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Les Alouettes libèrent le quart étoile Johnny Manziel

Johnny Manziel

Johnny Manziel

Photo : The Canadian Press / Graham Hughes

Radio-Canada

Les Alouettes de Montréal ont annoncé mercredi que la Ligue canadienne de football (LCF) avait sommé l'équipe de libérer Johnny Manziel. Le quart étoile de 26 ans n'a pas respecté l'entente qui le rendait admissible à jouer dans le circuit.

Durant son point de presse tenu en fin d'après-midi, le directeur général Kavis Reed a insisté sur le fait que Manziel n'avait pas respecté certaines des conditions d'admissibilité qu'il devait respecter pour jouer dans la Ligue canadienne. Il n'a pas voulu dire à quelles conditions Manziel ne s'était pas conformé.

« Les premières indications sont venues entre la fin de la saison et la date d'ouverture du marché des joueurs autonomes de la LCF, le 12 février dernier. Les conditions qu'il devait respecter étaient confidentielles et elles le resteront », a indiqué Reed en réponse aux questions des journalistes qui cherchaient à connaître la nature des manquements commis par Manziel.

Au moment de faire son entrée dans le circuit, la LCF avait été très claire : Manziel devait se soumettre à une série de conditions, dont suivre un processus d'évaluation continue par un expert indépendant en matière de violence contre les femmes, une révision par un avocat-conseil et une rencontre en personne avec le commissaire.

Manziel a de son côté confirmé au quotidien USA Today en juin dernier qu'il devait également prendre une médication pour un problème de bipolarité et qu'il devait voir un thérapeute de façon hebdomadaire.

Invité à commenter l'échange qui a amené Manziel à Montréal, Reed a dit que l'entente avec les Tiger-Cats avait été conclue à partir des informations reçues de l'équipe de Hamilton et de la ligue.

« Tout indiquait qu'il observait ses conditions correctement. Nous connaissions les risques. Nous avons pris la bonne décision à ce moment-là parce que nous pensions qu'il nous aiderait à gagner des matchs. On a pris cette décision en croyant qu’il allait faire de nous une meilleure équipe », a dit Reed.

« Nous misions sur la relation privilégiée qu'il entretenait avec notre entraîneur Mike Sherman. On va continuer à tenter de gagner des matchs de football », a-t-il insisté.

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Johnny Manziel

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Ce dernier a répété à plusieurs reprises qu'il était convaincu que les Alouettes s'étaient améliorées à toutes les positions et qu'elles formaient une bien meilleure équipe.

Gros prix

Manziel, ancien quart des Browns de Cleveland dans la NFL, a été acquis par les Alouettes en juillet dans un échange avec les Tiger-Cats qui a coûté à l'organisation montréalaise le receveur éloigné Chris Williams et l’ailier défensif Jamaal Westerman, en plus de choix de premier tour aux repêchages de 2020 et 2021.

Questionné à savoir s'il était embarrassé de se retrouver les mains vides, Kavis Reed est catégorique.

« Je n'ai pas à être embarrassé d'avoir pris une décision pour aider l'équipe, a-t-il répondu. Nous avions fait nos devoirs et nous pensions que Manziel aurait du succès avec nous. »

Celui que l'on surnomme « Johnny Football » a réussi 106 de ses 165 passes en 2018 pour des gains de 1290 verges. Il a lancé cinq passes de touché et subi sept interceptions en 8 matchs.

Il n'a pas su relancer les Moineaux, pas plus que les six autres quarts qui ont pris part à des matchs. L'équipe a maintenu une fiche de 5 victoires et 13 défaites et a raté les éliminatoires pour une quatrième année de suite.

Dans un message Twitter, Manziel a tenu à remercier son entraîneur, ses coéquipiers et les partisans de la LCF.

« Le temps que j'ai passé là m'a permis de retrouver mon amour pour le football et du travail qu'il exige. Je suis impatient d'explorer de nouvelles options aux États-Unis. »

Devant l'hypothèse que Manziel ait volontairement brisé les conditions pour faciliter son passage à l'Alliance américaine de football (AAF), dont le style de jeu est plus près de la NFL, Reed a évité de se mouiller et s'est contenté de répéter que le non-respect de ses conditions d'admission dans la LCF constituait l'unique raison de son renvoi.

« Ça n'a rien à voir avec l'AAF. Il peut prendre le chemin qu'il voudra, on lui souhaite bonne chance. Je ne connais pas les règles des autres circuits, mais je sais seulement qu'il ne pourra plus jouer dans la Ligue canadienne », a conclu le patron des Alouettes, les dents serrées.

La LCF ne compte pas publier de communiqué pour réagir à la nouvelle. Dans un courriel envoyé à Radio-Canada Sports, un représentant de la ligue souligne qu'il existe une entente de reconnaissance des contrats entre la LCF et l'AAF.

Comme Manziel est libéré de son contrat, il pourrait logiquement signer un nouveau contrat dès maintenant avec une équipe au sud de la frontière.

Un joueur au passé trouble

Johnny Manziel est devenu en 2012 la première recrue à remporter le prestigieux trophée Heismann, remis au meilleur joueur universitaire aux États-Unis. Il avait réussi cette année-là une saison exceptionnelle avec les Aggies de l’Université A&M avec 3706 verges de gains par la passe et 1410 verges au sol.

Sa réputation de fêtard faisait peur à de nombreuses équipes de la NFL, si bien que 21 joueurs ont été repêchés avant lui en 2014. Les Browns de Cleveland, qui l’ont finalement sélectionné au 22e rang du premier tour, ont amèrement regretté cette décision. Ils l'ont libéré en 2016.

Il a eu des problèmes liés à la consommation d’alcool. Pendant ses années dans la NFL, il s'est d'ailleurs inscrit au programme pour abus de substances.

Il a aussi fait face à des accusations de violence conjugale, qui ont été abandonnées en 2017, et dans la foulée desquelles il a suivi une thérapie pour gérer sa colère.

Le quart américain a également confié souffrir d’un trouble bipolaire diagnostiqué en 2017 et qu’il prenait des médicaments pour le traiter.

Avant de se joindre aux Tiger-Cats pour relancer sa carrière au printemps 2018, il avait confié avoir deux priorités : sa sobriété et sa santé mentale.

L’annonce de la libération de Manziel survient un peu plus de 10 jours après l'ouverture du marché des joueurs autonomes dans la LCF. Trois quarts de premier plan (Bo Levi Mitchell, Mike Reilly et Trevor Harris) étaient disponibles. Reilly s’est entendu avec les Lions de la Colombie-Britannique, Harris avec les Eskimos d’Edmonton, tandis que Mitchell a décidé de rester avec les Stampeders de Calgary.

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Johnny Manziel

Photo : La Presse canadienne / Peter Mccabe

Avec les informations de La Presse canadienne

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