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Gabriel Girard quitte l'équipe de longue piste chinoise

Gabriel Girard

Gabriel Girard

Photo : Gabriel Girard

Michel Chabot

L'entraîneur de patinage de vitesse sur longue piste Gabriel Girard a mis fin à son association avec la Chine après une seule saison. Il devait pourtant travailler avec elle jusqu'aux Jeux de 2022.

« J’y pense depuis plusieurs mois, mais je pense que ç’a surpris mes employeurs, raconte Girard au téléphone, depuis Calgary. Ils m’ont communiqué par la suite qu’ils étaient contents de ce qu’ils avaient pu apprendre pendant cette année-là, de la façon dont nous avons échangé. Mais comme je leur ai expliqué, c’était une décision irréversible. »

Engagé en mai dernier par la directrice et entraîneuse-chef du programme chinois, Xiuli Wang, Girard avait accepté le poste de responsable du recrutement et du développement.

« J’avais de grosses attentes quand je suis allé travailler avec la Chine, dans ce programme qu’on m’avait vendu, explique-t-il. La cerise sur le sundae c’est que j’allais être basé au Canada, à Calgary, puisque la Chine n’a pas encore son anneau de glace pour Pékin 2022. Si on m’avait offert simplement un poste d’adjoint en Chine, j’aurais dit non. Tranquillement, ça s’est un peu tourné vers ça. Une fois, j’ai même passé 40 jours consécutifs à Changchun. »

Au départ, l'homme de 34 ans croyait que son expertise de huit années dans près de 10 pays allait être exploitée par la Chine et que sa vision du développement allait être mise de l’avant. Mais les choses ne se sont pas déroulées comme il le souhaitait.

« J’ai été pris de court qu’on me demande d’ajouter à la formule chinoise, alors qu’on me disait que j’allais pouvoir construire quelque chose, recruter ceux que je jugeais potentiellement intéressants pour 2022 et les convertir à la pyramide de développement. Ça ne s’est pas avéré possible », ajoute-t-il.

On m’envoyait des athlètes et quand eux jugeaient qu’ils étaient prêts, ils les prenaient. C’est beau un athlète qui progresse après trois ou quatre mois, mais est-il prêt à passer à l’étape suivante? J’ai eu des surprises comme ça au quotidien.

Gabriel Girard

Spécialiste des longues distances, l’entraîneur originaire de Portneuf avait de belles ambitions pour les Chinois, après avoir notamment aidé l’Allemand Patrick Beckert à monter sur le podium du 10 000 m lors des mondiaux de 2017.

« La Chine n’a aucun historique de succès en haut de 1000 mètres, donc j’étais en droit de penser que ce que j’allais apporter allait contribuer à un changement vers le succès », fait-il valoir.

Aucune amertume

Le jeune entraîneur affirme que l’expérience a néanmoins été enrichissante, et il n’en sort pas amer.

« Je leur souhaite du bien, dit-il. S’ils continuent, ça va finir par s’enligner. »

Gabriel Girard regarde maintenant vers l’avant et est déjà en quête de nouvelles occasions.

« En ce moment, je suis en discussion avec deux ou trois pays. Mais tant que l’encre n’est pas séchée sur un bout de papier, je considère qu’il n’y a rien. »

C’est la raison pour laquelle il a repris son métier d’enseignant dans une école primaire francophone de Calgary, lundi, au lendemain de la fin de son mandat avec l’équipe chinoise.

Avec sa femme, Girard compte rester au moins une année de plus en Alberta. Il pourrait revenir au Québec par la suite d'autant plus que Montréal se dotera d’un anneau de glace à la fin de l’année et que la construction du complexe intérieur à Québec sera terminée en 2020.

« 5000 et 10 000 m chez les hommes et 3000 et 5000 m chez les femmes, ce ne sont pas des distances très fonctionnelles au Québec, pourtant il y a vraiment du potentiel. Peut-être qu’il y a aura une ouverture d’ici 2022. »

Patinage de vitesse

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