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Kristel Ngarlem en marche vers Tokyo 2020

Kristen Ngarlem s'appuie sur une barre d'haltérophilie.


Radio-Canada.ca
L'haltérophile Kristel Ngarlem Photo: Radio-Canada / Alain Décarie
Jean-François Chabot

L'haltérophile montréalaise Kristel Ngarlem est rentrée de Las Vegas, la semaine dernière, avec trois médailles d'argent. Elle y a surtout fait un pas de plus vers son objectif olympique.

En prime, elle a obtenu une place aux Championnats panaméricains, le mois prochain, au Guatemala. Ceux-ci pourront lui ouvrir la porte des Jeux panaméricains, du 26 juillet au 11 août, à Lima, au Pérou, et ultimement aux Jeux olympiques de Tokyo en 2020.

Avec des barres de 96 kg à l’arraché, 128 kg à l’épaulé-jeté, l’athlète de 23 ans est aussi montée sur la deuxième marche du podium au cumulatif chez les 76 kg.

« Ce rendez-vous était important d’abord pour la qualification aux Championnats panaméricains, mais on y amassait aussi des points en vue d’une participation aux Jeux olympiques de Tokyo, l’an prochain. Je dois accumuler six bons résultats d’ici là. J’ai pris part aux mondiaux en novembre dernier et maintenant Las Vegas. Il m’en faut quatre autres d’ici 2020. »

C’est pour cette raison qu’une dizaine de membres de l’équipe nationale canadienne accompagnés de quatre entraîneurs se sont rendus à Las Vegas du 3 au 10 mars derniers.

Pour des questions de budget, de décalage horaire et de distance à parcourir, Kristel, comme une majorité d’athlètes d’ici, vont choisir les rendez-vous les plus près et les plus importants pour le classement mondial.

Sur la bonne voie

Si les Jeux olympiques devaient commencer demain matin, Kristel pourrait nous y représenter en vertu de son 8e rang récolté aux Championnats du monde tenus en novembre 2018, à Achgabat, au Turkménistan. Un an plus tôt, en 2017, elle s’était classée 7e à Anaheim.

À Las Vegas, elle est venue bien près de battre ses marques personnelles.

J’ai essayé des barres qui m’auraient permis de dépasser mon meilleur total à vie. Je les ai manquées, mais d’une belle façon si je peux dire. J’ai complété les mouvements presque en totalité. J’ai ressenti quelque chose de différent, comme une aisance avec ces charges-là. C’est pour ça que je suis très satisfaite de mon résultat.

Kristel Ngarlem

Elle se dit encouragée et elle croit pouvoir bientôt dépasser les 100 kg à l’arraché et les 130 kg à l’épaulé-jeté.

À titre comparatif, Kristel souligne que l’une meilleures au monde dans sa catégorie de poids, la Colombienne Leydi Solis, 4e aux derniers mondiaux, a soulevé des barres à 110 et 146 kg pour chacun des mouvements respectifs.

Kristel NgarlemKristel Ngarlem Photo : La Presse canadienne / Julio Cortez

Les filles en force

En consultant les résultats enregistrés par les Canadiens à Las Vegas, on note une récolte plus qu’intéressante.

Les garçons ont mis la main sur deux médailles d’or avec les victoires d’Édouard Frève-Guérin chez les moins de 73 kg, et celle d’Alex Bellemarre chez les moins de 81 kg.

Pour ne pas être en reste, avec les succès de Kristel, les filles ont amassé un total de six récompenses, dont quatre médailles d’or : Amanda Braddock (49 kg), Rachel Leblanc-Bazinet (55 kg), Maude Charron (64 kg) et Maya Laylor (71 kg).

Comment explique-t-elle cette montée en flèche de l’haltérophilie féminine au Canada?

Tout le monde me dit que l’haltérophilie est un sport de gars. Mais les filles réussissent bien. À Las Vegas, on a fini deuxièmes, par équipe, derrière les États-Unis. De plus en plus de femmes pratiquent l’haltérophilie depuis le début des années 2000. L’arrivée du CrossFit a aussi contribué à attirer un grand bassin d’individus.

Kristel Ngarlem

Elle a confiance que le Canada pourra obtenir de bons résultats aux prochains Jeux olympiques.

En se basant sur le nombre d’adeptes au pays, elle reconnaît qu’il sera plus facile pour les filles que pour les garçons d’obtenir leur billet pour Tokyo.

« Parce que le système de qualification a changé. Auparavant, chaque pays avait un contingent d’athlètes. Il revenait alors aux athlètes de chaque pays de mériter l'une de ces places. Maintenant, chaque pays peut présenter 4 filles et 4 gars, mais la qualification s’obtient sur une base individuelle. Il faut se classer aux alentours du top 12 au monde pour aller aux Jeux. »

Si elle admet que sa vision est un peu optimiste, Kristel croit que le Canada pourrait avoir jusqu’à trois femmes haltérophiles à Tokyo en 2020.

Kristel Ngarlem et sa mère en 2015 à Toronto pendant les Jeux panaméricainsKristel Ngarlem et sa mère en 2015 à Toronto pendant les Jeux panaméricains Photo : Courstoisie Kristel Ngarlem

Inspiration et motivation

Celle qui a découvert son sport à l’âge de 10 ans en regardant le film Mademoiselle C, mettant en vedette Marie-Chantal Perron, s’y voit déjà.

Jusque-là dédiée au patinage artistique, Kristel s’était totalement identifiée à un personnage du film qui soulevait des poids et dont la mère souffrait d’une maladie dégénérative.

La maman de Kristel souffre de la sclérose en plaques. Le lien dans sa tête d’enfant de 10 ans était indéniable. Ça se passait en 2005.

Mais quel est donc ce plaisir qu'elle éprouve à soulever des barres plus lourdes que son propre corps?

C’est définitivement le dépassement de soi. Dans ce sport individuel, tu te retrouves seule face à cette barre, confrontée à une charge. C’est d’être capable de savoir jusqu’où mon corps est capable se rendre. C’est ça la beauté de ce sport. Les gens oublient souvent l’aspect mental. Même si tu as une équipe de préparateurs, quand tu montes sur le plateau, tu es seule, dans ta bulle. À cet instant, tout repose sur toi.

Kristel Ngarlem

Celle qui consacre jusqu’à neuf séances de trois heures, chaque semaine, à l’entraînement, se sent d’attaque.

Elle en a gros sur les épaules, mais elle respire la confiance.

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