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« Patinage atypique » : un spectacle-bénéfice pour la cause de l'autisme

Marjorie Lajoie (à gauche) et son partenaire Zachary Lagha en action à Nagoya, en 2017

Marjorie Lajoie (à gauche) et son partenaire Zachary Lagha présenteront deux numéros à leur spectacle-bénéfice.

Photo : Reuters / Issei Kato

Olivier Tremblay

À l'initiative de Marjorie Lajoie, championne du monde junior de danse sur glace, un groupe de patineurs artistiques présenteront mardi, à Boucherville, un spectacle pour souligner la Journée mondiale de l'autisme. La patineuse de 18 ans souhaite ainsi sensibiliser la population à une cause qui touche directement sa famille.

Charles-Étienne, le petit frère de Marjorie, a 14 ans. Il a reçu un diagnostic de trouble du spectre de l’autisme, et il a une fixation bien particulière.

« Certains sont vraiment accros aux statistiques de hockey, par exemple, souligne sa grande sœur. Moi, mon petit frère, il est un petit peu accro à moi! »

Un court entraînement de valse le dimanche matin? Il y a de fortes chances que Charles-Étienne y assiste. Une compétition dans le Grand Montréal? Il sera dans les gradins. Un grand prix à l’étranger? L’adolescent trouvera immanquablement une webdiffusion.

« J’essaie de lui accorder le plus de temps possible, indique Marjorie. C’est beau de voir, tous les jours, combien il travaille fort à l’école. Je trouve ça très inspirant de voir un garçon avec un handicap qui essaie le plus possible de s’en sortir dans la vie et de travailler fort. C’est une belle source d’inspiration pour moi. »

Il était tout naturel que la patineuse et son partenaire, le Longueuillois Zachary Lagha, appuient la cause des troubles du spectre de l’autisme. La Fondation de l’autisme a rapidement embrassé le projet de spectacle-bénéfice intitulé « Patinage atypique » que leur a proposé le couple champion du monde junior.

Convaincre des collègues patineurs d’y participer a été tout aussi simple. Le duo Lajoie-Lagha s’entraîne sous la supervision des champions canadiens Marie-France Dubreuil et Patrice Lauzon, qui encadrent la progression d’athlètes d’un peu partout dans le monde à leur centre de Montréal. Tous ceux que Marjorie a approchés ont accepté.

Le calibre sera très élevé, avec des patineurs d’Espagne, de Pologne, de Grande-Bretagne, en plus d’autres patineurs canadiens de niveau international.

Marjorie Lajoie

« Il faut en parler »

Cette démarche a permis à Marjorie d’apprendre qu’elle n’était pas la seule, parmi les élèves de Dubreuil et de Lauzon, à être naturellement attirée vers la cause. Le père d’un de ses collègues d’entraînement vit avec le syndrome d’Asperger, et la jeune patineuse se réjouit des discussions ainsi lancées autour de la glace.

C’est justement l’un des objectifs du projet : susciter des conversations au sujet des troubles du spectre de l’autisme, que la population a parfois de la difficulté à reconnaître.

« Charles-Étienne, au restaurant, s’il reçoit sa crêpe avec du chocolat blanc et qu’il ne voulait pas de chocolat blanc dessus, ça peut déclencher une crise, explique Marjorie. Les gens vont se dire que c’est un petit prince qui ne veut pas son chocolat blanc, mais lui, dans sa tête, il avait tout simplement une idée précise de ce qu’il voulait, et on vient de péter sa bulle. Il est fait comme ça.

« Chaque autiste est unique. Ce n’est pas un livre écrit d’avance. Quand on voit quelqu’un et qu’on se demande pourquoi il agit comme ça dans un endroit public, par exemple, on va parfois penser que les parents ont mal élevé leur enfant. Au lieu de faire de l’intimidation parce qu’un enfant a l’air bizarre, il faut comprendre qu’il est simplement né comme ça. Il faut en parler. »

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