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chronique

Les dirigeants des Astros encensent le Montréalais Abraham Toro 

Abraham Toro s'élance dans un match préparatoire des Astros de Houston le 24 février
Abraham Toro s'élance dans un match préparatoire des Astros de Houston le 24 février Photo: Getty Images / Joe Robbins
Martin Leclerc

Jim Stevenson est le recruteur des Astros de Houston dans le Midwest des États-Unis. Il se souvient encore clairement de la première fois qu'il a vu jouer le troisième-but montréalais Abraham Toro, qui fait sensation depuis le début des camps du baseball majeur.

Sélectionné par les Astros au 5e tour du repêchage de 2016, Abraham Toro brûle les étapes au sein de cette organisation.

Il y a tout juste deux ans, le Québécois de 22 ans se débattait pour se tailler une place au niveau A (saison écourtée), qui est le deuxième des six échelons des ligues mineures menant vers le « Show ». Et le voilà cette année au camp de la MLB, où il a jusqu’à présent maintenu une moyenne de ,308 (1 circuit, 2 doubles et 8 points produits) en 13 matchs.

Les dirigeants de l’organisation l’adorent. Lors d’une récente entrevue, le directeur responsable du développement des joueurs des Astros, Pete Putila, rendait hommage à Jim Stevenson pour avoir déniché une telle perle au Seminole State College au terme de la saison 2015-2016.

Cet établissement est bien connu dans le petit univers du baseball québécois, parce qu’il a accueilli un grand nombre d’espoirs de chez nous au cours des 25 dernières années. Éric Gagné, notamment, sortait tout juste de Seminole quand les Dodgers de Los Angeles lui avaient offert son premier contrat professionnel.

« Dès la première fois que j’ai vu Abraham Toro sur le terrain, ça m’a frappé! Je n’en revenais pas qu’un joueur aussi talentueux n’ait pas encore été repêché ou sélectionné au sein de l’équipe nationale canadienne », raconte Jim Stevenson.

« Abraham possédait un excellent bras et son jeu défensif se situait nettement au-dessus de la moyenne. Il maintenait une excellente moyenne offensive et frappait avec puissance des deux côtés du marbre (moyenne de ,439 et 20 circuits en 55 matchs), ce qui est exceptionnel. Quand la balle quittait son bâton, elle réagissait différemment sous la force de l’impact. Il démontrait une puissance exceptionnelle durant les pratiques au bâton. »

Et en plus, il fournissait toujours un effort maximal et affichait constamment une belle exubérance sur le terrain. Je le regardais jouer et je me disais: “Ce gars-là pourrait devenir un joueur spécial. C’est en plein le genre de gars qu’on recherche!”

Jim Stevenson, recruteur des Astros de Houston

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Jim Stevenson est Canadien. Cet excellent athlète a grandi dans la région de Toronto et rêvait de lancer dans les majeures. Il a porté les couleurs d’un collège de l’Oklahoma, mais une intervention chirurgicale au coude a prématurément mis fin à son rêve.

« Mon bras ne réagissait plus après l’intervention. Je suis donc revenu terminer mes études universitaires à Montréal et j’ai porté les couleurs de l’équipe de hockey de Concordia pendant trois ans. J’ai passé les trois plus belles années de ma vie à Montréal », révèle-t-il fièrement.

Maintenant installé en Oklahoma (où il était retourné à titre d’entraîneur au baseball collégial après ses études au milieu des années 1990), Stevenson avoue être naturellement porté à jeter un second regard sur les joueurs canadiens qui tentent leur chance au baseball dans les collèges du Midwest.

« Il y en a tellement. Je dirais qu’il y a deux ou trois Canadiens au sein de chaque équipe », dit-il.

En 2015-2016, Abraham Toro est devenu le joueur favori de Jim Stevenson.

