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La relance des Alouettes, selon Larry Smith

La relance des Alouettes, selon Larry Smith
Félix St-Aubin

Larry Smith a vécu les deux décennies glorieuses des Alouettes, d'abord comme joueur dans les années 1970, puis en tant que président au tournant du troisième millénaire. Il suit d'un oeil attentif les activités de l'équipe de sa ville natale, qui a perdu de sa superbe depuis qu'il a quitté le nid montréalais.

Le départ de Smith à l'issue de la saison 2010, qui s'était conclue par une deuxième conquête de la Coupe Grey d'affilée, a coïncidé avec le début d'une longue descente aux enfers.

Le rendement des Alouettes de 2011 à 2018

  • 1 titre de la Division Est (2012)
  • 1 victoire en éliminatoires (2014)
  • 2 saisons avec un dossier supérieur à ,500 (2011 et 2014)
  • 4 exclusions des séries (2015, 2016, 2017 et 2018)

L'organisation montréalaise peine à maintenir la tête hors de l'eau, tant sur le terrain que dans les gradins. Elle affiche un rendement peu reluisant de 21 victoires contre 51 revers lors des quatre dernières campagnes, et l'affluence au stade Percival-Molson n'a cessé de régresser pendant la même période.

« Il faut que la communauté croie que vous êtes sérieux de livrer un produit sur le terrain, soutient Smith. Tout est basé sur une chose : il faut avoir un produit compétitif sur le terrain pour que les fans aient l'espoir. Et il faut renforcer cet espoir avec l'engagement communautaire. »

Je pense que Patrick [Boivin] a beaucoup de talent. Pour lui, le problème, c'est qu'il entre dans une période où le produit sur le terrain n'est pas fort. C'est un jeune homme avec beaucoup d'outils en marketing, mais en même temps, il faut avoir la connaissance du produit sur le terrain, ce qui n'est pas facile. Il faut être capable d'entrer dans la peau des joueurs, sans les manipuler, mais [définir] comment les gérer.

Larry Smith

Détenteur de quatre bagues de la Coupe Grey, divisées équitablement à titre de joueur (1974 et 1977) et de président (2009 et 2010), Smith mentionne les postes d'entraîneur-chef et de directeur général pour justifier les succès des Alouettes lors de ses passages dans la direction de 1997 à 2001 et de 2004 à 2010.

« Quand vous avez une continuité avec votre équipe parce que les joueurs veulent jouer ici, c'est très favorable. Quand vous avez un coach comme Don Matthews et un directeur général comme Jim Popp, c'est très favorable. Les conditions étaient positives [...] Quand vos morceaux clés commencent à tomber et ne sont pas vraiment alignés, ça devient très difficile d'avoir du succès. Malheureusement, ils ont vécu ça. »

« C'est la mixité, la complémentarité, l'alignement et la chimie entre tout le monde, c'est très important, renchérit Smith. Il y a des choses qui ne se mesurent pas, mais ce sont les éléments essentiels pour avoir le succès d'une franchise. Marc Trestman a fait un excellent travail ici. »

Le travail d'équipe doit commencer dans les bureaux de l'administration et du personnel d'entraîneurs, estime l'homme politique de 67 ans, qui ajoute que tous les membres doivent absolument travailler d'un commun accord à la mise sur pied de la formation.

« Comment aller chercher un alignement? Quels morceaux doivent être mis ensemble pour avoir du succès? Ils ont eu de la misère à faire ça », dit-il en faisant référence aux successeurs de Trestman et de Popp à leur poste respectif.

« Ce n'est pas facile de gérer une franchise à distance. Andrew Wetenhall est un excellent jeune homme, j'ai beaucoup de respect pour lui, mais l'homme qui m'a donné une chance, c'est Bob Wetenhall. Lui, il a eu cet engagement, il a passé son temps à Montréal et s'est impliqué dans la communauté d'affaires. Il faut avoir les racines fortes. »

Andrew WetenhallAndrew Wetenhall Photo : La Presse canadienne

Lapointe dans les souliers de Wetenhall?

Les rumeurs de la vente des Alouettes sont de plus en plus persistantes depuis deux semaines. Le nom de l'ancien porteur de ballon Éric Lapointe, désormais homme d'affaires, a refait surface concernant l'achat de l'organisation montréalaise.

D'abord avare de commentaires lorsqu'il avait été questionné sur le sujet le 13 mars en matinée, le président Patrick Boivin avait minimisé la nouvelle plusieurs heures plus tard lors d'un rassemblement d'amateurs de football allant à la rencontre du commissaire Randy Ambrosie.

« Ce qu’on entend est plus spéculatif que factuel. On ne magasine pas pour trouver un acheteur, avait déclaré Boivin. Il n’y a pas de pancarte "À vendre" devant notre maison. Ça n’empêche pas des gens de nous approcher, de nous parler et de nous poser des questions. Andrew, comme tout bon homme d’affaires, les écoute. »

« Je pense que Bob et Andrew regardent la situation et se disent : "OK, où sommes-nous rendus?", affirme Smith. C'est évident qu'ils ont perdu de l'argent [...] Ils ont fait leurs preuves, ils ont livré la marchandise, mais [...] il y a des options qui sont là. »

Parmi celles-ci, il y a Lapointe qui suit ce dossier avec beaucoup d'attention. Le demi offensif des Moineaux de 2001 à 2006 désire réunir un groupe d'investisseurs pour acheter la franchise. Il avait déjà contacté la famille Wetenhall à ce sujet en 2017, sans toutefois recevoir une réponse favorable.

« Quand j'étais président du club, j'ai toujours parlé de ma succession à Éric Lapointe. J'ai toujours bien aimé ce qu'il faisait comme homme d'affaires. Il faut comprendre une chose : lorsqu'on parle d'être propriétaire [...] il faut avoir beaucoup d'argent [...] des ressources, de l'engagement et une vision à long terme. »

« Il faut qu'il regarde la réalité de la situation financière, parce qu'il ne faut pas entrer dans une situation et ne pas avoir les moyens nécessaires pour le long terme, parce que ça, c'est fatal au succès d'une franchise, souligne Smith. Le succès, la figure [emblématique] et la capacité de communiquer dans les deux langues officielles, il a tous les éléments. »

Éric LapointeÉric Lapointe Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

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