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Le centre de biathlon Myriam-Bédard en péril

Xavier Gilbert lors de son épreuve de vitesse en biathlon

Le centre Myriam-Bédard a récemment accueilli les épreuves de biathlon des Jeux du Québec.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

Guillaume Piedboeuf

La Fédération québécoise de biathlon lance un cri du coeur pour la survie du centre Myriam-Bédard. Si une nouvelle source de financement importante n'est pas trouvée, les jours du centre sont comptés, affirme le président de la Fédération, Jean-Guy Lévesque.

L'organisme Biathlon Canada a retiré le printemps dernier l’aide financière annuelle de 72 500 $ qu’il versait à la Fédération québécoise de biathlon pour l’entretien des installations situées à la base militaire de Valcartier.

Biathlon Canada s’est fait couper plusieurs centaines de milliers de dollars par le programme À nous le podium et ils nous ont dit qu’ils ne pouvaient plus nous aider, relate le président.

L’Institut national du sport du Québec (INSQ) a exceptionnellement haussé de 10 000 $ à 25 000 $ son aide financière cette année pour aider à boucler le financement. Mais à partir du 1er avril, on repart à zéro côté subventions, explique Jean-Guy Lévesque.

Même en convainquant le Mouvement des cadets du Canada, qui utilise aussi les installations de Valcartier, de payer 50 % de la facture liée à l’entretien, la Fédération québécoise de biathlon doit trouver autour de 70 000 $ pour l’année à venir. Le manque à gagner est important.

Incertitude totale

On est dans l’incertitude totale. La survie du centre est définitivement menacée, affirme celui qui a tenté sans succès, depuis janvier, de sensibiliser les différents ordres de gouvernement à la situation.

Il ne cache pas que le nombre d’athlètes s’entraînant au centre Myriam-Bédard, une centaine seulement répartis dans deux clubs, ne facilite pas la tâche. Sans compter qu'un seul Québécois est présentement dans l'équipe nationale de biathlon.

Je ne peux définitivement pas demander aux usagers du centre de payer la somme au complet. Puis, lorsque j’approche le ministère, on me répond qu’on n’a pas beaucoup d’athlètes. Mais il faut comprendre que l’on vient de se retrouver un entraîneur à temps plein.

Jean-Philippe Le Guellec à la barre

Avec l’arrivée de l’ancien athlète olympique Jean-Philippe Le Guellec, qui entraîne aussi les athlètes du programme sport-études en biathlon mis en branle cette année à l’école Cardinal-Roy, Jean-Guy Lévesque estime que tout est finalement en place pour redresser son sport dans la province. Le nombre de jeunes biathloniens augmente tous les mois, dit-il.

Le biathlon vient de faire son entrée aux Jeux du Québec. Mais cela ne mènera nulle part si le centre Myriam-Bédard doit fermer ses portes.

Il y a un autre petit centre en Estrie et il y en a un à Charlo, au Nouveau-Brunswick, mais rien de comparable au centre Myriam-Bédard dans tout l’est du pays. On a reçu les Jeux du Québec et les Championnats de l’Est à Valcartier, cet hiver. On a les Championnats canadiens l’an prochain. On a une compétition nord-américaine chaque année et deux clubs qui s’entraînent là.

Reste que la Fédération québécoise de biathlon doit s’ajuster à « une nouvelle réalité », croit Jean-Philippe Le Guellec. L’offre sportive est beaucoup plus imposante qu’il y a 20 ans. Il y a beaucoup de compétition entre les sports. Il faut réussir à attirer les jeunes vers le biathlon et les garder. Il faut remettre le programme sur pied et changer d’approche.

Un air de déjà-vu

Ce n’est pas la première fois que le centre inauguré en 1996 est forcé de revoir ses sources de financement.

En 2004, les Forces armées canadiennes s’étaient détachées du centre, ce qui avait forcé la Fédération québécoise de biathlon à commencer à assumer la majeure partie de la facture d’entretien des installations. C’est à ce moment que la Fédération s’était tournée vers Biathlon Canada et l’INSQ, qui avaient accepté de se séparer le montant.

Dans les années qui ont suivi, l’INSQ a graduellement diminué son aide financière, raconte Jean-Guy Lévesque, mais Biathlon Canada continuait de verser 72 500 $ jusqu’à l’an dernier.

Le directeur général espère toujours que le gouvernement provincial ou fédéral se portera à la rescousse du centre, mais il lance aussi un appel aux entreprises privées. La Fédération est ouverte à n’importe quelle contribution. Le centre pourrait porter le nom d’une entreprise qui nous aide financièrement.

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