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« Disgrâce », « inacceptable » : des actes racistes en LNAH suscitent l'indignation

Le numéro 3 des Marquis de Jonquière estime que des partisans ont dépassé les bornes en lançant des propos racistes. Photo: Hugo Cotnoir photograghie
Meeker Guerrier

Les injures racistes proférées à l'endroit de Jonathan-Ismaël Diaby et de sa famille pendant un match entre les Marquis de Jonquière et les Pétroliers du Nord à Saint-Jérôme, samedi, ramènent à l'avant-scène la question de la violence, physique et verbale, dans la Ligue nord-américaine de hockey (LNAH).

Le défenseur des Marquis a été la cible d’insultes à caractère raciste de partisans des Pétroliers durant les deux premières périodes. Ses proches ont aussi été humiliés et insultés par la foule. Ces incidents ont poussé le joueur à quitter le match et l’aréna avec son entourage.

En entrevue à Radio-Canada Sports mardi, Diaby a raconté comment les choses ont dégénéré. Après un but, un adversaire lui a asséné un coup de bâton à la jambe. Un autre l'a atteint avec son bâton au visage. Il a ensuite senti que sa famille et ses amis, invectivés à leur tour dans les gradins, étaient en danger et il en a eu assez.

Jonathan Diaby explique pourquoi il a quitté le match

Le joueur se dit habitué d'être la cible de commentaires désobligeants, mais ne peut accepter que ses proches subissent le même sort.

Moi, je peux prendre les commentaires sur la glace. Ça ne me dérange pas de me faire insulter. Nais quand ça se transporte dans les estrades envers des membres de ma famille, c’est impossible pour moi à accepter.

Jonathan-Ismaël Diaby, défenseur des Marquis de Jonquière

Pour Benoît Gratton, l’entraîneur-chef des Marquis, son jeune défenseur de 24 ans a pris la bonne décision en quittant l’aréna.

« Jonathan aurait pu commettre des gestes qu’il aurait regrettés après, dit-il. Dans tout ça, il a été un homme. »

Benoît Gratton, entraîneur-chef des Marquis de Jonquière, commente l'incident

« Les actes qui ont été perpétrés et permis contre le jeune Jonathan Diaby et sa famille sont inacceptables! Zéro tolérance au harcèlement! Zéro tolérance au racisme », a pour sa part lancé Enrico Ciccone, député libéral de Marquette et ancien joueur de la LNH reconnu pour sa robustesse.

La LNAH a-t-elle changé?

Reconnue pour le jeu robuste qu'on y pratique, la LNAH tente depuis quelque temps de se défaire de son image de ligue de fiers-à-bras.

Pour mettre cette histoire en contexte, il faut savoir que l’équipe la plus punie du circuit, en date de mardi, est l’Assurancia de Thetford Mines avec 760 minutes de punition en 34 matchs, dont 300 pour des pénalités majeures, y compris les bagarres. En comparaison, l’équipe la plus punie de la Ligue nationale est l’Avalanche du Colorado avec 646 minutes de pénalité en 63 matchs, dont 100 pour des pénalités majeures.

Selon Benoît Gratton, même si la LNAH veut garder son identité de ligue robuste, on tente de changer l’image du circuit avec, notamment, l’arrivée de joueurs comme Jonathan-Ismaël Diaby.

Benoît Gratton pense que la LNAH change

Le défenseur de 1,95 m (6 pi 5 po) est en effet un joueur de talent. Il a joué pendant quatre saisons dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) avec les Tigres de Victoriaville et a été repêché par les Predators de Nashville au troisième tour (64e au total) en 2013.

Diaby ne fait pas de lien direct entre la violence sur la glace et le comportement des partisans, mais il y a encore des problèmes dans la LNAH, selon lui. Il y a surtout des joueurs dont les habilités sont limitées et dont le seul rôle est de se battre, déplore-t-il

« Il y a certains joueurs qui n’ont pas leur place là, estime-t-il. Que je sois sur la même glace qu’eux, c’est une disgrâce. »

Jonathan Diaby pense que certains joueurs n'ont pas leur place dans la LNAH

(Avec les informations de Mélissa François et Julie Marceau)

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