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Une semaine cruciale pour le Canadien

Phillip Danault (à droite) tente de soutirer la rondelle à Jonathan Toews.
Phillip Danault (à droite) tente de soutirer la rondelle à Jonathan Toews. Photo: Getty Images / Minas Panagiotakis
Alexandre Gascon

La production à forces égales, l'une des qualités du Canadien depuis le début de la saison, est devenue sa principale lacune. Et pour retrouver cette touche, il faudra « s'amuser et revenir à la base ».

Au cours des 7 derniers matchs, le Tricolore a réussi 10 buts à cinq contre cinq si on enlève la réussite de Max Domi dans un filet désert, soit une moyenne de 1,43 but par rencontre.

Il s’agit presque de la moitié de la production dans ce département de l’ensemble de la saison avant cette séquence noire (2,6).

En deux semaines, Montréal a chuté du 6e au 10e rang. Et lorsque vous y ajoutez les carences largement documentées en avantage numérique, les récents déboires du CH s’expliquent d’eux-mêmes.

Avec seulement 3 victoires en 8 matchs depuis le début du mois de mars, les hommes de Claude Julien ont glissé à l’extérieur des équipes repêchées, devancés de trois points par les Blue Jackets.

Pas question de baisser les bras évidemment, répondent-ils à l’unisson.

« On a marché comme ça toute l’année. Contre les attentes, contre un peu tout le monde », a lancé Phillip Danault.

« On est un groupe qui a tellement une bonne chimie hors glace et sur glace. Les derniers matchs, on s’est éloignés de ça, on jouait nerveusement. Ça va être la différence pour les prochains matchs. Il faut s’amuser. On n’est pas à trois points des séries pour rien. On a travaillé fort toute l’année et ça ne va pas changer », a ajouté le Québécois.

La tâche s’annonce toutefois compliquée.

Aussi bénigne puisse paraître cette avance de trois points, elle signifie néanmoins que le Canadien devra remporter deux matchs de plus que Columbus d’ici la fin de l’année. Les Blues Jackets auront préséance en cas d’égalité en raison du nombre de victoires enregistrées avant les tirs de barrage.

Donc, si la bande de John Tortorella devait simplement jouer pour ,500 (5-5-0), le Tricolore sera condamné à gagner 7 de ses 10 derniers matchs avec des adversaires tels que le Lightning, les Maple Leafs, les Jets, les Capitals, les Islanders et lesdits Blue Jackets.

« On n’est pas finis ici. On a perdu un match qu’on aurait peut-être dû gagner [contre Chicago, NDLR]. Le gardien de l’autre côté a été incroyable. On va se battre jusqu’à la toute fin pour tout donner et faire partie des séries. Ça ne change pas. Cette équipe veut gagner », a indiqué Julien après l’entraînement lundi.

Le Canadien continue à contrôler une large part des tirs tentés au cours d’un match et est encore 3e dans toute la ligue pour le taux de possession à 57,19 %.

« [Contre Chicago], on a eu 50 lancers et ils en ont eu 20. C’est difficile. Qu’est-ce qu’on peut faire d’autre? Je ne sais pas. On pourrait profiter de nos occasions autour du filet. Je ne sais pas si les gars sont nerveux, mais peut-être relaxer un peu avec nos chances de marquer. Sauf qu’on touche des poteaux. C’est vraiment une question d’un pouce par-ci, un pouce par-là », selon Jordan Weal.

L’impact des nouveaux venus

Plusieurs ont reproché à Marc Bergevin son inactivité à la date limite des échanges. Pourtant, le directeur général a tenté ce qu’il a souvent réussi de mieux pendant son règne : rafistoler sa formation par des acquisitions mineures en fouillant parmi les joueurs rejetés par d'autres formations pour espérer y dénicher un diamant brut.

On trouve malheureusement plus souvent des Dwight King que des Paul Byron dans ce genre d’opération.

