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chronique

Oh, le beau tennis!

Félix Auger-Aliassime

Félix Auger-Aliassime

Photo : Getty Images / Yong Teck Lim

Guy D'Aoust

Il y avait déjà quelques années qu'on sentait la montée du tennis canadien. Cette progression se concrétise sous nos yeux avec l'émergence de Bianca Andreescu et de Félix Auger-Aliassime. Mais qui aurait cru que ce serait si beau?

J’ai regardé la première semaine du tournoi d’Indian Wells comme je n’avais pas regardé un tournoi depuis des années. Ils sont bons nos jeunes joueurs! Et ils ont de la personnalité. Et même du panache, par moment.

Félix, malgré tout

Félix Auger-Aliassime a subi l’élimination contre le Japonais Yoshihito Nishioka dans un match aussi spectaculaire que formateur.

Il a perdu 7-6, 4-6 et 6-7. Mais au-delà du résultat, il y a la manière. Affronter Nishioka, c’est comme jouer contre un mur. Un mur de 20 mètres. Le Japonais fait à peine 1,70 m (5 pi 7 po), il n’a pas de puissance. S’il est là, c’est parce qu’il retourne toutes les balles. Toutes.

C’est épuisant pour un rival. Peu ou pas de faute directe. Tout ce qu’on souhaite, il faut le gagner.

Auger-Aliassime s’y est laissé prendre. On a senti qu’il baissait les bras en troisième manche. Mais une fois mené 5 à 1, il a refusé de céder le dernier point. Il a fait 5-2, pour l’honneur. Et puis 5-3, 5-4 et 5-5! Il a fini par plier, mais il a sans doute beaucoup appris.

Bianca la toute puissante

Bianca Andreescu vient de passer en demi-finales à Indian Wells. Elle était 243e au classement mondial en octobre dernier. Mais aucune joueuse n’a gagné plus de matchs qu’elle cette année. En comptant ses deux victoires en Fed Cup, elle en compte 26 en 2019, plus que toute autre joueuse.

Elle a laminé Garbine Muguruza 6-0 et 6-1 en quarts de finale. L’Espagnole a déjà détenu le 1er rang au classement mondial. Elle a remporté Roland-Garros. Elle a gagné Wimbledon. Même dans un mauvais jour, ça reste une rivale aguerrie. Mais Andreescu l’a anéantie.

Elle serre le poing gauche.

Bianca Andreescu l'emporte aisément sur l'Espagnole Garbine Muguruza.

Photo : The Associated Press / Mark J. Terrill

Plus forte, plus mobile, plus vive, plus fine, Andreescu ne lui a laissé que des miettes.

Elle entrera dans le top 40 du classement mondial lundi. Et à 18 ans, vous vous doutez que ce n’est pas terminé.

Et Shapo?

Denis Shapovalov s’est incliné en huitièmes de finale devant le Polonais Hubert Hurkacz. Une défaite de 7-6, 2-6 et 6-3 à la Shapovalov, sur les chapeaux de roue.

Shapovalov n’a que 19 ans, ne l’oublions pas. Il joue chaque coup comme si c’était le dernier. La prudence? Connaît pas!

Shapo est un peintre qui travaille avec une brosse de 10 centimètres. Il vous peint les nuages et les petits oiseaux du même trait. Il finit ses toiles couvert de peinture. Et dans l’ombre ou la lumière, elles sont toujours pleines de couleur, elles ont toujours quelque chose de beau.

Denis Shapovalov

Denis Shapovalov

Photo : Getty Images / Yong Teck Lim

Oh, le beau tennis!

Ces trois-là nous promettent un été génial.

Oncle Milos va continuer de servir. Eugenie va peut-être se retrouver. D’ici quelque temps, le Canada sera peut-être un prétendant sérieux en Coupe Davis comme en Fed Cup.

Mais oublions le drapeau, le Canadien, les Alouettes, le dopage…

Cette année, c’est sur les courts que le printemps fleurit.

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