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Ferrari a-t-elle vraiment un avantage? Le Grand Prix d'Australie apportera des réponses

Sebastian Vettel dans la Ferrari SF90 lors des essais d'hiver au circuit de Barcelone
Sebastian Vettel dans la Ferrari SF90 lors des essais d'hiver au circuit de Barcelone Photo: Getty Images / LLUIS GENE
Radio-Canada

À la lumière des essais d'hiver à Barcelone, l'équipe Ferrari est la favorite de ce début de saison de F1. En effet, sa SF90 a été la plus rapide. Mais de peu sur la W10 de Mercedes-Benz. Quelle équipe a le mieux travaillé à adapter sa voiture aux changements réglementaires? Melbourne apportera plusieurs réponses.

Ferrari avait dominé les essais d'hiver quand, au dernier jour, Lewis Hamilton s'est approché à 3 millièmes de seconde de Sebastian Vettel, avec les mêmes pneus. Alors, à Melbourne, au premier grand prix de la saison, les deux équipes se demandent laquelle sera devant l'autre dimanche.

« Il est difficile de savoir ce que tout le monde faisait pendant les essais, a dit Hamilton en conférence de presse jeudi. Nous en saurons plus dès la séance de qualification samedi. Mais quand nous disions que nous avions encore du travail à faire, ça n'était pas des bêtises. »

Quoi qu'il arrive, Mercedes-Benz a prouvé en 2018 qu'elle était capable grâce à ses ressources financières et humaines de passer à la vitesse supérieure en cas de mauvais début de saison.

« D'après ce que nous avons appris jusqu'ici, cette année sera encore plus dure, a dit le directeur de l'équipe, Toto Wolff. L'équipe qui s'adaptera le mieux et le plus rapidement gagnera. Nous avons prouvé par le passé que nous sommes rapides, souples et capables de réagir à tout. Nous sommes prêts. »

L'écurie allemande souhaite s'offrir en 2019 un sixième doublé d'affilée pilotes et constructeurs.

Après deux saisons solides, mais ponctuées d'erreurs en piste et en dehors, Ferrari a changé beaucoup de choses.

Mattia Binotto au muret du circuit de Barcelone pendant les essais d'hiverMattia Binotto au muret du circuit de Barcelone pendant les essais d'hiver Photo : Getty Images / Charles Coates

Pour commencer, son binôme de pilotes avec l'arrivée du Monégasque Charles Leclerc, 21 ans, aux côtés de Vettel, son directeur sportif avec la nomination de Mattia Binotto, ancien directeur technique promu grand chef, et même son directeur des relations avec les médias (par une directrice) pour casser la culture du secret entourant l'équipe.

« Notre tâche est d'essayer de rendre la vie difficile à des rivaux qui se sont avérés plus forts l'an dernier, a dit Binotto. Il est important de bien démarrer, en se rappelant qu'il y a 21 manches d'égale importance [...] Le moindre point peut compter. »

« Nous sommes mieux préparés, et commençons dans une meilleure position que l'an dernier, a assuré Vettel. L'état d'esprit et l'atmosphère dans l'équipe sont bons [...] Je ne pense pas que nous gagnerons ou perdrons le titre ici, mais j'espère que nous montrerons que nous avons la bonne voiture pour aller au bout. »

Le point d'interrogation concerne Leclerc. Peut-il dès cette saison marquer de gros points pour Ferrari, malgré la pression des médias italiens?

« Je ne pense pas à l'émotion et aux attentes, a expliqué Leclerc. Je me concentre sur mon travail. »

Le jeune homme a été promu chez Ferrari après une saison avec Alfa Romeo (Sauber).

Lance Stroll (Williams) derrière Charles Leclerc (Sauber)Lance Stroll (Williams) derrière Charles Leclerc (Sauber) Photo : Getty Images / WILLIAM WEST

Il a terminé la saison 2018 à la 13e place avec 39 points. Il sait qu'il pourra « disposer d'une voiture capable de gagner. C'est ce que tous les pilotes veulent », a-t-il rappelé.

Troisième équipe du trio de tête, Red Bull a laissé Renault pour un nouveau motoriste, Honda, aux performances jusque-là peu convaincantes.

Le patron de l'équipe, Christian Horner, et les pilotes Max Verstappen et Pierre Gasly soulignent les progrès de leur groupe propulseur et la bonne entente avec les ingénieurs japonais.

Si l'alliance porte ses fruits, Verstappen sera un adversaire dangereux. Dans la deuxième partie de la saison 2018, le Néerlandais est monté sept fois sur le podium, dont une sur la plus haute marche, en neuf courses.

« Il serait idiot de penser que je ne peux pas les battre », a-t-il lancé.

De nouveaux ailerons

Le changement réglementaire le plus visible de cette saison 2019 est d'ordre aérodynamique.

Graphique des changements aérodynamiques en 2019 : les ailerons bleus de 2018 et les ailerons rouges pour la nouvelle saisonGraphique des changements aérodynamiques en 2019: les ailerons bleus de 2018 et les ailerons rouges pour la nouvelle saison Photo : twitter

L'aérodynamique des voitures a été simplifiée pour faciliter l'écoulement de l'air et réduire les turbulences à l'arrière des voitures.