« Je voulais vraiment que les Astros le sélectionnent! Je me croisais les doigts en espérant qu’on puisse mettre la main dessus. Dans mes rapports, en termes de talent, je mentionnais qu’il méritait d’être choisi au cours des trois premières rondes. J’avais une très haute opinion de lui. Au fil de la saison, plusieurs autres équipes se sont mises à s’intéresser à Abraham. La plupart l’aimaient bien. Mais moi, je l’aimais vraiment! J’ai toutefois eu très peur qu’Abraham nous échappe quand je me suis rendu compte, un peu avant le repêchage de 2016, que les Marlins étaient aussi à ses trousses », raconte Jim Stevenson.

Abraham Toro en entrevue au micro de Radio-Canada SportsAbraham Toro Photo : Radio-Canada

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Jeune directeur du développement des Astros, Pete Putila travaille au sein de l'organisation depuis 2011. Il se souvient que Stevenson avait fait des pieds et des mains pour que Toro soit sélectionné le plus tôt possible. Il ne semble pas le regretter.

« La signature d’Abraham Toro s’est avérée une excellente embauche pour nous. Il est le type de joueur que chaque entraîneur rêve de diriger. Il est enthousiaste, il travaille fort et, en même temps, il est très calme dans sa façon de mener ses affaires. Les gens de l’organisation ont aussi remarqué à quel point Abraham a la couenne dure. Il reçoit des balles frappées avec puissance en pleine poitrine au troisième but et il complète ses jeux comme si de rien n’était, révèle Putila.

Il est très concentré et il ne cesse de progresser. Il réalise les jeux en défense, il frappe des deux côtés du marbre avec une certaine puissance et il fait constamment contact avec la balle. Il nous apporte beaucoup.

Pete Putila, directeur du développement des Astros de Houston

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À sa première saison professionnelle (dans la Ligue des recrues), Toro n’avait cogné aucun circuit. À sa deuxième année, il en a cogné 15. Puis l’an dernier (un calendrier partagé entre les niveaux A fort et AA), il s’en est offert 16. Impressionnés par ses progrès, les dirigeants des Astros l’ont alors envoyé terminer l’année dans la Ligue automnale de l’Arizona. C’est dans cette ligue que les organisations du baseball majeur envoient leurs surdoués de tous les niveaux pour prolonger leur saison et accélérer leur développement.

« Abraham s’est retrouvé confronté à des espoirs comme Vladimir Guerrero fils, et ses statistiques étaient aussi bonnes que n’importe qui », souligne Jim Stevenson.

« Toro n’était âgé que de 21 ans l’automne dernier. C’était très jeune pour se retrouver dans la Ligue de l’Arizona. Malgré cela, sa moyenne OPS (moyenne de présence sur les sentiers additionnée à sa moyenne de puissance) était la troisième de la ligue. Il méritait amplement qu’on l’invite à notre camp des ligues majeures », rappelle Pete Putila.

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Habituellement, les jeunes joueurs comme Abraham Toro, qui sont invités à côtoyer les joueurs des majeures pour prendre de l’expérience, sont rétrogradés à la mi-mars afin de laisser les vétérans compléter leur préparation.

Mais lors de notre entrevue, Pete Putila ne semblait pas prêt à affirmer que Toro allait quitter les Astros dès cette semaine.

« Il y a parfois des jeunes qui jouent tellement bien que l’organisation les récompense en les gardant au camp principal un peu plus longtemps. Il sera intéressant de voir si Toro obtiendra une telle récompense », a-t-il indiqué.

Il y a une dizaine de jours, le nom de Toro apparaissait au 23e rang sur la liste des 30 meilleurs espoirs des Astros. Il était le premier espoir de l’organisation à la position de troisième-but. Lorsqu’on garde en tête que chaque organisation gère un minimum de six clubs-écoles, qu’il y a neuf positions à pourvoir et plusieurs dizaines de lanceurs à développer, voir apparaître son nom sur la liste des 30 meilleurs s’avère un pas important dans la carrière d’un jeune joueur.

Il sera très intéressant de voir à quel rang se situera Toro lorsque la prochaine liste sera publiée, au début d’avril. Abraham Toro a clairement retenu l’attention de ses patrons.

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