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Et si le Canadien n'avait jamais repêché Carey Price?

Carey Price entouré de Bob Gainey (gauche) et de Trevor Timmins (droite) au repêchage de la Ligue nationale en 2005

Carey Price entouré de Bob Gainey (gauche) et de Trevor Timmins (droite) au repêchage de la Ligue nationale en 2005

Photo : Getty Images / Bruce Bennett

Alexandre Gascon

Il est périlleux, voire injuste, de refaire les séances de repêchage a posteriori... mais certainement amusant. Si celle de 2005 était à recommencer, le Canadien aurait probablement été privé du gardien le plus victorieux de son histoire.

Après Sidney Crosby, seul sur sa planète, Carey Price n’aurait sûrement pas attendu trop longtemps avant que son nom soit prononcé et le CH aurait eu à se rabattre sur une autre de ses cartes.

Or, à l’époque aussi, il s’en est fallu de peu pour que Price appartienne à une autre équipe.

Trent McCleary, alors dépisteur pour Montréal, a déjà confié à RDS que le CH lorgnait Benoit Pouliot.

Trevor Timmins ne l’admettra probablement jamais, mais il ne fait rien pour dissiper les doutes lorsqu’on lui pose la question.

Si le Wild du Minnesota ne jette pas son dévolu sur Pouliot avec le 4e choix au total, un rang avant Price, devient-il un membre du Tricolore?

À l’autre bout du fil, le directeur du recrutement montréalais a éclaté de rire et s’est accordé un moment de réflexion.

« Je ne me rappelle pas. Je ne veux pas aller là. Il était un bon espoir avec les Wolves de Sudbury », a dit Timmins.

Même en insistant…

« On est ici pour parler de Carey Price. »

En effet. On ne versera pas dans l’uchronie. Surtout que le CH a déjà misé sur les deux joueurs dans la même formation avec des résultats, disons, banals. Sans le vouloir, le directeur général du Wild, Doug Risebrough, a peut-être rendu un fier service au Tricolore.

Un choix controversé

Imaginez si le Bleu-blanc-rouge avait opté pour un gardien de but avec le troisième choix au total du dernier repêchage au lieu de Jesperi Kotkaniemi.

Timmins et ses collègues vivaient une situation équivoque en 2005. José Théodore défendait la cage du CH. Cristobal Huet et Yann Danis attendaient leur tour. L’équipe paraissait aussi rassurée sur son avenir devant le filet que dépourvue dans l’axe.

On a préféré faire fi de la position dans cet encan déterminé par une loterie en raison du lock-out qui avait forcé la ligue et les joueurs à tirer un trait sur la saison 2004-2005.

« J’étais avec ma femme et je regardais la loterie pour voir où notre logo allait apparaître, où on allait repêcher. On est partis de 30e à 20e, jusqu’à 10. Là, tu commences à être vraiment fébrile, parce que le premier prix était Sidney Crosby. Le joueur d’une génération », s’est souvenu Timmins.

« Ça a été une petite déception de ne pas pouvoir mettre la main sur Crosby. Automatiquement, ta tête se met en marche et tu commences à te demander qui sera encore disponible au 5e rang, qui sera encore sur notre liste.

Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis

« Je savais que ce serait une décision difficile parce que j’avais une bonne idée que Carey Price serait encore là au 5e rang et on l’aimait vraiment. On trouvait qu’il était l’un de ces joueurs qui avaient une chance de devenir un joueur de concession. Comme Crosby et peut-être quelques autres », a-t-il fait valoir.

Quatorze ans plus tard, Trevor Timmins encense encore son directeur général de l’époque, Bob Gainey, pour avoir accordé sa confiance à son groupe de recruteurs.

Je me suis tourné vers Bob et je lui ai dit : "Il faut que ce soit le gardien." Il n’a pas posé de questions et a simplement répondu : "Vas-y avec la liste, vas-y avec le gardien."

Trevor Timmins à propos de Carey Price

La sélection a immédiatement provoqué quelques réactions incrédules, celle de l’analyste Pierre McGuire au premier chef, comme le rappelait récemment La Presse canadienne.

« Le Canadien aurait pu opter pour Anze Kopitar, qui a gagné deux Coupes Stanley avec les Kings, ou encore Marc Staal, qui a atteint la finale avec les Rangers. Ils étaient les deux joueurs que je croyais que le Canadien devait cibler en raison de la profondeur au sein de l'organisation », a-t-il indiqué à l’agence de presse.

La décision du CH avait également déclenché l’ire de certains partisans, mais ravi les Blue Jackets, qui détenaient le 6e choix de l’encan. Columbus craignait de se faire soutirer Gilbert Brûlé à la dernière minute.

« Ils étaient tellement contents que l’on choisisse Price qu’ils ont lancé leurs crayons en l’air », a raconté Timmins.

On l’a déjà dit, le repêchage est un art imparfait…

Le pur-sang

« Bob disait toujours que Price était un pur-sang », a continué le directeur du recrutement du Canadien.

Bien des années plus tard, Gainey, Pierre Gauthier, qui a échangé Jaroslav Halak plutôt que la jeune vedette, et tous ceux qui ont défendu le choix de Price ont de nombreux arguments pour défendre leur point de vue.

Price a remporté le trophée Vézina, le Hart, le William-Jennings et le Ted-Lindsay. Il totalise 4 saisons de 30 victoires et plus (bientôt 5). Il a gagné une médaille d’or olympique, une autre au Championnat mondial junior et a soulevé la coupe Calder dans la Ligue américaine.

Il ne lui manque, en fait, que l’honneur ultime. Le seul qui compte vraiment selon certains.

Photo : Getty Images / Claus Andersen

Le Canadien aurait-il mieux fait avec Anze Kopitar? On s'égare, on s'égare.

Depuis Price, aucun gardien n’a été sélectionné parmi les 10 premiers au repêchage. Seulement 11 ont été choisis au premier tour au cours des 13 dernières cuvées. Pire encore, seuls Ilya Samsonov et Jake Oettinger ont trouvé preneur au premier tour depuis 2013.

Certaines équipes préfèrent dénicher des gardiens à bas prix qui offrent souvent des performances légèrement inférieures aux grandes vedettes et préfèrent compenser avec des joyaux à l’attaque obtenus grâce à l’argent économisé.

On peut toutefois se demander à quoi auraient ressemblé les neuf dernières années du Tricolore sans le numéro 31 pour en défendre les couleurs.

« Lorsqu’un gardien spécial arrive, tu dois sauter sur l’occasion. Exactement comme les équipes de la NFL le font pour les quarts-arrières. Le gardien est un des plus importants joueurs de ton équipe », a conclu Timmins.

Dans le cas du Canadien, à n'en point douter.

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