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Un encadrement digne des pros pour les 67 d'Ottawa

Un groupe de joueurs de hockey écoutent un entraîneur
Les 67 d'Ottawa pendant un entraînement à la Place TD. Photo: Radio-Canada / Raphaël Tremblay
Kim Vallière

Devenir la meilleure organisation junior au pays. C'est la mission que les 67 d'Ottawa se sont donnée, il y a un peu moins de deux ans. À l'aube de leur premier match de séries éliminatoires, incursion dans l'environnement digne des équipes professionnelles qu'ils ont créé pour encadrer leurs joueurs.

Tout a commencé avec une liste. Lorsque André Tourigny et James Boyd ont été engagés à titre d’entraîneur-chef et de directeur général des 67 en juin 2017, les propriétaires de l’équipe leur ont demandé ce dont ils avaient besoin pour devenir une équipe dominante.

Ça passe par le développement des joueurs, qu’est-ce qu’on peut faire pour être en avant de la parade? raconte Tourigny, qui dirige sa troisième équipe junior.

La réponse : l’embauche à temps plein d’un spécialiste des habiletés, d’un entraîneur de conditionnement physique et d’une conseillère en éducation. Rien n’est laissé au hasard, de l’utilisation de la technologie à la nutrition, en passant par la préparation physique.

C’est très innovateur. On peut se comparer à certaines équipes de la Ligue nationale de hockey pour tout ce qu’on amène qui est à l’entour de l’équipe.

André Tourigny, entraîneur-chef des 67 d'Ottawa

La façon dont ils nous traitent, c’est définitivement une atmosphère de pros, indique d’entrée de jeu le gardien des 67, Michael DiPietro, après un entraînement à la Place TD.

Je pense qu’aucune autre équipe a tout ça. Je pense que c’est ce qui nous sépare des autres, renchérit l’attaquant Sasha Chmelevski.

Ils éliminent les excuses pour nous permettre de juste jouer.

Michael DiPietro, gardien des 67 d'Ottawa

Tout juste 21 mois après le début du règne Tourigny/Boyd à Ottawa, l’équipe a connu une saison historique et a terminé au premier rang du classement général de la Ligue de hockey de l'Ontario (OHL). L’organisation des 67 prend en charge tout ce qui touche le hockey de près ou de loin — et sa recette donne déjà des résultats.

Des joueurs de hockey font passer une rondelle autour d'un bâton.Les 67 d'Ottawa pendant un entraînement d'habiletés Photo : Radio-Canada

Ateliers d'habiletés

Deux fois par semaine, Derek Miller et ses assistants tiennent des séances centrées sur les habiletés individuelles des joueurs après les entraînements de l’équipe. Des exercices de maniement de la rondelle, de lancers et de patinage sont adaptés aux besoins de chaque athlète.

Le directeur du développement des joueurs et de la performance des 67 constate des progrès importants. Le but ultime est qu’ils se sentent plus confiants sur la glace et que les habiletés qu’ils avaient au départ se sont améliorées, explique Miller, qui a lui-même joué au hockey pendant 25 ans.

Conditionnement physique

Le travail ne s’arrête pas sur la glace pour les joueurs des 67. Après chaque entraînement et match à domicile, ils sont pris en charge par un entraîneur de conditionnement physique.

Nous voulons faire d’eux des athlètes plus forts et plus mobiles, explique Sean Young, qui travaille aussi avec des joueurs de la Ligue nationale de hockey pendant l’été.

J’ai vraiment l’impression que mon jeu s’est amélioré depuis l’an passé en raison du temps que nous passons dans le gym, mentionne Chmelevski, un espoir des Sharks de San José.

Les joueurs n’ont aucun doute : leur travail en salle de musculation donne des résultats sur la glace. C’est vraiment bon pour la troisième période, raconte le défenseur Merrick Rippon, qui croit que l’équipe a plus d’énergie en fin de match que son adversaire.

Des jeunes hommes font la plancheLes joueurs des 67 d'Ottawa pendant un entraînement en salle Photo : Radio-Canada

Nutrition

Tu peux avoir une formule 1, si tu n’as pas de gaz dans le réservoir, ça ne fonctionne pas, explique Tourigny pour imager la raison pour laquelle Sean Young s’occupe également de la nutrition du club junior.

Un restaurant local concocte des repas équilibrés qui sont livrés à l’aréna pour les joueurs après les entraînements. Lorsqu’ils disputent des matchs sur la route, la fiancée de Young appelle dans les restaurants à l’avance pour déterminer des menus.

Je suis chanceux, j’ai pu apprendre des entraîneurs des athlètes [de la LNH] que j’entraîne pendant l’été. Nous essayons d’imiter ce qu’ils ont. Évidemment, nous n’avons pas le même budget, explique celui qui gère aussi les suppléments et les vitamines qui sont pris par ses protégés.

Un jeune homme prend un téléphone dans un étui sur une porteNikita Okhotyuk reprend son téléphone après l'entraînement des 67 d'Ottawa Photo : Radio-Canada

Technologie et leadership

L’entraîneur-chef des 67 est toujours à la recherche d'innovations pour pourraient aider l’encadrement de ses joueurs, comme des applications mobiles qui aident à la communication entre les membres de la formation.

Tourigny a aussi instauré une politique sans téléphone cellulaire. Lorsque les joueurs des 67 arrivent à l’aréna, ils déposent leur appareil mobile dans un étui prévu à cet effet sur la porte du bureau des entraîneurs.

Le principe est simple. Les 67 sont une famille, commence l’homme de hockey de 44 ans. Quand tu croises la porte, ce qui est important, c’est ta famille. Si tu n’es pas capable pendant trois heures de ta tante, ta blonde ou ta mère, si tu n’es pas capable de te concentrer sur tes coéquipiers, il y a un problème.

Des ateliers sur le leadership sont aussi offerts mensuellement aux joueurs, qui bénéficient également d’accompagnement soutenu dans leur parcours scolaire.

Investissements et dividendes

Combien un tel environnement coûte-t-il? C’est significatif, se contente de répondre James Boyd. Le directeur général refuse de mettre un nombre sur les ressources investies dans son équipe par le Ottawa Sports and Entertainment Group (OSEG), qui possède aussi le Rouge et Noir et le Fury d'Ottawa.

Les joueurs reçoivent plus que n’importe qui d’autre au Canada, selon ce que je comprends, après avoir parlé avec des collègues à travers le pays, poursuit Miller.

Les dirigeants reçoivent souvent les commentaires positifs de recruteurs de la LNH et d’agents de joueurs qui remarquent que l’environnement mis en place à Ottawa donne des résultats probants.

Les joueurs de l’équipe ont livré la marchandise en saison régulière et ils voudront continuer de le faire pendant la grande danse du printemps.

Quand on reçoit beaucoup, les attentes sont grandes, conclut Michael DiPietro, qui gardera les buts pour les 67 pendant les séries éliminatoires, qui débutent avec un affrontement contre les Bulldogs de Hamilton, dès vendredi.

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