•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les mondiaux de patinage artistique dans l’œil d’Alain Goldberg

Kirsten Moore-Towers et Michael Marinaro
Kirsten Moore-Towers et Michael Marinaro Photo: Getty Images / Martin Bureau
Radio-Canada

À partir de mercredi, la ville japonaise de Saitama accueillera les Championnats du monde de patinage artistique. Les Japonais poursuivront-ils leur domination? Qui seront les patineurs canadiens à suivre? Survol de la compétition en 10 questions avec Alain Goldberg.

Un entretien d'Alexandre Couture

Q. - Dans les 12 dernières années, le Japon a remporté 24 médailles, dont 8 d'or, aux Championnats du monde. Peut-on s’attendre à une autre domination japonaise?

R. Chez les hommes, avec Yuzuru Hanyu et Shoma Uno, je m’attends à une domination japonaise, tutoyée par les patineurs américains, dont Nathan Chen. Celui-ci est le fer de lance du patinage américain dans la mesure où il réussit cinq quadruples et s’est prouvé à maintes reprises sur la scène internationale.


Q. - Le Canadien Keegan Messing, 8e aux derniers mondiaux, a connu une bonne saison. A-t-il une chance de s’approcher du podium malgré la forte concurrence des Japonais et des Américains?

R. Keegan Messing est encore loin. S’il est dans les cinq premiers, ce sera un bel exploit. Il est capable maintenant de faire le quadruple lutz, mais encore faudra-t-il qu’il réussisse brillamment sans négliger les autres aspects de son programme.

Il a tendance à se décontenancer quand certains éléments de sa routine vont moins bien. Il sera intéressant de suivre son parcours au Japon.


Q. - Du côté des femmes, deux patineuses de 16 ans, la Japonaise Rika Kihira et la Russe Alina Zagitova, se livreront une bataille féroce pour le titre.

R. Rika Kihira fait le triple axel combiné au triple boucle de manière exceptionnelle. Mais il y aura également les Russes, dont Evgenia Medvedeva et Zagitova, championne olympique.

Plusieurs gros noms manqueront à l’appel en raison de l'âge minimum [15 ans avant le 1er juillet]. Les trois meilleures du dernier Championnat national de Russie ne seront pas présentes pour cette raison. Même chose aux États-Unis, la championne nationale, Alysa Liu, n’a que 13 ans.


Q. - La Torontoise Gabrielle Daleman s’est absentée une grande partie de la saison pour soigner des troubles d’anxiété. Peut-elle rivaliser aux mondiaux?

R. Elle revient, mais elle revient difficilement. Ça ne s’est pas bien passé aux Championnats canadiens, cela a ouvert la porte à Alaine Chartrand. Espérons que sa pause soit salutaire à moyen terme.

Elle a manqué la saison régulièrement, elle ne se sentait plus capable. Elle était fatiguée. C’est un sport très difficile sur le plan mental.

Elle s'apprête à faire un saut.Gabrielle Daleman lors de son programme court lors des Championnats du monde de patinage artistique de l'ISU. Photo : AFP/Getty Images / MARCO BERTORELLO

Q. - Evgenia Medvedeva a quitté la Russie pour s’entraîner à Toronto avec Brian Orser, mais les résultats tardent toujours à venir.

R. Effectivement, ce n’est pas concluant. Vous savez, c’est un changement de vie, un changement de milieu, puis les méthodes d’entraînement sont complètement différentes.

En Russie, c’était très directif. Et au Canada, très libéral. La pression est très forte sur Medvedeva. En plus de livrer une bataille à Zagitova, trois autres jeunes Russes poussent derrière et sont capables de faire des quadruples sauts.

Radio-Canada Sports présentera en webdiffusion les Championnats du monde, à Saitama, au Japon

  • Mardi 19 mars – Couples – Programme court – 21 h 30 (HAE)
  • Mercredi 20 mars – Femmes – Programme court - 2 h 05 (HAE), couples – Programme libre – 21 h 30 (HAE)
  • Jeudi 21 mars – Hommes – Programme court 3 h (HAE), danse – Programme court – 23 h (HAE)
  • Vendredi 22 mars – Femmes – Programme libre 4 h 30 (HAE), danse – Programme libre 23 h 30 (HAE)
  • Samedi 23 mars – Hommes – Programme libre 4 h 30 (HAE)
  • Dimanche 24 mars – Gala 2 h (HAE)

Pour plus de détails sur notre calendrier de diffusion, cliquez ici.


Q. - En couples, quels sont les duos à surveiller?

R. Les patineurs que nous aurons beaucoup de plaisir à regarder, ce sont les Français Vanessa James et Morgan Ciprès, qui s’entraînent aux États-Unis. Après avoir gagné les Championnats d’Europe, ils pourraient bien gagner les Championnats du monde.


Q. - Quel est l’état des forces du côté canadien?

R. Ça va bien, mais pas extrêmement bien. Il faut passer derrière le couple médaillé de bronze aux Jeux olympiques [Meagan Duhamel et Eric Radford], c’est difficile. Pour Kirsten Moore-Towers et Michael Marinaro, ils ont obtenu l’argent en fin de saison, mais c’était aux Championnats des quatre continents, une compétition hybride sans plusieurs gros noms.

Moore-Towers et Marinaro en argent aux Championnats des quatre continents

Q. - En danse, le trou laissé par le départ de Tessa Virtue et Scott Moir peut-il être comblé à court terme?

R. Laurence Fournier Beaudry et Nikolaj Sorensen patinaient pour le Danemark, mais représentent maintenant le Canada sur la scène internationale. Ça risque d’être bien, mais je miserais plutôt sur Kaitlyn Weaver/Andrew Poje et Piper Gilles/Paul Poirier.

Ce sera difficile avec les Français Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron, toujours dangereux, et les Américains Madison Hubbell et Zachary Donahue.


Q. - Les Championnats du monde au Japon pourraient être le théâtre d’un exploit français...

R. Ce sera la première fois que la France a des chances de gagner le titre mondial en couples et en danse. Il n’a pas gagné en couples depuis 1932.

Il n’y a pas de couples en France. La preuve : on en a envoyé qu’un seul sur trois postes possibles.


Q. - Au terme de cette année de transition, parsemée de retraites et de pauses, comment se porte le patinage artistique canadien?

R. L’avenir est tout de même intéressant avec Stephen Gogolev qui va arriver bientôt, le patineur qui fait déjà le quadruple lutz à 14 ans. Il a déjà fait sa marque sur la scène internationale chez les juniors, mais il n'est pas admissible aux mondiaux.

La patience est de mise, mais la relève arrive. La progression des patineurs est maintenant un concours de vitesse entre les pays. L’apprentissage des sauts doit se faire de plus en plus rapidement, et les risques de blessures augmentent proportionnellement.

Est-ce que le Canada pourra et voudra suivre? C’est une bonne question.

Patinage artistique

Sports