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Le meilleur est peut-être encore à venir pour Bianca Andreescu

Bianca Andreescu avec le trophée du tournoi d'Indian Wells
Bianca Andreescu à Indian Wells Photo: Getty Images / Yong Teck Lim
Radio-Canada

Bianca Andreescu a surpris la planète tennis avec un couronnement improbable à Indian Wells dimanche. Pour l'équipe qui l'entoure et Tennis Canada, cette performance éclatante n'est qu'un avant-goût de ce qui l'attend.

L’Ontarienne, qui occupait la 243e place à la WTA en octobre, est maintenant 24e. Une progression fulgurante qui a pris à peu près tout le monde par surprise, y compris Tennis Canada.

« C’est tout à fait impressionnant. Elle nous en a mis plein la vue, a expliqué Eugène Lapierre, vice-président de Tennis Canada, à RDI Matin. C’est un peu inespéré. On s’attendait à beaucoup d’elle depuis quelques années, mais à ce point… Elle nous a vraiment surpris. »

En finale à Indian Wells, Bianca Andreescu a démontré l’étendue de son talent contre la vétérane Angelique Kerber, gagnante de trois tournois du grand chelem. La joueuse d’origine roumaine a combiné vigueur et finesse pour devenir la plus jeune championne à Indian Wells depuis Serena Williams en 1999.

Elle a des armes, elle frappe dur. Je n’ai pas vu beaucoup de filles cette année qui frappent avec une telle puissance. Elle est capable de varier ses coups aussi.

Eugène Lapierre

Selon Louis Borfiga, vice-président haute performance à Tennis Canada, étant donné sa maîtrise technique et son potentiel physique, le meilleur est encore à venir pour la jeune joueuse.

« Elle a fait ce que les plus grandes championnes ont fait et il n’y a pas de raison qu’elle ne soit pas la prochaine numéro 1 mondiale dans quelques années, a-t-il déclaré. Il n’y a aucune raison, vu comment elle joue. Puis, ce qu’elle est en train d’accomplir, il faut être vraiment ambitieux pour elle et vraiment y croire très fort. »

Jusqu’où ira Bianca Andreescu?

Un constat que partage l'ancien entraîneur d'Andreescu, André Labelle, qui a travaillé avec ce prodige pendant plusieurs années, jusqu'à la fin de l'été 2018.

« Elle a toujours eu une ambition de réussir au plus haut niveau, et puis des résultats comme elle a eus cette semaine, ça n'arrive pas du jour au lendemain, explique-t-il. Il y a eu un build-up qui est arrivé. On est un peu surpris de la vitesse que ça se passe, elle a quand même développé de la confiance en elle et elle réalise qu'elle est capable de jouer contre les meilleures au monde. »

Pour Labelle, qui discute avec son ancienne élève encore régulièrement, le principal défi sera de gérer la pression. Andreescu n'aura pas à chercher bien loin pour trouver un exemple, sa compatriote Eugenie Bouchard a elle aussi connu un début de carrière fulgurant.

C'est important de la garder bien terre à terre, et elle veut rester comme ça. C'est une fille qui ne s'emballera pas, elle sait que d'une journée à l'autre, ça peut changer. Je pense peut-être même que ce qu'Eugenie a vécu, qui a été très médiatisé, ça va l'aider elle à ne pas faire les mêmes erreurs.

André Labelle

Bruneau, le professeur

L’entraîneur d’Andreescu, Sylvain Bruneau, était fier de sa protégée après la finale.

« On a de grandes ambitions, car elle a un super talent. Elle a un tennis vraiment complet. Mentalement, c'est une guerrière, elle n'a pas peur. Elle y va dans les moments importants, a souligné Bruneau après la finale. Mais il y a plein de choses à améliorer. »

Pour Eugène Lapierre, l’apport de Bruneau aux récents succès de la Canadienne est indéniable. Rappelons que l'entraîneur québécois a choisi de ne plus être le capitaine de l'équipe canadienne de Fed Cup pour se concentrer sur la carrière d’Andreescu.

« Il était un peu ambivalent au départ. Il s’est tellement investi dans le groupe de joueuses canadiennes de Fed Cup, dit Lapierre. Ça lui faisait quelque chose de quitter ça. »

Force est d’admettre que sa décision a porté ses fruits.

« Je ne sais pas si tout le monde a vu le match d’hier, mais il a joué un rôle très important dans la victoire », a rappelé Lapierre.

Dans la manche ultime, au moment où Andreescu semblait perdre le contrôle du match en raison de crampes et d’une douleur au bras droit, Sylvain Bruneau s'est rendu sur le terrain pour parler à sa joueuse.

« Elle était à bout physiquement, elle cherchait des solutions, explique Eugène Lapierre. Il a trouvé les bons mots pour se recentrer sur son objectif, sur sa stratégie et surtout son désir de vaincre. C’est ainsi qu’elle a pu se dépasser par la suite. C’était toute une démonstration d’entraîneur. »

Passée par le Centre national d'entraînement à Montréal, comme Denis Shapovalov et Félix Auger-Aliassime, Bianca Andreescu a franchi un cap à la fin de 2018.

« Côté maturité, elle a beaucoup progressé dernièrement, parce que l'année dernière, on trouvait qu'au contraire, elle avait des progrès à faire sur ce plan », a mentionné le Français Nicolas Perrotte, son préparateur physique à Indian Wells.

« Elle a une belle marge de progression physique quand on sait que la maturité physique, c'est autour de 24 ans. Mais Bianca est déjà super explosive, super rapide, et dispose d'une bonne science du jeu », a-t-il ajouté.

Au tournoi de Miami, où elle disputera son match de premier tour face à la Roumaine Irina-Camelia Begu, la joueuse de Mississauga sera attendue de pied ferme.

Sa préparatrice physique à Miami, la Québécoise Virginie Tremblay, assure que l'accent sera mis sur sa récupération. Andreescu a déjà joué 31 matchs cette saison.

« On n'aura pas beaucoup de temps pour les traitements, pour la convalescence, a-t-elle expliqué. On va surtout travailler en prévention avec des étirements. »

Bianca Andreescu, vue par sa préparatrice physique Virginie Tremblay
Avec les informations de Agence France-Presse

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