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La Fédération internationale d'athlétisme maintient la suspension de la Russie

Natalya Antyukh
Natalya Antyukh Photo: Getty Images / Cameron Spencer
Agence France-Presse

La Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) a maintenu lundi pour la 10e fois depuis plus de trois ans la suspension de la Russie à cause d'un vaste scandale de dopage.

À six mois des Championnats du monde, deux conditions doivent encore être remplies pour permettre un retour officiel à la compétition des athlètes russes.

Le Conseil de l'IAAF réuni à Doha a expliqué exiger encore le paiement par la Russie des coûts générés par le traitement du scandale de dopage russe, et attend que lui soient remis, après authentification, les données et les échantillons du laboratoire de Moscou récupérés mi-janvier par l'Agence mondiale antidopage (AMA).

Les deux conditions ont cependant connu des avancées notoires depuis la dernière réunion du Conseil de l'IAAF en décembre à Monaco.

« La Fédération russe d'athlétisme (RUSAF) a soulevé des problèmes logistiques à propos du paiement. Des problèmes que l'IAAF va résoudre sous peu », a assuré en conférence de presse Rune Andersen, le directeur du comité de l'IAAF qui se consacre à l'évaluation des progrès russes en matière de lutte antidopage.

« Les données sont en cours d'authentification par l'AMA, qui a fait de la transmission des données à l'AIU (l'Unité d'intégrité de l'athlétisme) une priorité », a ajouté M. Andersen.

L'Agence mondiale antidopage a en effet commencé mercredi la phase d'authentification des données électroniques du laboratoire de Moscou récupérées à la mi-janvier, après avoir terminé une première phase de téléchargement, un processus qui pourrait durer de deux à trois mois.

L'AMA avait de son côté pris le parti de réintégrer la Russie le 20 septembre, avant d'obtenir les données du laboratoire. Le Comité olympique russe n'est plus suspendu depuis un an, et le Comité paralympique russe a été réintégré au mouvement il y a un mois.

L'IAAF est donc la dernière instance emblématique – avec la Fédération internationale de biathlon (IBU), dans une moindre mesure – à suspendre la Russie, même si de nombreux Russes sont désormais autorisés à concourir sous bannière neutre.

Un bémol a toutefois été soulevé par M. Andersen à propos d'informations révélées dimanche par la télévision allemande ARD, qui affirme notamment qu'un ancien responsable de l'équipe nationale d'athlétisme à l'époque du dopage organisé, Valentin Maslakov, occupe toujours des fonctions au sein de l'équipe nationale.

L'ARD assure, documents à l'appui, que sur les 94 membres du personnel de l'équipe nationale en 2019, 63 ont eu des fonctions au sein de l'équipe à la période du scandale de dopage. De quoi se poser des questions sur le « ménage » censé avoir été fait dans l'athlétisme russe.

Le ministre russe des Sports, Pavel Kolobkov, a pour sa part fait savoir que « les entraîneurs suspendus ne font pas partie de l'équipe nationale ».

Des secousses du scandale continuent par ailleurs de rythmer l'actualité sportive : 12 nouveaux athlètes russes, dont le champion olympique de saut en hauteur Ivan Ukhov, ont été suspendus le 1er février sur la base des révélations du rapport McLaren qui avait documenté le système de dopage.

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