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Apprendre à composer avec les hauts et les bas de Max Domi

Max Domi célèbre son but en troisième période du match contre les Sabres de Buffalo.

Max Domi célèbre son but en troisième période du match contre les Sabres de Buffalo.

Photo : usa today sports / USA TODAY USPW

Alexandre Gascon

Après une première période décevante, Claude Julien a lancé un défi à Max Domi. La stratégie s'est avérée brillante.

Les Sabres et le Canadien se sont rendu coup pour coup au premier vingt, et Sam Reinhart a profité de la nonchalance de Domi pour échapper à sa couverture et ouvrir la marque.

L’entraîneur du Tricolore n’était pas satisfait.

« Je n’ai pas trouvé que Max a connu une bonne première période. Je lui ai mentionné qu’on avait besoin de lui. Il mérite beaucoup de crédit. De la façon dont il a répondu en deuxième, c’est le genre de joueur que tu veux. Tout n’est jamais parfait, mais quand tu en demandes plus à un joueur et qu’il répond comme il l’a fait en deuxième et en troisième, ça mérite beaucoup de crédit », a-t-il expliqué après la victoire des siens.

Le numéro 13 a amorcé le deuxième tiers le couteau entre les dents. Face à quatre joueurs des Sabres tournés vers lui, il a attiré leurs regards avant de servir une passe du revers d’anthologie pour préparer le but d’Artturi Lehkonen.

Claude Julien revient sur la performance de Max Domi

Neuf minutes plus tard, il a soutiré le disque à l’adversaire sur son territoire avant de s'élancer d’un bout à l’autre de la patinoire et de repérer Shaw seul dans l’enclave grâce à une jolie remise soulevée. Et il a inscrit le but d’assurance en avantage numérique.

Une grande prestation.

Or, entre chacun de ces jeux, le fils de Tie a souvent paru sur le point d’exploser, laissant filer sa concentration pour tantôt chasser le Jeff Skinner d’Amérique, tantôt s’en prendre à Rasmus Dahlin, qui lui a asséné un coup de coude au visage bien accidentellement.

Ce que le centre a d’ailleurs reconnu une fois dans le vestiaire. Son analyse à chaud sur la glace, par contre, n’était pas la même.

Avec Max Domi, Claude Julien a un pur-sang entre les mains. Un joueur talentueux, frondeur, souvent galvanisé par la pression lorsque l’enjeu est élevé, mais foncièrement impulsif et imprévisible.

Il s’avère qu’un autre joueur au sein de son trio se définit exactement de la même façon, avec un talent un peu moindre : Andrew Shaw.

Les deux complices auraient pu faire capoter la belle ténacité du CH.

Pour défendre son pivot, Shaw a frappé tardivement Evan Rodrigues et a décoché un direct vif au menton de Skinner. L’arbitre l’a puni pour les deux gestes.

Le Canadien détenait une avance de deux buts, mais en avait aussi laissé filer une de la sorte en 75 secondes en deuxième période.

« Shawzy est venu à ma rescousse. J’ai du respect pour ça. Notre désavantage numérique a fait un bon travail », a indiqué Domi.

Andrew Shaw proteste durant la troisième période du match contre les Sabres de Buffalo.

Andrew Shaw proteste durant la troisième période du match contre les Sabres de Buffalo.

Photo : usa today sports / USA TODAY USPW

Une chance. Lorsqu’on lui a demandé si les deux compagnons de trio parvenaient à s’apaiser sur le banc ou si, au contraire, ils s’enflammaient l’un et l’autre, Domi a préféré éluder la question. Rebelote lorsqu’on essaie de savoir s’il admet carburer à ce genre de duel émotif.

Essayons-nous avec Danault.

« Quand l’émotion est dans le top, il faut qu’il fasse attention des fois. Mais Doms, quand il y a de l’émotion, c’est là qu’il est à son meilleur. »

Merci, Phillip.

Shaw, un mentor?

Il y a à peine plus de 24 heures, Shaw confiait s’être assagi. Dans l’éloge de sa version 2.0, il affirmait pouvoir en faire autant avec son jeune ami, de trois ans son cadet.

« Je lui en ai parlé. Il m’a dit qu’il a toujours été comme ça. Je lui ai répondu que j’étais pareil, mais qu’avec la maturité ça s’améliore. Il continue à crier après les arbitres. Je n’étais pas d’accord avec ma punition [contre les Islanders]. Normalement j’aurais perdu la carte, mais la maturité a pris le pas, je pense », avait lancé Shaw.

Visiblement, il ne lui a pas encore mis le grappin dessus, à la maturité. Elle va et vient, volatile.

Ironique, en effet, que l’impétuosité de ces deux guerriers soit toujours sur le point de faire pencher la balance, du bon comme du mauvais côté.

Pour l’entraîneur, le défi se répète depuis le début de la saison. Quand faut-il lâcher les chevaux? Quand faut-il tirer sur la bride?

Julien apprend encore à repérer les signes d’exaspération de Domi ou de Shaw. À tenter d’éviter de les envoyer sur la glace lorsqu’il sent la marmite surchauffée.

« Je préfère avoir à retenir un peu un gars, que d’être obligé de lui donner un coup de pied pour qu’il se mette en marche », a fait valoir Julien vendredi.

On se souvient tous du coup de poing sournois de Domi contre Aaron Ekblad lors de son premier match dans son nouvel uniforme, ou des punitions tard en troisième période que lui a values l'assouvissement de son instinct de vengeance.

Il arrive d’ailleurs au 4e rang de la LNH pour le nombre de pénalités reçues (33).

Mais il est aussi le champion toutes catégories offensives du Canadien.

Il est le meilleur marqueur du club avec 67 points et mène également à 5 contre 5. Seul Jeff Petry a été sur la glace pour plus de buts que lui à égalité numérique (63 contre 62), mais le différentiel du défenseur est de -8, et celui de Domi, de +20.

Lorsqu’il est sur la patinoire, 61 % des buts sont enfilés par sa bande. Et il se lève lorsque ça compte.

Domi crie sur tous les toits son amour pour Montréal depuis le premier jour de l’échange. Il n’a encore jamais participé aux séries éliminatoires, et il sera fort intéressant de l’observer dans ce contexte, surtout dans le marché montréalais, si ça se concrétise évidemment.

À ce moment-là, Julien a intérêt à se transformer en habile cocher pour maîtriser son cheval de course.

En rafale

Jonathan Drouin a été le joueur le moins utilisé pour une deuxième rencontre d’affilée. Le Québécois a passé 12 min 13 s sur la glace et s’est rendu coupable d’un revirement qui a coûté un but au CH.

Si Julien a offert son soutien à Shaw malgré sa punition mineure double – « c’est important qu’il sache qu’on est derrière lui et qu’on comprend sa situation » –, il a été moins miséricordieux avec le numéro 92.

« Sur le troisième but, il a senti qu’il s’est fait accrocher. Malgré tout, on aurait voulu que la rondelle soit plus creuse dans le territoire avant que ça arrive », a indiqué l’entraîneur.

À son 500e match, Tomas Tatar s’est permis une soirée de 3 points (1 but, 2 passes). Avec 54 points, il n’est plus qu’à 2 de son sommet personnel.

Brendan Gallagher, lui, a amélioré sa marque. Ses deux réussites ont porté son total à 33, 2 de plus que l’année dernière. Ses 29 buts à égalité numérique cette saison le placent à égalité, au 5e rang de toute la LNH, avec Skinner, Johnny Gaudreau et Viktor Arvidsson. Et devant Connor McDavid, Nathan MacKinnon et bien d’autres gros noms du circuit.

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