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Cherchant le meilleur, Marie-Ève Dicaire s'est préparée pour le pire

L'avantage physique de Marie-Ève Dicaire (à droite) sur Lina Tejada est indéniable Photo: Radio-Canada / André Perron
Jean-François Chabot

Cela n'étonne personne que Marie-Ève Dicaire se dise dans la meilleure forme de sa vie à 48 heures de la première défense de sa ceinture des super-mi-moyennes de l'IBF. Ce qui surprend, ce sont les moyens qu'elle a pris pour y arriver.

« Je veux redoubler d’efforts. Je veux répondre à toutes les attentes liées à ce combat. Je veux surprendre mes adversaires. On travaille donc sur de nouvelles choses, sur des choses que l’on réussit déjà bien, mais surtout sur des façons de les prendre au dépourvu », a-t-elle lancé jeudi.

Parmi les outils rendus accessibles, on notera l’utilisation d’une chambre hyperbare, qui lui procure, selon elle, un irréfutable surplus d’énergie.

« Ça fait une grosse différence par que c’est la première fois que je réussis à endurer un tel volume d’entraînement aussi intense, explique-t-elle. Ça m’a permis une meilleure récupération. Je pense que cela a fait toute la différence parce qu’à chacun des entraînements, j’étais fraîche et dispo, et je pouvais repousser mes limites. »

Cette fois, Dicaire (14-0, 0 K.-O.) possède un avantage physique indéniable sur sa rivale. Au moment du face à face, on a clairement constaté qu’elle dépassait la Dominicaine Lina Tejada d’une bonne tête à 1,70 m (5 pi 7 po) contre 1,57 m (5 pi 2 po). À la défense de l’aspirante, Dicaire portait des talons hauts tandis que Tejada chaussait des espadrilles.

De mon côté, ma portée et ma distance sont des choses que je maîtrise bien. Dans ce cas-ci, ça me place dans une zone de confort. Pour ce qui est des pièges, je dois me méfier des coups de tête. Dans le passé, les adversaires de petite taille me sont rentrées dedans par en dessous. Je devrai donc être vigilante parce que je n’ai pas envie d’avoir de marques dans le visage.

Marie-Ève Dicaire
Marie-Ève DicaireMarie-Ève Dicaire Photo : Radio-Canada / André Perron

Les motifs de l’entraîneur

Son entraîneur Stéphane Harnois reconnaît avoir poussé au maximum les capacités de Marie-Ève Dicaire. Il voulait l’amener à un niveau de fatigue qu’elle n’avait encore jamais connu.

« Pour qu’elle soit capable de gérer un certain stress pendant le combat, il faut pousser la machine, dit-il. Souvent, on devient champion du monde et on s’assoit là-dessus. Pour moi, c’est inacceptable de prendre un tel risque. »

Je vais toujours préparer Marie-Ève pour qu’elle soit prête chaque fois pour son plus gros combat. On est toujours à un coup de poing de perdre un combat.

Stéphane Harnois

Harnois a mentionné que sa boxeuse avait été soumise à des sessions comptant jusqu’à 28 rounds d’entraînement sur trois jours.

L’équipe s’est rendue un peu partout au Québec et jusqu’en Ontario à la recherche de partenaires solides, comme la championne canadienne des 81 kg, Marija Curran, une fille qui pèse une quinzaine de kilos de plus que Dicaire et qui lui a appliqué une pression constante dans l’arène.

« Dans le passé, il suffisait de la mettre sur ses talons. C’était son pire problème. C’était tellement facile de battre Marie-Ève dans le temps, que les filles mettaient la pression et pouvaient ensuite faire ce qu’elles voulaient. »

L’adversaire n’aura pas peur de rentrer dans les coups de la Québécoise, et c’est là, promet Harnois, que la surprise sera servie.

Marie-Ève Dicaire à l'entraînementMarie-Ève Dicaire à l'entraînement Photo : Radio-Canada

Peu de mots et des sourires

L’adversaire en vue du premier combat de championnat mondial à être présenté au Casino de Montréal s’est montrée peu loquace.

Arrivée à Montréal mercredi et ne s’exprimant qu’en espagnol, Lina Tejada (12-5-0, 9 K.-O.) s’est contentée de remercier les membres de sa petite équipe (son gérant et son entraîneur), ses hôtes du Groupe Yvon Michel (GYM), et de dire qu’elle était prête à se battre et à accomplir le boulot.

Lina Tejada en conférence de presse au Casino de MontréalLina Tejada en conférence de presse au Casino de Montréal Photo : Radio-Canada / André Perron

Dicaire a parlé de sa rivale comme d’une fille toujours prête à tout et qui fonce constamment. Il reste qu’à première vue, le défi de samedi n’apparaît pas aussi grand qu’il l’était contre Chris Namus. Mais la boxeuse de Saint-Eustache sait qu’elle ne peut pas la prendre à la légère.

J’ai toujours dit, depuis le début de ma carrière, que je souhaite redescendre à 147 lb pour unifier les ceintures face à Cecilia Braekhus. Je suis consciente que ça passe par des étapes comme celle-ci. J’ai beaucoup à apprendre de ces combats-là. Je suis championne et je dois le rester.

Marie-Ève Dicaire

C’est le prix à payer et le chemin à suivre pour que Dicaire s’approche du niveau de la célèbre Norvégienne qui a déjà défendu ses titres avec succès à 21 reprises.

Si les choses se passent bien, elle pourrait être inscrite au programme de la carte du 28 juin, à Québec, soirée qui marquera aussi le retour d’Eleider Alvarez.

Ce dernier se battra pour la première fois depuis qu’il a perdu la ceinture de la WBO des mi-lourds aux mains de Sergey Kovalev, le 2 février dernier, au Texas.

Entre-temps, du côté d'Eye of the Tiger Management, il semble que les pourparlers avancent pour que David Lemieux puisse se battre le 4 mai à Las Vegas.

De retour à l’entraînement depuis un moment déjà, Lemieux (40-4, 34 K.-O.) est pressenti pour figurer en sous-carte de l’affrontement d’unification très attendu entre le champion du WBC et de la WBA des poids moyens, Canelo Alvarez (50-1-2, 34 K.-O.), et le détenteur de la ceinture de l'IBF, Daniel Jacobs (35-2, 29 K.-O.).

Rappelons que Lemieux a raté son dernier rendez-vous à New York, le 15 décembre dernier, face à Tureano Johnson, en raison d’une sévère déshydratation au matin de la pesée.

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