L'aileron avant a été épuré, notamment avec des dérives droites, et l'aileron arrière a été rehaussé. Cela permettra aux pilotes de se suivre de plus près et d'attaquer plus facilement.

Si l'intention était noble, le résultat pratique n'a pas complètement convaincu à Barcelone.

Le responsable du sport en F1, Ross Brawn, admet que les essais d'hiver n'ont pas prouvé hors de tout doute que le but avait été atteint, malgré les investissements consentis par les équipes pour se conformer aux règles. Red Bull parle d'un coût net de 15 millions de dollars américains.

Il faut dire que plusieurs équipes ont procédé à des modifications après les essais de Barcelone. C'est le cas notamment de Racing Point. Les voitures ne seront plus les mêmes.

Le circuit d'Albert Park à Melbourne n'est pas le plus favorable aux dépassements, mais permettra d'avoir une meilleure idée des forces en présence.

De nouveaux pilotes, de nouvelles couleurs

L'Australien Daniel Ricciardo est passé du bleu au jaune. Il est le plus gros transfert de l'hiver. Plusieurs doutent du bien-fondé de sa décision, qui l'a en tout cas rendu très riche.

Il aurait en 2019 le troisième salaire du plateau, avec 17 millions de dollars américains, derrière Lewis Hamilton (57 M$) et Sebastian Vettel (47 M$). Il devance maintenant son ancien coéquipier Max Verstappen (13,5 M$).

Après cinq saisons avec Red Bull (et avant cela chez Toro Rosso et HRT), il est maintenant chez Renault.

Éclipsé par Verstappen dans la Red Bull, Ricciardo, qui aura 30 ans le 1er juillet, veut voir s'il a plus de chances de devenir champion du monde en jaune.

Le constructeur français tentera encore de se rapprocher des meilleurs avant d'espérer viser les premières places dans un an ou deux.

Kimi Raikkonen dans l'Alfa Romeo (Sauber) à Barcelone durant les essais d'hiver Kimi Raikkonen dans l'Alfa Romeo (Sauber) à Barcelone durant les essais d'hiver Photo : Getty Images / Mark Thompson

Délaissé par Ferrari, le Finlandais Kimi Raikkonen est pour sa part retourné à ses premières amours dans l'équipe helvète de ses débuts, Alfa Romeo (Sauber).

Il sera un atout majeur pour l'équipe, en net progrès depuis qu'elle a été reprise par le Français Frédéric Vasseur à l'été 2017.

Deux pilotes font leur retour en piste ce week-end. Le Russe Daniil Kvyat, promu de Toro Rosso à Red Bull en 2015 puis rétrogradé en 2016 et remercié fin 2017, a été rappelé par l'équipe italienne par manque de candidats. Puis, le Polonais Robert Kubica revient comme titulaire avec Williams, huit ans après l'accident de rallye qui lui a laissé de lourdes séquelles au bras droit.

« C'est comme un deuxième début, a-t-il admis. C'est une chose de piloter une F1, c'en est une autre de le faire en course. Pendant toutes ces années, la course a changé, j'ai donc beaucoup à apprendre, mais j'ai hâte. »

Robert Kubica dans le garage de l'équipe WilliamsRobert Kubica dans le garage de l'équipe Williams Photo : Getty Images / GIUSEPPE CACACE

Son handicap sera scruté, particulièrement en début de course quand les pilotes doivent réagir au quart de tour au coeur du peloton pour gagner des positions.

Pourra-t-il se défendre à la régulière dans la FW42, clairement inférieure aux autres? L'hiver a été très difficile pour l'équipe Williams, qui s'est séparée de son directeur technique, Paddy Lowe, jugé responsable des déboires en 2018 et aux essais d'hiver de Barcelone.

Quatre pilotes débutants entreront en piste à Melbourne : l'Italien Antonio Giovinazzi (Alfa Romeo), 25 ans, les Britanniques Lando Norris (McLaren) et George Russell (Williams), 19 et 21 ans respectivement, et le Thaïlandais Alexander Albon (Toro Rosso), 22 ans.

Un point de plus

Pour la première fois depuis 1959, un point bonus sera accordé à l'auteur du meilleur tour en course et à son équipe s'il se classe parmi les 10 premiers. On verra si cela favorise le suspense en fin de course.

Une disposition similaire avait déjà été en vigueur de 1950 à 1959.

L'idée est intéressante, mais ne sera pas forcément décisive, ont estimé les pilotes lors de la traditionnelle conférence de presse du jeudi.

« Ce sont 21 points supplémentaires. Ce sera intéressant de voir comment les gens essaient de les prendre », a dit Hamilton.

« Cela pourrait ouvrir des scénarios intéressants si certaines voitures repassent aux puits pour installer des pneus neufs en fin d'épreuve », a expliqué Robert Kubica.

Vettel est sceptique. « On verra ce qui se passe lors des premières courses », a-t-il dit.

« Je ne pense pas que ce soit décisif », a dit Ricciardo.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Associated Press

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