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Un rapport d'enquête alimente la controverse autour de l'AIBA

L'arbitre lève le bras du Russe Vladimir Nikitin à la stupéfaction de l'Irlandais Michael Conlan.
Le résultat d'un combat entre le Russe Vladimir Nikitin (à gauche) et l'Irlandais Michael Conlan avait soulevé une controverse aux Jeux de Rio. Photo: Getty Images / Stephen McCarthy
Agence France-Presse

Le Français Karim Bouzidi, ex-directeur général de l'Association internationale de boxe amateur (AIBA), apparaît au centre de soupçons de manipulation de combats lors des Jeux olympiques de 2016, selon un rapport d'enquête de l'AIBA et des courriels révélés par le quotidien français Le Monde, lundi.

Suspecté de s'être entendu avec les juges-arbitres les plus réputés (de niveau « cinq étoiles ») pour favoriser certains pays, Karim Bouzidi avait été limogé à trois jours de la fin des Jeux de Rio et une commission d'enquête avait été lancée dans la foulée. Les 36 juges et arbitres du tournoi olympique avaient été écartés en octobre 2016.

Le Monde, en collaboration avec le quotidien bulgare Bulgaria Today, a eu accès au rapport de la commission, à des courriels et à une conversation téléphonique qui font peser de lourds soupçons sur le rôle joué par M. Bouzidi.

L'ancien directeur général de l'AIBA n'a pas répondu aux sollicitations de l'AFP lundi matin.

Le Monde fait notamment état d'un courriel de Wu Ching-kuo, président de l'AIBA jusqu'en 2017, daté du 18 novembre 2016. Le dirigeant y écrit « qu'il est probable que le directeur général, avec la directrice des sports [Kristin Brynildsen, qui a quitté l'AIBA à l'automne 2016], a influé sur les décisions des juges-arbitres cinq étoiles dans certains combats, en favorisant certaines fédérations ».

Wu a également demandé à Tom Virgets, président de la commission d'enquête, de revoir en priorité « les combats concernant la France et l'Ouzbékistan » à Rio. Après deux échecs retentissants aux Jeux de 2008 et de 2012, les Bleus avaient effectué une razzia à Rio avec six médailles, dont deux en or pour le couple Estelle Mossely-Tony Yoka.

Les enquêteurs de l'AIBA expliquent dans leur rapport que M. Bouzidi pouvait seul désigner tous les arbitres et officiels d'une compétition et qu'il s'est servi de ce privilège « pour changer les juges et arbitres de certains combats, même si rien ne prouve que ces changements ont été faits pour influer sur l'issue du combat ».

« Les résultats à Rio n'ont pas été volés, ils sont honnêtes », a réagi le président de la Fédération française de boxe, André Martin, interrogé par Le Monde. « C'est vrai que Bouzidi, on le connaissait, mais on ne lui a pas fait de chantage. Nous ne sommes pas des gens qui allons pleurer. »

Ces révélations surviennent au moment où l'AIBA traverse une grave crise de gouvernance. Le controversé homme d'affaires ouzbek Gafur Rakhimov a annoncé vendredi sa démission de la présidence de l’Association, qui fait l’objet d’une enquête du Comité international olympique (CIO) sur sa gestion.

Dans l'attente des conclusions de l'enquête, le CIO avait décidé de geler l'organisation du tournoi de boxe aux Jeux olympiques de Tokyo en 2020. Sa commission exécutive doit aborder la question, de mardi à jeudi, à Lausanne.

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