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Qualifiées pour la finale, des hockeyeuses doivent céder leur place à une équipe masculine

Patins et bâton de hockey
Patins et bâton de hockey Photo: Radio-Canada
Pierre Marceau

L'équipe féminine de hockey Les Rafales a réussi à se qualifier pour la finale régionale dans la catégorie pee-wee C masculin, mais Hockey Mauricie a décidé que les joueuses ne pourront pas y participer.

C’est plutôt l'équipe de garçons qu’elles ont pourtant éliminée en demi-finales qui sera de la finale régionale, le week-end prochain.

C’est ainsi que le règlement est fait, explique Céline Trudel, directrice administrative de Hockey Mauricie.

L’équipe, qui joue au sein d'une catégorie masculine, est composée de hockeyeuses d’un peu partout en Mauricie et a connu une très bonne saison.

Le gagnant de la finale obtient normalement un laissez-passer pour les championnats interrégionaux. Par contre, les filles ne peuvent participer aux championnats interrégionaux dans cette catégorie, réservée aux garçons. Ce qu’elles savaient déjà avant même que la saison ne débute, souligne Céline Trudel.

La directrice administrative de Hockey Mauricie précise que l’association a décidé de faire jouer les filles dans une ligue de garçons parce que le bassin de joueuses n’est pas assez grand pour avoir plusieurs équipes en région.

Pourquoi alors laisser les filles faire les séries si en bout de piste elles ne peuvent se rendre plus loin? C’est la question que plusieurs parents se sont posée depuis qu’ils ont appris que leurs filles ne pouvaient plus disputer la finale.

C’est que les filles ont un gros tournoi qui s’en vient, la Coupe Dodge, répond Céline Trudel. La saison dans la ligue de garçons se termine le 28 février. Pour ne pas que les joueuses se retrouvent avec cinq à six semaines sans match, Hockey Mauricie leur a permis de jouer les séries.

Des joueuses et des parents déçus

L’entraîneur de l'équipe, Pierre Gingras, a appris dimanche soir que son équipe ne pourrait aller plus loin dans les finales régionales. C’est sûr que nos filles seront déçues. Ma fille est la gardienne de but et quand je lui ai appris ça, elle n’était pas contente. On aurait aimé ça, faire cette finale-là. 

Pierre Gingras refuse de partir en guerre contre Hockey Mauricie, préférant plutôt se concentrer sur le tournoi à venir. « L’an passé à la Coupe Dodge, on était dans la catégorie atome et on a terminé avec la médaille d’argent. »

L’entraîneur pense que son équipe pourrait revenir avec l’or cette année.

Dans une réaction écrite, la mère d’une joueuse des Rafales, Nathalie Houle, se désole de la tournure des événements. Mon constat est qu’il est facile de permettre aux filles de faire et de finir leur saison avec des garçons pourvu qu’elles ne gagnent pas.

Elle-même joueuse de hockey dans une ligue adulte féminine et entraîneuse d’une équipe de hockey scolaire, Nathalie Houle dit avoir su depuis le début de la saison que les Rafales ne pourraient aller plus loin que les finales régionales dans des tournois avec des équipes masculines.

Nous avons donc cumulé les victoires pour y accéder et quelle ne fut pas notre surprise d’apprendre après notre victoire de samedi dernier que nous étions évincées de NOTRE finale, a-t-elle rapporté.

Est-ce dire que parce que nous sommes des filles, nous ne pouvons pas être les meilleures de notre région?

Nathalie Houle, mère d'une joueuse des Rafales

Un manque d’équité, selon Danièle Sauvageau

La directrice générale de l’équipe de hockey féminin des Carabins de l’Université de Montréal, Danièle Sauvageau, estime que Hockey Mauricie a mal géré la participation d’une équipe féminine au tournoi.

Dans le cas présent, on a manqué de transparence, on a manqué d’humilité et on a aussi manqué d’équité, a critiqué celle qui a aussi été directrice générale et entraîneuse de l'équipe canadienne de hockey féminin médaillée d'or aux Jeux olympiques de Salt Lake City, en 2002. Si cette équipe-là est capable de jouer et qu’on l’a acceptée pour jouer dans le tournoi, les dirigeants doivent avoir l'ouverture de leur permettre de continuer.

Si on pouvait parler enfin simplement de jouer au hockey, d’arrêter de dire que ce sont des garçons ou des filles, alors que ce sont des équipes de hockey, des jeunes. On a le devoir de leader et d’être des modèles.

Danièle Sauvageau, directrice générale de l'équipe de hockey féminin des Carabins de l'Université de Montréal

Danièle Sauvageau croit que l’histoire des Rafales est symptomatique d’une réalité retrouvée à la grandeur du Québec.

Les jeunes joueuses, on veut les développer au maximum, rappelle l’entraîneuse d’expérience. Si dans certaines régions ça veut dire de jouer avec les garçons, bien ce sera ça. Maintenant, si on veut aussi développer des structures pour le hockey féminin, il faut s’assurer qu’elles soient les meilleures possible.

Avec la participation de Michelle Raza et Marilyn Marceau

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