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Sylvain Bruneau, l'homme derrière les succès de Bianca Andreescu

Sylvain Bruneau au micro d'Isabelle Craig.

Sylvain Bruneau

Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Radio-Canada

De retour au pays après avoir accompagné Bianca Andreescu dans ses succès à Indian Wells et à Miami, l'entraîneur Sylvain Bruneau était de passage dans les studios de Médium large, jeudi, pour discuter de sa protégée et de l'émergence du tennis canadien sur la scène internationale.

Depuis Montréal, Bruneau continue évidemment de suivre le parcours de Félix Auger-Aliassime, 18 ans, qualifié pour les demi-finales à Miami. Jamais un aussi jeune joueur n’avait accédé au carré d’as du tournoi floridien.

« Rien ne m’étonne de Félix parce que je le trouve spectaculaire, a dit d’emblée Bruneau. Il a un potentiel énorme, mais c’est tout de même incroyable. Il passe par les qualifications et il a eu un tableau quand même difficile. De bonnes victoires à Miami et là, ce match contre Borna Coric, c’était de toute beauté. »

Sylvain Bruneau s’est également dit impressionné par le sang-froid dont a fait preuve Bianca Andreescu pour remporter les grands honneurs à Indian Wells. Il a expliqué à l’animatrice Isabelle Craig comment une adolescente de 18 ans parvient à gérer la pression.

Bianca AndreescuAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Bianca Andreescu

Photo : Getty Images / Sean M. Haffey

« C’était des moments nouveaux pour elle, d’arriver à ce stade du tournoi, avec énormément d’attention et de pression autour d’elle, a-t-il dit. Il faut avoir des discussions avec son équipe, avec son entraîneur et il faut avoir quelque chose d’inné pour être capable de prendre tout ça et de gérer ce qui vient avec les résultats.

« Bianca, c’est une fille qui est très ambitieuse, une compétitrice qui a tout donné pour atteindre ses rêves. Mais c’est sûr qu’il va y avoir des embûches, il faut être préparé à ça. Lorsque ça se présente, il ne faut pas tourner le dos et aller de l’avant. »

Bien qu’il connaisse l’Ontarienne depuis plusieurs années, il avoue qu’il a été étonné par sa protégée.

« J’ai été impressionné malgré tout, avec la situation dans laquelle elle se trouvait, avec une joueuse d’expérience contre Angelique Kerber en finale [à Indian Wells, NDLR]. Sur le plan physique, elle était très atteinte et très fatiguée, il y avait des problèmes avec son épaule. »

Elle a vraiment été chercher le match, elle n’a pas bénéficié de cafouillage de Kerber en fin de match. C’est vraiment Bianca qui s’est dit:"je le veux, je vais aller le chercher, je vais produire le tennis qu’il faut". Et ça prend énormément de courage, évidemment les qualités tennistiques, mais ça prend des dispositions mentales que tout le monde n’a pas.

Sylvain Bruneau

Discours motivateur

Sylvain Bruneau a également été questionné sur le fameux entretien qu’il a eu avec Andreescu en finale à Indian Wells. Il a raconté pour quelle raison il avait préféré lui parler d'émotion plutôt que de tactique au moment où la victoire semblait lui échapper en troisième manche.

« On se retrouvait dans un petit moment de détresse dans cette troisième manche-là parce qu’elle sait que le match lui échappe. Et j’avais l’impression que c’était important d’avoir une discussion avec elle sur le plan mental et émotif, lui rappeler certaines choses plutôt que d’aller sur le plan tactique.

« De bien connaître son athlète, de savoir les mots qui peuvent fonctionner, le propos qui va être bien entendu ou pas, c’est important. Et je connais Bianca, ça fait plusieurs années, donc je sais un peu comment aller la rejoindre. »

Andreescu a dû déclarer forfait en huitièmes de finale à Miami en raison d’une blessure à l’épaule droite. Aurait-elle dû faire l’impasse sur ce tournoi?

Avec l’avis médical des gens de la WTA, il y a des médecins, une équipe de physio, elle avait une situation qui a commencé à Indian Wells. Son épaule, elle le mentionnait à partir des quarts de finale. L’accumulation des matchs à haute intensité, des longs matchs difficiles, elle n’était pas encore habituée.

Sylvain Bruneau

« À Miami, elle voulait énormément jouer, elle était super contente, a-t-il poursuivi. Alors, l’avis médical, c’était de continuer de la traiter et de voir, mais les matchs se sont ajoutés et ça continuait d’être de pire en pire donc, ça devenait difficile. »

Pas d’inquiétude toutefois, assure l’entraîneur. Le problème est sous contrôle. Repos et traitements feront le plus grand bien.

Le poids de la célébrité

Cela dit, les commanditaires commencent à s’intéresser à la jeune athlète et elle devra garder la tête froide devant sa nouvelle renommée.

« C’est inévitable, ça fait partie du contrat lorsque tu as des résultats de cette trempe-là, a expliqué Bruneau. Tu sors de l’anonymat et ça dépasse le monde du tennis. Il y a toutes sortes de sollicitations. C’est là que le rôle des parents est important. Par exemple, je leur demandais au retour de Miami si on prenait un vol en classe économique ou en classe affaires et les parents ont répondu: "en économie s’il vous plaît". Et c’est là, quand ils sont jeunes, qu’il est important de garder les choses en perspective et d’y aller calmement.

« Parfois, l’athlète ne change pas, mais ce sont les gens autour qui peuvent changer, a-t-il poursuivi. On commence à te traiter de façon différente et c’est ce qu’il ne faut pas. On verra, Bianca est une fille bien terre à terre et ça va aller. »

Les belles performances des Canadiens créent un nouvel engouement pour le tennis au pays, mais aussi des attentes élevées de la part des amateurs. Il faut toutefois faire preuve de réalisme et ne pas s’emballer trop vite.

Félix Auger-Aliassime sera le plus jeune joueur des demi-finales à Miami.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Félix Auger-Aliassime sera le plus jeune joueur des demi-finales à Miami.

Photo : usa today sports / USA Today Sports

On va s’attendre de Félix et Bianca qu’ils fassent toujours des résultats comme ceux-là et ce ne sera pas tout le temps le cas, donc il faut être prudent et y aller au jour le jour. Le potentiel est là, mais il faut y aller calmement avec tout ça. Mais je pense que c’est une vitrine incroyable pour le tennis si ça peut rejoindre plein de jeunes à prendre la raquette et à des gens de regarder le tennis à la télévision, c’est fantastique.

Sylvain Bruneau

Le Canada, nouveau modèle

Ces beaux succès trouvent écho partout sur la planète. L’entraîneur de 53 ans s’en amuse quelque peu.

« Toutes les fédérations, tous les pays se tournent vers le Canada et se demandent quelle est notre potion. Il n’y a pas vraiment de recette, des efforts, du travail, des jeunes qui sont talentueux et qui se poussent entre eux parce que c’est ce qui arrive.

« On regarde Félix et Denis [Shapovalov] qui jouent cette semaine à Miami, Bianca qui a bien fait à Indian Wells, Milos qui a été finaliste à Wimbledon, Eugenie Bouchard aussi… Il y a une espèce d’engouement, une voie qui se trace et on espère qu’il y en a d’autres qui vont suivre. »

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