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Le fondeur Alex Harvey s'inquiète de la relève et des changements climatiques

Alex Harvey

Alex Harvey

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le fondeur québécois Alex Harvey, qui a déjà annoncé sa retraite à la fin de la présente saison, était en entrevue à l'émission Gravel le matin sur les ondes d'ICI PREMIÈRE lundi, deux jours après sa 6e place au skiathlon.

Au micro d'Alain Gravel, celui qui participe à ses derniers Championnats du monde à Seefeld, en Autriche, en a profité pour parler de sa décision, de ce qu’il ressent face à ce choix, de sa motivation actuelle en compétition, sur l’état de la relève en ski de fond au Canada et même sur les changements climatiques.

Comment se sent-il au cœur des mondiaux en sachant que ce sont ses derniers?

« Je me sens fébrile c’est certain, mais pas plus qu’à la veille d’autres grandes compétitions ou d’autres grands championnats. Je ne sais pas à quoi m’attendre étant donné que je vis mes dernières grandes compétitions. Je suis toujours très motivé. Quand tu t’entraînes depuis le début de l’année pour ça, tu es vraiment excité quand la compétition approche. Pour l’instant, je ne sens pas une grande différence. »

Sur son choix de se retirer…

« On est loin de la maison durant des mois et des mois. Ça fait depuis 2009 que je n’ai pas passé Noël chez moi. J’ai encore beaucoup de plaisir à faire ce que je fais, mais je veux avoir de bons souvenirs à la fin de ma carrière. Je ne veux pas attendre que ça commence à devenir laborieux. C’est le bon moment pour moi, parce que j’ai l’impression d’être encore dans la game. Je ne veux pas trop descendre au niveau des performances et étirer la sauce trop longtemps. »

Le moment où il a pris sa décision…

« Je suis retourné à la maison au début du mois de janvier après le Tour de ski. J’y pensais depuis un bout, mais c’est à ce moment que j’ai décidé que ce serait ma dernière saison. On aura les finales de la Coupe du monde à Québec à la fin de la saison. De pouvoir terminer ma carrière internationale à la maison, c’est une chance extraordinaire. »

Le Français Adrien Backscheider, le Canadien Alex Harvey et le Suédois Jens Burman pendant le skiathlon.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le Français Adrien Backscheider, le Canadien Alex Harvey et le Suédois Jens Burman pendant le skiathlon.

Photo : Getty Images / Matthias Hangst

L’avantage de la proximité pour les Européens…

« Beaucoup d’entre eux ont déjà quelques enfants, une famille et tout. Le dimanche, ils prennent l’avion et retournent chez eux après la compétition. Tandis que nous, on s’en va tout de suite dans un autre pays pour se préparer à la compétition du week-end prochain. »

À propos de son niveau actuel de motivation…

« Il faut être dans une zone où l’on a beaucoup de plaisir à pousser la machine et de plaisir à se faire mal. C’est drôle à dire, mais c’est un sport où la souffrance fait partie intégrante de l’entraînement et des compétitions. »

« Je suis un gars sociable. Mes meilleurs amis sont mes coéquipiers. C’est ma deuxième famille. Plusieurs ont pris leur retraite à la fin de la dernière saison. Je me suis retrouvé plus seul, surtout dans les camps d’entraînement et dans les compétitions en début de saison. Je n’avais plus ma gang avec moi. »

« Ici. aux mondiaux, on a une équipe complète avec 5 gars et 5 filles et toute l’équipe de techniciens. Ici, j’ai retrouvé le plaisir de triper en gang. Si on est seul en compétition, le reste de la journée on est humains comme tout le monde. Souper tout seul dans un hôtel en Finlande après une compétition, c’est moins motivant. »

Qu’en est-il de la relève dans son sport au Canada?

« Immédiatement derrière moi, il y a peut-être un petit vide. Mais dernièrement aux mondiaux juniors, il y a à peine un mois en Finlande, on a eu de très bons résultats. On a eu un jeune homme de 18 ans qui a terminé 7e dans l’une des courses. Il sera encore chez les juniors l’an prochain, ce qui est très prometteur pour nous. »

« C’est certain que les talents arrivent au compte-gouttes en comparaison aux pays scandinaves ou certains pays alpins. Il va peut-être falloir attendre un ou deux cycles olympiques avant de revoir de grands résultats. »

Sommet d'une montagne au soleil avec de la neige et une autre chaîne de montagnes à l'arrière-planAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La neige se laisse désirer au sommet de Whistler (décembre 2018).

Photo : Radio-Canada / Francis Plourde

À propos des changements climatiques…

« Ça se voit surtout sur les glaciers. Ce sont des milieux vraiment fragiles. Que ce soit chez nous à Canmore, en Alberta, ou sur d’autres glaciers comme en Autriche ou en Suisse, les mois où ils sont ouverts sont de plus en plus courts. »

« À la fin de l’été, les glaciers sont vidés de leur neige. Il y a de la glace, mais c’est tout sale. Des coéquipiers sont allés au Dachstein, en Autriche, l’automne dernier. Ils y étaient pour deux semaines et demie, mais ils n’ont pu skier qu’une seule journée. Quand j’étais d’âge junior, on pouvait y tenir des camps dans de très belles conditions. »

« On voit le recul des glaciers, et c’est troublant. C’est sûr que pour quelqu’un qui est assis à Québec ou Montréal et qui voit la quantité de neige qu’il y a, à court terme, c’est plus difficile à voir. Mais quand 97 % des scientifiques reconnaissent qu’il y a un réchauffement climatique, c’est difficile de débattre contre ça. »

Son retour aux études en droit…

« Il me reste quatre cours pour terminer mon baccalauréat. Ensuite, le plan est de commencer l’école du barreau et de devenir avocat d’ici un an environ. »

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