•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
chronique

Mike Trout et les Expos 2.0

Mike Trout de dos
Mike Trout est devenu le premier joueur des majeures à signer un contrat de plus de 400 millions de dollars. Photo: Getty Images / Sean M. Haffey
Guy D'Aoust

BILLET - Dans la presse canadienne, avant Martin Bergeron*, personne n'avait jamais mieux résumé les conditions dans lesquelles les Expos 2.0 effectueraient leur entrée. On le lit et on a envie d'y croire. La situation a tellement changé depuis 2004 que c'est désormais possible. À la lumière de son analyse, j'en étais à réviser ma position pessimiste. C'est là que Mike Trout a signé un contrat de 426,5 millions de dollars pour 12 ans avec les Angels de Los Angeles.

Oh, la malheureuse coïncidence!

Le partage des revenus, tel qu’il est désormais appliqué dans le baseball majeur (MLB), permet aux petits marchés d’assurer leur viabilité sur le plan financier. Le baseball majeur a fait en sorte que la manne ne soit plus distribuée que parmi les riches.

Bravo!

Compétitivité

L’ennui, c’est que les riches auront quand même toujours plus d’argent pour s’offrir de meilleurs joueurs et de meilleures équipes.

La survie des formations est assurée par le partage des revenus, mais l’équité en matière de compétition ne l’est pas.

Masses salariales

En 2018, les Red Sox de Boston avaient une masse salariale de 240 millions, un sommet dans le baseball majeur. À l’autre extrémité, on retrouvait les White Sox de Chicago avec 77 millions.

Ce qui m’intéresse, c’est le milieu du peloton. C’est là qu’on pourrait imaginer les Expos 2.0. Et on parle ici d’une masse salariale avoisinant les 140 millions.

C’est bien! C’est beaucoup d’argent, mais avec si peu (!), vous pouvez vous offrir un Mike Trout, un partant de premier ordre, un releveur de premier ordre et deux ou trois excellents joueurs pour les soutenir. Et coucou! Les 140 millions sont dépensés et il n’en reste plus pour les 20 autres joueurs.

Développement et créativité

Quand on n’est pas les Red Sox, les Dodgers ou les Yankees, il faut donc se montrer créatif, bien repêcher et bien développer ses joueurs. Les A’s d’Oakland y sont brillamment parvenus l’an dernier. C’est possible. Mais fondamentalement, malgré les avantages du « nouveau » partage des revenus, les équipes de fin et même de milieu de peloton sont condamnées à perdre leurs vedettes au marché des joueurs autonomes à court et moyen terme.

Disparité

J’ai toujours en mémoire le douloureux souvenir des Expos de 1995. Après une saison prometteuse interrompue par un arrêt de travail, l’équipe avait dû laisser filer son partant numéro un, Ken Hill, son releveur numéro un, John Wetteland, son frappeur de puissance, Larry Walker et le catalyseur de son attaque, Marquis Grissom.

On n’avait pas les moyens de les garder.

Dans le nouveau contexte? Est-ce qu’on pourrait en garder un? Deux? Peut-être, mais certainement pas les quatre. À moins de les entourer pour (vraiment) pas cher.

Condamné

Bref, chaque petit et moyen marché est condamné à un renouvellement incessant. Chaque petit et moyen marché reste et restera un club de développement pour les équipes les plus riches qui, malgré le partage des revenus, auront toujours les 80 millions de dollars additionnels pour venir piger dans ses réserves.

Les amateurs de baseball montréalais auraient-ils la patience d’assister à une éternelle reconstruction?

Est-ce qu’il n’y a pas assez de cônes orange dans leur existence sans en ajouter en permanence dans leur stade de baseball?

*On peut trouver le remarquable travail de Martin Bergeron sur sa page Facebook « Expos Sabermétriques » (Nouvelle fenêtre).

Baseball

Sports