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Quand le sentiment d’urgence ne suffit plus

Les Blackhawks de Chicago célèbrent un but contre le Canadien.
Les Blackhawks de Chicago célèbrent un but contre le Canadien. Photo: USA Today Sports
Alexandre Gascon

Le Canadien avait promis de jouer avec la rage au cœur, et il faudrait faire preuve de mauvaise foi pour ne pas avouer que ce fut le cas contre les Blackhawks. Le résultat final est d'autant plus inquiétant.

Les joueurs se sont creusé la tête pour essayer d’expliquer leurs déboires. 48 tirs au filet, dont 35 contre 13 au cours des deux derniers tiers du match, n’ont pas suffi pour déjouer Corey Crawford.

Quatre avantages numériques non plus, remarquez. Mais à ce sujet, se trouve-t-il un seul partisan, si optimiste soit-il, pour espérer autre chose?

Timorée, prévisible, apeurée, cette supériorité occupe le 14e rang parmi les moins productives de l’histoire de la LNH à 11,9 %. Depuis le 14 février et le séjour à Nashville, point tournant de la campagne montréalaise, elle a réussi 2 buts en 40 occasions ou, si vous préférez, 5 % d’(in)efficacité.

S’il maintient sa cadence, le Canadien terminera la saison avec 30 buts en avantage numérique, ce qui représenterait la troisième pire prestation de la ligue pour une saison de 82 matchs.

Phillip Danault (à droite) tente de soutirer la rondelle à Jonathan Toews.Phillip Danault (à droite) tente de soutirer la rondelle à Jonathan Toews. Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis

Lorsque viendra le temps de faire l’autopsie de cette saison fascinante, la cause principale du décès sera facile à identifier.

« Tous les gars qui jouent en avantage numérique doivent se concentrer, ça va être important d’ici la fin. En séries, on sait à quel point les unités spéciales jouent un grand rôle », a fait valoir Jeff Petry.

Si séries il y a, ce qui semble de moins en moins probable.

Les Blue Jackets et les Hurricanes ont amassé des points. Avec 10 matchs à jouer et un calendrier qui se complique, il sera difficile de renverser la tendance.

Pour la première fois de la saison, on a vu des regards désemparés, une confiance ébranlée jusque dans ses fondations.

Lorsque les journalistes ont pénétré dans la chambre des joueurs, seuls Artturi Lehkonen et Jordan Weal attendaient sagement près de leurs casiers. Deux joueurs de soutien qui se sont retrouvés sous les feux de la rampe pour pallier les refus de certains de leurs coéquipiers.

Et ces deux soldats, tout comme Shea Weber, cherchaient les mots pour tenter de trouver une explication.

« C’est une de ces soirées où l’on n'est pas arrivés à marquer. C’est frustrant parce que tous les matchs sont importants présentement. Je trouve qu’on a eu un effort de 60 minutes, tout le monde s’impliquait, mais on a été incapables de mettre la rondelle dans le fond du filet », a estimé Weal.

« Il faut des buts. On ne convertit pas nos chances », s’est contenté de déclarer le Finlandais.

« On est acculés au mur, il faut trouver une façon de gagner », ont été les mots du capitaine.

Des combinaisons stériles

Après le match, le calme de l’entraîneur dans la tempête contrastait avec la frustration palpable dans le vestiaire, mais Claude Julien aussi semble en proie au doute.

Certaines incongruités ont frappé de plein fouet l’observateur attentif.

Jordan Weal a été le deuxième attaquant le plus utilisé à 19 min 4 s derrière Max Domi, dont près de 4 minutes en avantage numérique au sein de la première vague d’attaque. Il a effectué 10 présences sur la glace au cours de la seule troisième période, soit presque autant que Jesperi Kotkaniemi dans tout le match (12).

L’utilisation de Nate Thompson aussi, sur la patinoire avec 4 minutes à jouer et un retard de 2 buts, a de quoi faire sourciller.

Le quatrième trio a, il faut l'avouer, disputé un match solide dans l’ensemble, mais l’on entend souvent qu’une équipe ira aussi loin que ses meilleurs joueurs. Loin de nous l’idée d’être irrespectueux, mais ces deux-là ne représentent pas l’élite du Tricolore.

Canadien - Blackhawks: Claude Julien commente la défaite du CH

Jonathan Drouin a aussi connu sa part d’ennuis. Le tandem Kotkaniemi-Drouin, lorsque réuni, a inscrit 2 buts à 5 contre 5 en près de 90 minutes de jeu cette saison.

Et il y avait Lehkonen au sein du deuxième trio avec Max Domi et Andrew Shaw. Lehkonen qui a obtenu deux chances de marquer en or, sans les convertir.

« Juste parce qu’il n’a pas marqué, je ne crois pas que c’est une raison pour remettre en question sa présence là », a expliqué Julien.

Peut-être. Mais il compte un but en 34 matchs…

Artturi LehkonenArtturi Lehkonen Photo : USA Today Sports

Julien tente toutes les combinaisons possibles, dirait-on, pour faire jaillir l’étincelle et rallumer le feu. Rien n’y fait pour le moment.

« C’est peut-être relié à la pression que les joueurs ont de la difficulté ou bien c’est un moment de la saison comme ça et ce n’est vraiment pas le bon timing. D’autres équipes passent à travers la même chose, mais elles sont mieux placées que nous. Tu regardes Toronto. Boston qui en a perdu trois d’affilée. Ces choses-là arrivent, mais on n’est pas en position pour passer à travers ça, le timing n’est vraiment pas bon. L’effort est là, les gars veulent gagner, mais quand tu n’exécutes pas, ça ne paraît pas aussi bien », a résumé l’entraîneur-chef.

Comme pris dans des sables mouvants, plus le Canadien se débat, plus il agite frénétiquement les jambes, plus il s’enfonce.

L’effort y est. La détermination aussi. Se peut-il simplement que le CH ait épuisé toutes ses ressources?

« C’est l’heure de jouer avec désespoir et de garder une attitude positive », a laissé tomber Carey Price.

C’est bien tout ce qu'il reste à faire, en effet.

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