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Les grands moments de la carrière d’Alex Harvey

Alex Harvey sourit, avec une médaille au cou.

Alex Harvey est le fondeur le plus décoré de l'histoire du Canada.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Olivier Paradis-Lemieux

Alex Harvey n'est plus qu'à quelques jours de la retraite. Retour sur les grands moments de la carrière du fondeur canadien le plus décoré de l'histoire à l'aube de son chant du cygne aux finales de la Coupe du monde, à Québec.

18 janvier 2009 : premier podium

Trois médailles acquises les deux saisons précédentes aux mondiaux juniors annonçaient que le fils de Pierre Harvey se ferait bientôt un nom sur la scène mondiale. Mais si vite?

Alex Harvey n’a que 20 ans quand il monte pour la première fois sur un podium de Coupe du monde, à sa quatrième course chez les seniors. En sprint par équipe, une première pour le pays, et de surcroît à Whistler avec son coéquipier George Grey.

Les fondeurs George Grey et Alex Harvey brandissent un drapeau du Canada après leur 3e place au sprint par équipes à Whistler, au Canada.

George Grey et Alex Harvey, médaillés de bronze au sprint par équipes à Whistler, au Canada, en 2009

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Cette médaille de bronze sera suivie d’une deuxième deux mois plus tard à Trondheim, en Norvège, dans une épreuve d’un tout autre acabit : le 50 km classique.

Alex Harvey n’a qu’une saison dans les jambes et déjà, il performe sur tous les terrains.


22 février 2010 : si près à Vancouver

« Pendant un instant, j'ai rêvé à la médaille », laisse tomber Alex Harvey après le sprint par équipe des Jeux olympiques de Vancouver.

Lancé par son coéquipier Devon Kershaw, en 2e place dans la dernière des six boucles de 1,5 km, le Québécois de 21 ans s’écroule à 4,8 secondes du duo russe. La 4e place est historique pour le Canada, qui n’avait jamais placé des fondeurs masculins si près d’un podium olympique. Un tandem russe viendra à nouveau briser son rêve de médaille aux Jeux huit ans plus tard, à Pyeongchang.

Alex Harvey aux Jeux de Vancouver

Alex Harvey aux Jeux de Vancouver

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan


2 mars 2011 : champion du monde

L’ascension irrésistible d’Alex Harvey se poursuit la saison suivante. Début janvier, il devient champion du monde des moins de 23 ans au 30 km, et c’est avec cette bouffée de confiance qu’il aborde les Championnats du monde à Oslo. Mais rien ne peut le préparer à ce qu’il va y accomplir.

Le duo qu’il forme avec Devon Kershaw réussit ce qui avait échappé jusqu’alors à tous les fondeurs canadiens : un titre mondial. Cette fois encore, Kershaw lance Harvey en 3e place lors du dernier relais, mais plutôt que de fléchir dans l’ultime boucle de 1,5 km, le Québécois terrasse ses adversaires finlandais et norvégiens.

Bien calé derrière Ola Vigen Hattestad, il le remonte en fin limier dans la dernière ligne droite pour l’emporter par un ski, qui se transforme bientôt en guitare dans un duo des fondeurs qui résonne encore aujourd’hui dans la petite histoire du ski de fond canadien.

ADevon Kershaw et Alex Harvey

Devon Kershaw et Alex Harvey

Photo : Associated Press / Matthias Schrader

À ses mêmes Championnats du monde, Alex Harvey prend le 5e rang du 50 km, à moins de deux secondes d’une deuxième médaille. Il a 22 ans. Et seul son père Pierre peut prétendre avoir un palmarès aussi garni au pays.


16 mars 2012 : sous le regard du père

Pierre Harvey fait le voyage en Europe pour être à Falun, en Suède, où il est devenu 25 ans plus tôt, en mars 1987, le premier Canadien à s’imposer sur la scène internationale en ski de fond.

Le père craint que sa présence dérange son fils, mais c’est plutôt à un immense moment d’émotions séparé par un quart de siècle auxquel ils ont droit.

