modèle cette ligue-là devrait fonctionner », dit Sauvageau.

Elle lance également un message aux investisseurs qui pourraient grandement aider la cause de son sport.

 Ceux qui disent qu’ils sont là pour le hockey féminin, qui démontrent de l’intérêt, qu’ils soient au rendez-vous financièrement. Plusieurs personnes sont venues à nous dans les 40 dernières heures en disant : ‘’Nous sommes là pour vous aider.’’ Mais qu’est-ce qui est arrivé avant lorsqu’on a cogné à ces mêmes portes? 

Danièle Sauvageau

Selon elle, il faut rencontrer ces investisseurs pour savoir ce qui les convaincrait de s’engager avec le hockey féminin. Elle reconnaît que le modèle actuel et la gouvernance des ligues professionnelles nord-américaines les rendent peut-être frileux.

Quoi qu’il en soit, à l'instar de Jayna Hefford, ex-commissaire de la Ligue canadienne, Sauvageau se dit optimiste et elle croit qu’il y a aura du hockey féminin professionnel l’automne prochain au Canada.

« Ça leur prend une place pour jouer en septembre et je suis convaincue qu’il va y en avoir une à Montréal. »

Hewings optimiste

La directrice générale des Canadiennes, Meg Hewings, fait aussi partie du groupe qui travaille à trouver des solutions. Selon elle, les clubs étaient loin de s’attendre à l’annonce de la fermeture de la LCHF quand ils ont été convoqués en réunion dimanche matin.

« On avait même des rencontres durant la Coupe Clarkson pour discuter de l’an prochain. Je pense que la décision a été prise rapidement par le conseil exécutif de la ligue. Malheureusement, on ne savait pas. On aurait peut-être pu chercher des solutions dans le contexte que nous avions », a-t-elle affirmé.

« Ici, à Montréal, on a une organisation superbe, du personnel et des joueuses qui sont impliqués. Je pense qu'on aurait pu imaginer des solutions, mais pour l’instant, on passe à la suite », a ajouté Hewings.

Entrevue avec Meg Hewings, directrice des Canadiennes de Montréal

La directrice générale parvient cependant à déceler du positif dans la situation. Elle croit que l’appui de la population que reçoit le hockey féminin durant cette crise peut laisser place à de nouvelles occasions de partenariats.

« On travaillait à avoir une ligue professionnelle à la hauteur de ce qu’on voulait voir. Des fois, c’est difficile avec le financement, c’est certain. D’accéder à des fonds, c’est toujours difficile. Maintenant, on le voit un peu comme une occasion aussi. On voit le soutien qu’on a. On voit qu’on peut se fier à d’autre monde. On voit que le monde veut qu’on aille une ligue professionnelle. Des fois, dans l’adversité, on voit aussi qu’on a du soutien », a-t-elle indiqué.

Elle croit que la fermeture de la LCHF ne modifiera pas les liens établis entre son équipe et l’organisation du Canadien de Montréal.

« Le travail que nous avons déjà fait sur le partenariat, je pense que ça va durer. On va s’asseoir avec Geoff Molson et le Canadien pour voir où on va amener le hockey féminin ici à Montréal », a avancé Hewings.

Une chose est sûre, elle fera tout pour que les Canadiennes puissent jouer dès l’automne prochain.

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