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Quelles répercussions aura le Brexit sur la Premier League anglaise?

Le gardien brésilien Ederson (au centre) soulève le trophée de champion de la Premier League avec ses coéquipiers de Manchester City.
Le gardien brésilien Ederson (au centre) a reçu son permis de travail du gouvernement britannique en 2017 puisqu'il possède aussi un passeport portugais. Le Brexit aurait pu lui compliquer la tâche. Photo: Associated Press / Rui Vieira
Agence France-Presse

Les incertitudes autour du Brexit provoquent des inquiétudes au sein de la Premier League, le championnat de soccer le plus riche du monde. Baisse de la livre sterling, restrictions sur les transferts, quelles peuvent être les conséquences?

Une livre plus faible, conséquence attendue du Brexit et déjà en cours depuis le référendum sur la sortie de l'Union européenne (UE) en 2016, va rendre la vie plus chère aux clubs anglais. L'entraîneur de Tottenham, Mauricio Pochettino, a estimé que la faiblesse de la monnaie était à l'origine du recrutement modeste de son club, l’été dernier. Il a comparé le Brexit à un accident de voiture.

D'après le rapport du cabinet d'audit Deloitte, la baisse de la livre a contribué à faire perdre à Manchester United (1,01 milliard de dollars canadiens de revenus) sa 1re place au rang des clubs les plus riches de la planète en 2017-2018, au profit du Real Madrid (1,14 G$ CA) et Barcelone (1,04 G$ CA).

Malgré des droits télévisuels record en Europe, les clubs pourraient pâtir d'une récession économique. Si les supporteurs sont frappés au porte-monnaie, cela pourrait avoir un impact sur les recettes de billets et de produits dérivés.

Compliqués, les transferts

L'ancien patron de la Premier League, Richard Scudamore, partisan du maintien du Royaume-Uni eu Europe, avait estimé que quitter l'UE était « incohérent » avec l'engagement de la Premier League en matière d'ouverture.

Depuis l'arrêt Bosman, en 1995, il n'existe plus de limite de transferts entre pays de l’UE. Dans les faits, cela concerne également des joueurs sud-américains ou africains qui ont des passeports européens.

Pour obtenir un permis de travail au Royaume-Uni, les joueurs non-UE doivent remplir des critères plus stricts : avoir un minimum de sélections en équipe nationale, par exemple. Le Français N'Golo Kanté (Chelsea) et l'international algérien Riyad Mahrez (Manchester City) ont été cités comme des exemples de joueurs qui n'obtiendraient pas de permis de travail si on avait pris ces critères en compte quand ils ont débarqué au Royaume-Uni.

En 2016, la BBC avait calculé que 332 joueurs des deux niveaux les plus élevés du soccer anglais et écossais ne répondraient plus aux critères si ces normes étaient appliquées. Mais les observateurs sont partagés à l'idée que le gouvernement britannique et la Fédération anglaise de soccer (FA) appliquent des règles aussi strictes, puisque certains n'imaginent pas le soccer anglais se tirer dans le pied et fermer la porte aux meilleurs talents.

Avec le Brexit, les clubs de Premier League risquent aussi de ne plus pouvoir recruter des joueurs européens mineurs. En effet, la FIFA interdit tout transfert de joueur de moins de 18 ans, à l'exception des mouvements au sein de l'Espace économique européen.

C'est ce qui a permis à des joueurs comme l'Espagnol Cesc Fabregas ou le Français Paul Pogba d'être transférés en Angleterre dès 16 ans. D'après une étude de l'Observatoire du football CIES d'octobre 2016, l'Angleterre était la première destination, de loin, des joueurs mineurs ayant migré (180 joueurs contre 78 en Italie, en 2e place).

Et la sélection?

Le Brexit sera-t-il avantageux pour l'équipe d'Angleterre, dans la mesure où les restrictions accrues pour les joueurs étrangers donneraient plus d’occasions aux talents britanniques? Actuellement, les joueurs sélectionnables en équipe d'Angleterre ne représentent que 30 % des effectifs en Premier League, et la FA veut profiter du Brexit pour rééquilibrer les choses.

De son côté, la Premier League soutient que des limitations feraient, au contraire, baisser le niveau dans lequel les internationaux anglais jouent chaque semaine.

D'après l'Observatoire du football CIES, « la compétitivité des équipes de Premier League » ne devrait pas pâtir d'éventuelles restrictions, en raison de « la montée en puissance d'une nouvelle génération de joueurs anglais très prometteurs ».

« Les excellents résultats obtenus ces dernières années par les sélections anglaises de jeunes témoignent de l'importance des efforts déployés outre-Manche en matière de formation », ajoute l'institut d'études basé en Suisse dans son dernier rapport.

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