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Shapovalov veut être lui-même, que ça plaise ou non

Denis Shapovalov

Denis Shapovalov

Photo : Getty Images / Yong Teck Lim

Antoine Deshaies

MIAMI - Le petit court numéro un était plein à craquer pour l'entrée en scène de Denis Shapovalov au tournoi de Miami, samedi matin. Le Canadien attire la foule malgré son jeune âge.

Son jeu spectaculaire et son revers à une main, à la fois gracieux et terrifiant, impressionnent. Sa personnalité n’est pas non plus étrangère à sa popularité.

L’ATP s’est servie de son image pour promouvoir le tournoi cette semaine. Pour faire mousser l’événement floridien, on a substitué le visage de Shapovalov à celui de Will Smith dans la vidéo de la chanson Miami.

Entre les matchs, Shapovalov aime bien pousser la rime lui aussi. Il l’a même fait sur le court après un match à Indian Wells. Saluée par certains, critiquée par d’autres, sa performance vocale n’a laissé personne indifférent.

L’imprévisible Australien Nick Kyrgios, lui-même l’antithèse de la discrétion sur les courts, n’a pas semblé apprécier la performance vocale de Shapovalov.

Sur Twitter, Kyrgios a écrit : « Autant tu es un joueur extraordinaire qui sera extrêmement bon pendant plusieurs années, autant c’était pénible à regarder, mon ami. »

Shapovalov ne se laisse pas atteindre par la critique de Kyrgios, ni par celles d’internautes qui commentent ses publications.

« J’ai reçu de bons et de moins bons commentaires, mais honnêtement, je m’en moque, a répondu l’adolescent de 19 ans à Radio-Canada Sports. Je ne fais pas ça sérieusement ou dans le but d’en faire une carrière pour l’instant. Si certains aiment, tant mieux. Ceux qui n’aiment pas, je m’en moque. Ça m’aide seulement à m’aérer l’esprit. »

« C’est triste qu’aujourd’hui tout le monde puisse juger comme ça et s’arroger le pouvoir d’émettre des commentaires négatifs sur nos publications, mais c’est la vie, a ajouté Shapovalov. Je suis qui je suis et je n’ai pas peur de ce que les gens pensent de moi. »

En plus du rap, Shapovalov s’amuse à réaliser des vidéos avec son équipe. La personnalité créative de son entraîneur, Rob Steckley, n’est pas étrangère à son passe-temps.

Mardi, sous la pluie, Shapovalov s’est plu à jouer la comédie. Steckley a réalisé la vidéo.

« On a décidé de faire ça spontanément le matin, explique la 23e raquette mondiale. Rob m’encourage à le faire et à ne pas m’occuper de la réaction des gens. J’espère que d’autres joueurs essaieront d’être davantage eux-mêmes, comme j’essaie de l’être. »

Federer, l’inspiration

Heureusement pour lui, Shapovalov fait surtout parler de sa raquette. Il a réussi à enlever une manche à Djokovic en Australie en janvier et vient d’atteindre la ronde des 16 à Indian Wells.

Il aussi remporté deux matchs importants pour le Canada en Slovaquie en février. La prochaine grande mission de Shapovalov est de figurer parmi les 10 meilleurs joueurs au classement mondial. Le 10e rang est présentement occupé par le Grec Stefanos Tsitsipas, 20 ans.

« J’ai un grand pas à franchir pour atteindre cet objectif, analyse Shapovalov. Je dois encore gagner en maturité et améliorer mon attitude sur le terrain. Je m’inspire beaucoup de Roger Federer, qui était aussi très émotif à mon âge. Il a réussi à évoluer pour devenir l’ambassadeur planétaire et l’idole qu’il est aujourd’hui. »

Déjà, Shapovalov a appris depuis l’incident malheureux survenu en Coupe Davis à Ottawa en février 2017. Dans un élan de frustration, il avait catapulté une balle de toutes ses forces avec sa raquette.

De façon non intentionnelle, il avait atteint l’arbitre en plein dans l’oeil. L’officiel Arnaud Gabas avait même dû subir une op/ration pour réparer un os cassé.

« Il a admis rapidement son erreur et s’est bien ressaisi par la suite, rappelle l’ancien no 4 mondial James Blake, aussi directeur du tournoi de Miami. J’étais fier de voir un jeune joueur s’excuser et être en mesure de continuer de progresser si rapidement. »

Blake n’a aucun doute que Shapovalov peut devenir une tête d’affiche mondiale si sa courbe de progression ne fléchit pas.

Les éléments sont réunis. Talent, charisme, audace, Shapovalov a tout ça.

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