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chronique

Incapable de conclure quand ça compte, le Canadien n’a que lui à blâmer

Pierre-Luc Dubois, des Blue Jackets, et Phillip Danault, du Canadien, luttent pour la rondelle.

Pierre-Luc Dubois, des Blue Jackets, et Phillip Danault, du Canadien, luttent pour la rondelle.

Photo : usa today sports / USA Today Sports

Martin Leclerc

BILLET - Un vieux dicton veut qu'il faille d'abord perdre pour apprendre à gagner des matchs cruciaux. Chose certaine, le Canadien apprend beaucoup depuis quelques semaines.

Depuis le début de février, le Canadien s’est incliné presque chaque fois qu’il a dû affronter des rivaux avec lesquels il luttait directement pour améliorer son sort au classement. Et ça s’est encore produit jeudi à Columbus. Il n’est donc pas injuste que les hommes de Claude Julien soient désormais relégués à des rôles de passagers dans cette folle course aux séries éliminatoires.

Disons les choses comme elles sont : l’édition 2018-2019 du CH a le cœur gros comme la Terre, mais elle manque de munitions.

Le 9 février, le CH n’était qu’à un point des Maple Leafs de Toronto lorsqu’il a croisé leur route au Centre Bell. Les hommes de Claude Julien détenaient une avance de 3-2 avec 12 minutes à jouer. Ils se sont finalement inclinés 4-3 en prolongation. Deux semaines plus tard, Montréal n’accusait que trois points de recul sur les mêmes Maple Leafs lorsque les deux équipes se sont retrouvées dans la Ville Reine. Le Canadien s’est forgé au premier tiers une avance quasi insurmontable de 3-0... qui a ensuite fondu comme neige au soleil. Ébranlée, l’équipe a quitté l’Ontario avec une défaite de 6-3.

Le 2 mars, au Centre Bell, le Tricolore détenait une avance de deux points au classement sur les Penguins de Pittsburgh. Vaincus la veille à Buffalo, ces derniers s’accrochaient sang et eau pour se replacer parmi les équipes à se qualifier pour les séries. Le CH a connu son pire début de match de la saison. C’était 3-0 Pittsburgh après 8 min 51 s de jeu. Les Pens l’ont finalement emporté au compte de 5-1. Le CH n’a plus joué dans la même ligue que Sid et sa bande par la suite.

Puis, dimanche dernier, il y avait cette énième cruciale rencontre en Caroline. Le CH détenait une avance de 1-0 et n’était qu’à six minutes de rejoindre les Hurricanes au classement. Ceux-ci détenaient alors la première place d’équipe invitée en séries (le 7e rang). Jordie Benn a accidentellement fait dévier derrière Carey Price une rondelle qu’il tentait de bloquer. Le CH s’est incliné 2-1 en prolongation.

Au lieu de rejoindre les Canes et de distancer Columbus par quatre points, les hommes de Claude Julien sont une fois de plus restés coincés dans une embuscade.

Andrew Shaw ne parvient pas à atteindre le filet des Blue Jackets de Columbus.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Andrew Shaw ne parvient pas à atteindre le filet des Blue Jackets de Columbus.

Photo : The Associated Press / Jay LaPrete

***

Le match de jeudi à Columbus avait donc des allures de déjà-vu.

Le Tricolore était rempli de bonnes intentions. Il a travaillé avec fougue et tout laissé sur la patinoire. Mais après s’être forgé des avances de 1-0 et de 2-1, son incapacité chronique à gérer pendant 60 minutes les rencontres serrées est vite réapparue.

Un invraisemblable mauvais changement de trio a permis aux Blue Jackets de marquer sur une attaque à... quatre contre deux! Panarin a dégainé un imparable tir sur réception après que Victor Mete eut perdu la trace de Matt Duchene sur le flanc droit. Riley Nash a marqué sur une échappée provoquée par une passe ratée de Mete (qui se faisait frapper au même moment). Et Jeff Petry a télégraphié sur un plateau d’argent une passe qui a permis à Oliver Bjorkstrand de marquer le cinquième but sur une contre-attaque à deux contre un.

Pointage final : 6-2. Adieu veau, vache, cochon, couvée...

À travers tous ces revers, la seule embellie est survenue le 19 février dans une victoire serrée de 3-2 sur les Blue Jackets à Montréal. Si on fait le décompte, ça donne une récolte de seulement 4 points sur une possibilité de 10 dans les matchs où ça comptait vraiment.

***

Déçus, bien des amateurs s’en prendront à Claude Julien et à sa façon de gérer le personnel mis à sa disposition dans le dernier sprint du calendrier.

Il faudra toutefois garder en tête que huit joueurs de cette équipe connaissent la meilleure saison de leur carrière en attaque (Tatar, Danault, Gallagher, Domi, Drouin, Petry, Kulak et Benn) et que Carey Price est au sommet de son art depuis le début de décembre.

De toute évidence, Julien a extrait jusqu’à la substantifique moelle de cette équipe. Et, néanmoins, elle se retrouve du mauvais côté d’une lutte sans merci pour participer aux séries.

À bien y penser, c’est probablement une fort mauvaise nouvelle pour l’avenir. Les chances qu’un aussi grand nombre de joueurs se remettent à défier les probabilités la saison prochaine apparaissent assez minces.

***

Si la situation actuelle du Canadien devait être illustrée par une scène de film, il s’agirait probablement d’une scène d’un bon vieux western. Les gentils sont enfermés dans une baraque. Il ne leur reste que huit cartouches. Les deux groupes de truands qui les encerclent disposent de 10 cartouches chacun.

Ils auront besoin de chance.

Les Hurricanes ont 91 points en banque, soit 1 point d’avance sur le CH. Il leur reste cinq matchs (10 points de classement) à disputer.

Les Blue Jackets sont à égalité avec le CH (90 points en banque), mais ils détiennent l’équivalent d’un point de classement supplémentaire parce qu’ils ont remporté plus de victoires que le Canadien. En cas d’égalité avec Montréal, Columbus serait qualifiée pour les séries. L'équipe a encore cinq matchs (10 points de classement) à jouer.

Le CH n’a plus que huit points de classement à disputer. Ses quatre dernières rencontres le mettront toutefois aux prises avec des équipes aspirant légitimement à la Coupe Stanley (Winnipeg, Tampa Bay, Washington et Toronto).

Il lui faudra énormément de chance pour se sortir de ce guêpier.

Dans un scénario idéal, on pourrait par exemple imaginer que les Hurricanes ou les Blue Jackets puissent s’écrouler et ne récolter que 5 points sur une possibilité de 10. Même là, il faudrait que le Canadien puisse soutirer six points sur huit aux puissances mentionnées plus haut.

Les jeux ne sont pas encore faits, mais il faudrait souffrir d’un grave problème olfactif pour ne pas reconnaître que ça sent drôlement la fin. La difficile situation du CH se résume en deux mots : mea culpa.

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