Alex Harvey à Falun

Alex Harvey à Falun

Photo : Associated Press / Anders Wiklund

Quand Alex Harvey franchit ce jour-là la ligne du prologue des finales de la Coupe du monde, son père accoure, les larmes aux yeux, embrasser celui qui vient de remporter la première de ses six victoires individuelles sur le circuit de la Coupe du monde.


19 février 2015 : rédemption à Falun

Les Jeux olympiques de Sotchi sont une succession de déceptions pour Alex Harvey. Attendu sur au moins un podium, il ne réussit même pas un top 10 en raison d'une série de pépins techniques, de malchances et d’erreurs de fartage.

Un an plus tard, il réussit aux mondiaux de Falun les performances qu’il aurait souhaité accomplir un an plus tôt en Russie : une médaille de bronze à la poursuite, une 5e place, pour la deuxième fois, au 50 km, et une médaille d’argent au sprint classique.

Alex Harvey à Falun en 2015

Alex Harvey à Falun en 2015

Photo : Getty Images / Matthias Hangst


5 mars 2017 : la consécration

Alex Harvey, champion du monde à Lahti

Alex Harvey, champion du monde à Lahti

Photo : Getty Images / JONATHAN NACKSTRAND

Dans le monde du ski de fond, le 50 km des Championnats du monde est l’épreuve mythique à inscrire à son palmarès. En Finlande, Alex Harvey reste dans le groupe des meneurs de cette longue épreuve tactique où la conservation de l’énergie est cruciale pour l’inévitable sprint final.

Après un effort de 1 h 45 min, ils sont cinq à faire leur entrée, ensemble, dans le stade de Lathi. L’élite mondiale. Le Québécois est dans une position rêvée dans la descente, deuxième derrière le Russe Sergey Ustiugov, qu’il garde dans sa ligne de mire.

La glisse du Québécois est parfaite et il sort du virage périlleux avec deux longueurs d’avance qu’il ne perdra jamais dans la dernière ligne droite, négociée avec la vigueur d’un immense champion. Harvey exulte, le poing serré. « C’est la plus belle course de ma vie », lance-t-il.

À 28 ans, il est au sommet du monde.

Alex Harvey célèbre avec son équipe sa victoire au 50 km aux Championnats du monde de Lahti.

Alex Harvey célèbre avec son équipe sa victoire au 50 km aux Championnats du monde de Lahti.

Photo : Getty Images / Christof Stache

Quelques mois plus tard à Québec, devant les siens, aux finales de la Coupe du monde, il triomphe en sprint et finit 2e au 15 km poursuite, des résultats qui lui permettent de terminer au 3e échelon du classement général, point d’exclamation d’une saison de rêve.


24 février 2018 : l’amertume coréenne

Ils sont athlètes olympiques de Russie.

Une épithète inventée par le CIO pour permettre à la plupart des athlètes russes de participer aux Jeux olympiques de Pyeongchang, malgré le scandale de dopage institutionnel mis au jour par le rapport McLaren.

Ils sont deux sur le podium du 50 km en Corée du Sud : Alexander Bolshunov et Andrey Larkov.

Alex Harvey à Pyeongchang

Les efforts d'Alex Harvey suffiront-ils à se placer sur le podium?

Photo : Getty Images / Clive Mason

Il y avait trois fondeurs russes sur celui de Sotchi, quatre ans plus tôt, au moment où la Russie se livrait au système de dopage le plus élaboré de l’histoire du sport.

Il est 4e ce jour-là, devant le grand Martin Sundby, tout aussi malheureux 5e. Le coeur brisé, il ne peut que constater que cette médaille olympique lui a filé de nouveau entre les doigts.

Présent comme analyste pour Radio-Canada Sports, le père tente tant bien que mal de consoler celui qui a tout donné. Alex Harvey conclut sa carrière sans jamais être monté sur un podium olympique.

Si l’amertume est présente, il se refuse à espérer recevoir un jour par la poste une médaille, comme celles qu’il a reçues dans sa carrière junior après la disqualification pour dopage de certains de ses adversaires.

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