Ainsi, quatre nouveaux joueurs sont entrés dans le vestiaire et trois d’entre eux sont utilisés abondamment.

Difficile de croire que ces joueurs de soutien ont eu un impact sur la fameuse « chimie » de l’équipe tant évoquée. On s’étonne tout de même de voir le CH au 25e rang de la LNH depuis le jour limite des échanges, le 25 février (4-6-0).

Nicolas Deslauriers attend son tour depuis 10 matchs, Charles Hudon depuis 12, et Matthew Peca a été laissé de côté lors des 9 dernières rencontres. Il est d’ailleurs le seul des trois à avoir joué depuis l’arrivée de Weal.

À son premier match dans l'uniforme du Tricolore, Jordan Weal a déjoué le gardien des Kings.À son premier match dans l'uniforme du Tricolore, Jordan Weal a déjoué le gardien des Kings. Photo : The Associated Press / Marcio Jose Sanchez

« Ce n’est pas facile pour les joueurs de ne pas jouer, a convenu l’entraîneur, mais c’est ainsi. Les équipes ont à gérer ça partout. On l’a fait avant. Au bout du compte, ce qui arrive n’a rien à voir avec les nouveaux gars. »

Nate Thompson n’est certes pas une dynamo à l'attaque, mais Julien apprécie particulièrement son apport défensif, tout comme la stabilité que lui procure Christian Folin à l’arrière.

Pour sa part, Weal a été l’attaquant le plus utilisé par Julien en troisième période contre Chicago et le deuxième au total.

Clairement, le petit attaquant a gagné la confiance de son patron.

« C’est évident à quel point il a bien joué. Il a fait une différence sur l’avantage numérique pour contrôler la rondelle et prendre de bonnes décisions. On passe plus de temps en zone offensive, et on obtient des chances, même si on n’a pas marqué », a expliqué Julien à propos du numéro 43.

« Ils sont motivés autant que nous autres. Ce sont tous de bons gars et ils fittent bien dans la chimie. C’est important, parce qu’on est un groupe serré », nous a encore rappelé Danault.

L’on verra cette semaine s’ils se tiennent les coudes assez serrés pour traverser le champ de mines qui attend l’équipe à Philadelphie, à Montréal contre les Islanders et les Sabres et face aux Hurricanes en Caroline.

Le Tricolore ne pourra pas se qualifier pour les éliminatoires cette semaine, mais il pourrait s’en exclure.

En rafale

Plusieurs joueurs traversent une léthargie, dont Danault qui a amassé seulement 6 passes à ses 16 derniers matchs. Il connaît malgré tout la meilleure production de sa carrière.

Le cas de Jonathan Drouin, toujours dépêché à la gauche de Jesperi Kotkaniemi au sein du troisième trio, est plus inquiétant. Le buteur des Laurentides a été blanchi lors de 15 de ses 16 dernières rencontres. La complicité ne s’est pas encore fait sentir avec le jeune centre finlandais qui peine lui aussi à trouver le fond du filet ces temps-ci.

Julien a d’ailleurs justifié sa décision de clouer Kotkaniemi au banc contre Chicago (5 présences lors des deux dernières périodes).

« C’est naturel. Si tu fais jouer un joueur et qu’il fait des erreurs qui risquent de te coûter des buts, est-ce qu’on va pardonner à l’entraîneur en disant : "On n’a pas fait les séries, mais les jeunes joueurs ont joué?" Non. Il y a des choses qu'il faut faire à un moment donné. Ce n’est pas la fin du monde. Kotkaniemi va être un grand joueur ici. Il a 18 ans, c’est sa première année, on n’en fait pas un plat. Ça fait partie de l’apprentissage », a détaillé l’entraîneur-chef.

Logique, mais loin du discours du début de saison où l’on assurait qu’on allait vivre avec les erreurs de la belle jeunesse, qui a tant à apprendre.

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