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chronique

Le risque de Racing Point et la pierre de Lance Stroll

Lance Stroll sort du garage lors des essais d'hiver à Barcelone.

Lance Stroll sort du garage lors des essais d'hiver à Barcelone.

Photo : Getty Images / Jerry Andre

Philippe Crépeau

L'équipe Racing Point a des ambitions affichées pour le premier grand prix de la saison, en Australie : marquer des points. Pour y arriver, Sergio Pérez et Lance Stroll devront au préalable travailler vite et bien dans le paddock du circuit d'Albert Park à Melbourne.

La voiture de l’équipe Racing Point, la RP19, n’a pas brillé par sa vitesse aux essais d’hiver de Barcelone. Stroll a inscrit le 14e chrono sur 20 voitures, à 1,3 seconde du temps de référence de Ferrari, avec les mêmes pneus, soit les plus tendres de la gamme Pirelli (C5).

L’équipe Racing Point a bien précisé qu’elle avait apporté à Barcelone une voiture neutre, dans sa version 0 de développement, pour travailler sur le comportement des pneus et sur la fiabilité mécanique.

Le pilote de Mont-Tremblant a beaucoup tourné, et la voiture s’est montrée fiable et docile. Il a fait 336 tours en quatre jours de travail. De quoi amasser de précieuses données télémétriques qu’analysent en ce moment même les ingénieurs de l’équipe à l’usine de Silverstone.

L’équipe a indiqué que, fidèle à son habitude, elle voulait d’abord s’assurer que la voiture est capable de tenir la distance avant d’en développer certains aspects.

Sergio Pérez discute avec un ingénieur de l'équipe Racing Point à Barcelone.  Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Sergio Pérez discute avec un ingénieur de l'équipe Racing Point à Barcelone.

Photo : Getty Images

En 2018, les voitures roses n’avaient guère brillé aux essais d’hiver. Trop lourdes, elles avaient concédé près de deux secondes au temps de référence.

Ce qui avait fait dire à Pérez : « J’espère que nous n’aurons pas cette voiture à Melbourne. »

En raison du budget limité, l’équipe anciennement appelée Force India avait pu compter sur une demi-saison de développement.

Avec le plus petit budget du plateau, 165 millions de dollars (selon le magazine allemand Auto Bild), elle avait perdu du terrain sur ses adversaires directs à partir du Grand Prix d’Autriche, 9e épreuve de la saison (sur 21).

Force India avait tout de même marqué sur l’ensemble de la saison un total de 111 points. Un véritable tour de force au cœur d’une année perturbée par la menace d’une liquidation, et le climat d’incertitude que cela suscite.

Sergio Perez et Lance Stroll (au fond) lèvent le voile sur la RP19, la voiture de l'équipe Racing Point pour la saison 2019

Sergio Perez et Lance Stroll (au fond) lèvent le voile sur la RP19, la voiture de l'équipe Racing Point pour la saison 2019

Photo : Société Radio-Canada

La force de caractère du personnel, à l'usine et sur les circuits, a joué un grand rôle dans les résultats de l'équipe. Le 5e rang du classement des constructeurs a récompensé le groupe.

L’équipe rebaptisée Racing Point veut faire mieux en 2019, avec une nouvelle direction et un budget à la hausse qui lui permet de se projeter dans l'avenir.

Agrandir et développer

La construction d’une nouvelle usine, prévue pour la saison 2021, a démarré à Silverstone.

« Après des années de sous-financement, nous pourrons avoir de meilleurs outils pour travailler », a dit le directeur général Otmar Szafnauer pendant le lancement à Toronto.

À court terme, le personnel pourra travailler au développement de la RP19 tout au long de la saison.

« Notre objectif est vraiment de finir au quatrième rang des constructeurs, a dit le pilote mexicain au journal espagnol Marca. Ce que je vois dans l'équipe maintenant me fait croire que nous en sommes capables. Nous vivons de bons moments, et nous pouvons accomplir de grandes choses ensemble. »

Lance Stroll dans le garage de Racing Point à Barcelone

Lance Stroll dans le garage de Racing Point à Barcelone

Photo : Racing Point / Jerry Andre

Déjà, l’équipe a prévu apporter à Melbourne, en Australie, une voiture très différente de celle utilisée à Barcelone.

« J’espère que la voiture sera encore plus performante. Ce sera le début d’un programme de développement qui durera toute l’année », a dit Lance Stroll dans le paddock de Barcelone.

« Tout est prêt pour l'évolution majeure que nous prévoyons pour Melbourne, et pour que nous puissions nous battre avec les meilleures équipes du milieu de grille », a affirmé Sergio Pérez.

Le facteur risque

De quoi sera faite cette évolution majeure? C'est la première question. Pas de réponse pour le moment. La deuxième, c'est : est-ce que ça marchera?

Les nouvelles composantes construites à l’usine n’ont pas encore été évaluées en piste. Il est difficile d'en évaluer les bienfaits, malgré le travail en simulateur. La réponse tombera à Melbourne.

Le risque est que les nouvelles pièces n’améliorent pas la performance de la voiture, ou pire, qu’elles limitent la maniabilité de la RP19 constatée à Barcelone.

Les deux pilotes n’auront que les essais libres du vendredi 15 mars, soit trois heures de travail, pour les évaluer. Partez dans une mauvaise direction avec une pièce mal adaptée ou défectueuse, et vous perdez un temps précieux.

Sans compter qu'une petite fuite d'huile peut bloquer un pilote au garage alors que les concurrents, eux, tournent. Comme on l'a vu avec Racing Point à Barcelone.

Les deux pilotes auront un rôle important à jouer.

« On veut tous les deux rendre la voiture la plus compétitive possible, et guider les ingénieurs dans notre direction », a dit Stroll pendant les essais.

Après deux saisons en F1, le Québécois a gagné en maturité en piste et hors piste. Il a appris à mieux gérer son temps, à « développer sa routine », comme l'a précisé son préparateur physique David Whiteman.

Il veut maintenant montrer qu'il peut apporter sa pierre à l’édifice.

Travailler sur deux fronts

La situation en Australie sera très différente de celle des essais d’hiver.

L’équipe aura deux voitures en piste à Melbourne contre une seule à Barcelone (comme l'impose le règlement) pour évaluer les nouvelles pièces.

Lance Stroll et son ingénieur Brad Joyce à Barcelone

Lance Stroll et son ingénieur Brad Joyce à Barcelone

Photo : Twitter / Racing Point

Stroll et Pérez se sépareront la tâche et compareront leurs notes ensuite. Il est fort possible qu'ils aient des cahiers de charge différents, et qu'ils n'aient pas les mêmes temps au tour en essais libres.

La capacité de Stroll à faire progresser la voiture no 18 durant le week-end dépendra de la qualité de ses échanges avec les ingénieurs. Et sa capacité à faire progresser la voiture, autant que ses résultats en piste, déterminera sa place dans l’équipe.

Pérez doit être considéré comme le pilote numéro un de facto, en raison de ses années de service dans l’équipe (il commence sa 6e saison), de son expérience et de ses résultats.

À Lance Stroll de montrer dès le Grand Prix d'Australie que Racing Point pourra compter en 2019 sur ses deux pilotes.

Lance Stroll à Barcelone lors des essais d'hiver

Lance Stroll à Barcelone lors des essais d'hiver

Photo : Getty Images / LLUIS GENE

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