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L'UCI s'approprie le vélo de montagne électrique aux mondiaux à Mont-Sainte-Anne

La foule observe les concurrents de la Coupe du monde féminine de vélo de montagne au Mont-Sainte-Anne, en 2014.

Les admirateurs de la région de Québec n'ont toujours vu que des vélos de montagne traditionnels en action à Mont-Sainte-Anne.

Photo : La Presse canadienne / Clément Allard

Olivier Tremblay

Signe des temps, les mondiaux de vélo de montagne comprendront pour la toute première fois un volet électrique en août prochain à Mont-Sainte-Anne. Loin de vouloir semer la confusion, l'Union cycliste internationale (UCI) cherche plutôt, par cette initiative, à s'approprier ce segment des compétitions et à démythifier l'appareil.

Dans son plus récent règlement, entré en vigueur le 1er janvier dernier, l’UCI a établi ses premiers paramètres pour les compétitions de vélo de montagne électrique.

Le moteur du vélo doit être d’une puissance maximale de 250 watts. Il est interdit d’en remplacer la batterie pendant une course. L’assistance au pédalage est permise jusqu’à 25 km/h – et au démarrage, elle ne doit « pas excéder 6 km/h sans avoir recours au pédalage », précise l’UCI.

Le message est assez clair : pas question ici d’un vélo si puissant que le pédalage est presque facultatif. D'ailleurs, ces modèles sont généralement interdits dans les sentiers. Non seulement les cyclistes n’ont qu’une seule batterie à leur disposition en compétition, mais leur conduite est en partie dictée par la gestion de cette énergie.

Patrice Drouin est président de Gestev, promoteur de l’événement, et membre de la commission de l’UCI consacrée au vélo de montagne. Il explique qu’avec ces mondiaux, l’UCI s’assure que le volet électrique ne glisse pas dans le segment des motocyclettes.

« La Fédération internationale de motocyclisme a aussi annoncé un développement électrique de son côté, précise M. Drouin en entrevue téléphonique. Nous voulions qu’il n’y ait pas de confusion. Nous, c’est vraiment le vélo à assistance électrique. La fédération de motocyclisme vise des appareils totalement électriques, mais certains vont s’approcher de la moto. »

Nous voulions annoncer que la propriété “vélo à assistance électrique” sera sous la gouverne de l’UCI dorénavant.

Patrice Drouin, président de Gestev

L’organisation des mondiaux entend faire tout ce qu’elle peut pour dissiper la confusion entre le vélo de montagne traditionnel, qu’elle tient à mettre en valeur comme toujours, et son cousin électrique. Les deux épreuves (élite féminine et élite masculine) sont d’ailleurs inscrites au programme de la première journée de compétition, avant même la cérémonie d’ouverture.

« Une conduite complètement différente »

Le parcours de 7,3 km sera aussi bien différent de celui qu’emprunteront les cyclistes traditionnels, mais autant dans une volonté de distinction que par absolue nécessité.

« C’est dans les faux plats, les relances et les montées que l’aspect électrique entre en ligne de compte, explique M. Drouin. Dans un creux, avec un vélo traditionnel, il faut changer de vitesse en bas – de la huitième à la troisième, disons –, et il faut bien le faire, sans quoi on reste bloqué. Avec un vélo électrique, qui compte moins de vitesses, on va changer de vitesse dans le creux et on va facilement repartir.

« Je fais du vélo de montagne depuis les années 1980. J’ai essayé le vélo électrique quelques fois, et c’est une conduite complètement différente. Dans certaines montées, il faut freiner en haut pour être capable de prendre le virage ou le trou qu’on va franchir. »

La rapidité de course qui découle de ces particularités fait partie de ce qui, selon M. Drouin, devrait attirer les foules vers ce sport méconnu. Le départ sera dynamique et l’aspect technique, fascinant, assure-t-il.

L’ajout du volet électrique à la compétition pourrait aussi permettre au public de revoir certains cyclistes qu’il a admirés par le passé.

Le Français Julien Absalon lève les bras pour célébrer sa victoire à la Coupe du monde de vélo de montagne de mont Sainte-Anne, en 2016.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le Français Julien Absalon a remporté six épreuves de Coupe du monde de vélo de montagne au Mont-Sainte-Anne.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Julien Absalon, double médaillé d'or olympique de vélo de montagne en 2004 et en 2008, est devenu le premier champion français de vélo de montagne électrique en août 2018, quelques mois à peine après sa supposée retraite sportive. Il devrait être au mont Sainte-Anne, tout comme le Suisse Thomas Frischknecht, un habitué du podium aux mondiaux dans les années 1990 et 2000.

« J’en vois plusieurs qui s’adonnent au vélo de montagne électrique, actuellement, qui ne faisaient que du vélo de route avant, ajoute M. Drouin. Maintenant, ils font du vélo de montagne à un âge plus avancé. Ils s’amusent bien, et ils peuvent se présenter à Mont-Sainte-Anne. Ce sont les premiers championnats du monde. Ils peuvent aller chercher un autre titre mondial dans un tout nouveau sport. Ce n’est pas banal. »

Et il n’y a pas qu’en compétition que l’assistance électrique incite les cyclistes des volets plus traditionnels à faire un détour par la montagne. Le commun des mortels aussi peut y trouver son compte, d’autant plus qu’en marge de la compétition, une vingtaine d’entreprises cyclistes présenteront leurs produits électriques et permettront au public de les essayer.

« Ce qui était compliqué ou décourageant dans le vélo de montagne devient franchissable pour un public beaucoup plus large », promet M. Drouin.

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