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Quand Carey Price est au sommet de son art

Carey Price (à gauche), du Canadien de Montréal, stoppe un tir de Josh Anderson, des Blue Jackets de Columbus.

Carey Price (à gauche) a réalisé 31 arrêts, dont plusieurs étaient spectaculaires.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Alexandre Gascon

Le Tricolore a freiné sa glissade grâce au retour au jeu de Paul Byron, à la combativité de Tomas Tatar et au flair de Max Domi. Mais nul n'a un plus grand impact sur l'équipe que son gardien de but.

« Les équipes qui comptent sur de bonnes performances de leurs gardiens gagnent des matchs », a simplement résumé Claude Julien après la victoire du CH contre Columbus.

Ça paraît indéniable. Sauf que la tendance récente dans la LNH, à la suite principalement des conquêtes des Penguins de Pittsburgh, a plutôt été de minimiser leur valeur. Pas de les discréditer, non, seulement de leur accorder une importance toute relative.

Or, dans le cas du Canadien de Montréal, son destin est intimement lié au génie de son portier et à ses errances. Carey Price est payé en conséquence, tout le monde le sait.

Il est peut-être l’heure de rendre honneur au fait que celui qu’on décrit souvent comme « le meilleur gardien du monde », tel que l’a encore fait Max Domi, joue à la hauteur de sa réputation depuis le 1er décembre. C’est ce que disent les chiffres à tout le moins.

Dans un certain anonymat

Il est fascinant de constater à quel point on s’habitue rapidement à sa domination tandis que le moindre de ses écarts devient rapidement la source d’une grande inquiétude. Contrat trop lourd et trop long. Vieillissement prématuré, usure, blessure, technique déficiente et alouette.

Contre les Blue Jackets, Price aurait bien mérité la première étoile.

Le premier but de la rencontre, celui de Domi, est survenu après seulement 1 min 21 s. Rapide, certes, mais le gardien vedette avait déjà eu le temps de repousser deux assauts bien orchestrés de Columbus, dont un tir à bout portant de David Savard. C’est d’ailleurs pendant la contre-attaque de ce jeu que Domi s’est exprimé.

Peu de temps après, pour préserver l’avance d’un but, il a retenu les ardeurs d’Oliver Bjorkstrand qui fonçait sur lui et ceux de Seth Jones qui a décoché un lancer d’une grande violence de la ligne bleue.

Price s’en souvenait d’ailleurs.

« Il a mis pas mal de composite [le matériau du bâton, NDLR] sur celle-là. C’était un bon tir. Mais de cet endroit, je me dois de faire l’arrêt », a-t-il spécifié.

Il a continué ainsi pendant toute la soirée et a probablement réservé son plus bel arrêt devant Josh Anderson en échappée.

En avantage numérique, Shea Weber s’est fait battre de vitesse par le gros ailier des Jackets qui a obligé Price à réaliser le grand écart pour réussir un arrêt sublime.

Après le but de Tatar au troisième vingt, il a encore dû se dresser devant Zach Werenski et Cam Atkinson dans les cinq dernières minutes du match pour confirmer le gain de sa bande.

Tomas Tatar célèbre son but marqué contre les Blue Jackets de Columbus.

Tomas Tatar a réussi son quatrième but gagnant de la saison.

Photo : Jean-Yves Ahern-USA TODAY Sports

Chaque fois, on aurait dit que la foule s’y attendait. Price confiant, vif dans ses déplacements, toujours en avance dans sa lecture du jeu et dans sa prise d’informations et qui offre une fallacieuse sensation d’aisance et de supériorité.

Encourageant pour les hommes tricolores, décourageant pour les autres.

« Il a été bon, il a fait de gros arrêts », a noté l’entraîneur-chef.

« C’est une grosse équipe avec de bons tireurs qui envoient beaucoup de rondelles au filet. Il y avait beaucoup de trafic ce soir. Il a fait tout un travail pour ne pas avoir la vue voilée. Les équipes qui gagnent comptent sur de bonnes performances de leurs gardiens. Même les matchs qu'on a perdus, il a été bon. Il l’est depuis un bon bout maintenant », a renchéri Julien.

Un bon bout de temps, en effet. On oserait avancer le 1er décembre soit environ deux semaines après qu’il eut évoqué des difficultés « en haut », en pointant sa tête.

C'est le meilleur gardien du monde.

Max Domi à propos de Carey Price

On parlait de chiffres, les voici.

Depuis le début décembre donc, Price est 2e pour le nombre de victoires avec 17, 2e pour la moyenne de buts accordés (2,20), 3e pour le taux d'efficacité (,929) parmi les gardiens partants qui ont disputé au moins 20 matchs.

Son pourcentage d’arrêts en désavantage numérique est aussi très impressionnant. Seuls Roberto Luongo et Jacob Markstrom (90,4 %) ont été plus efficaces que lui (90,3 %) en pareilles situations.

C’est, entre autres, là où se situe la plus grande différence entre le Carey Price version 2017-2018 et le modèle raffiné sous nos yeux. L’an passé, Price bloquait 76,6 % des tirs dits de grand danger. Cette saison, ce taux de succès est passé à 83,8 %.

Ses sept points de pourcentage apparaissent significatifs. Jusqu’à présent, ça signifie environ 19 buts de moins pour le CH. Le classement étant ce qu’il est, il n’est pas difficile d’imaginer le Tricolore écarté du portrait des séries s’il avait accordé ces deux dizaines supplémentaires.

Marc Bergevin a bâti l'équipe de l’arrière vers l’avant, misant la majorité de ses jetons sur le numéro 31 en bleu, blanc et rouge. Son célèbre gardien est en train de prouver que le pari du directeur général était peut-être moins désespéré qu’il n’y paraissait quand il lui a consenti son contrat de 84 millions de dollars.

En rafale

Quelques mois plus tard, les acquisitions de Max Domi et Tomas Tatar profitent toujours autant à cette réinitialisation entreprise par le CH. Domi a atteint le plateau des 20 buts pour la première fois de sa carrière mardi soir et Tomas Tatar a marqué le but gagnant, son 19e de la saison.

Tatar, rappelons-nous, avait été laissé de côté pendant 12 des 20 matchs des Golden Knights dans les séries. Il s’est brillamment racheté.

« Vegas, c’était la première fois que je me faisais échanger. Les gars étaient sur une lancée. Je ne dirais pas que ce n’était pas le bon endroit pour moi. Mais à ce moment-là, ils jouaient bien. Des gars étaient blessés et sont revenus, l’entraîneur les connaissait. Ils ont joué pour lui toute la saison. J’étais le petit nouveau. Mais c’est difficile d’être fâché. On s’est rendu en finale. Je ne changerais rien », a raconté le sympathique ailier.

Paul Byron était de retour au jeu après une absence de six matchs. Il a repris exactement là où il avait laissé, enfilant au passage son 11e but en 37 matchs. Statistique intéressante peut-être partiellement due au hasard : avec Byron dans sa formation, le CH présente un dossier de 23-11-3. Sans lui, c'est 9-10-4.

En l’absence de Phillip Danault, Claude Julien a remodelé tous ses trios ce qui a permis à la majorité d’entre eux de trouver un second souffle. Chacune des trois premières unités a réussi un filet. Nate Thompson, lui, a pris la place du Québécois aux côtés de Tatar et Brendan Gallagher et s'en est bien tiré. Le pivot a remporté 10 de ses 15 mises au jeu, dont la plus cruciale dans sa zone en fin de match, et il a coupé de nombreuses menaces des représentants de l’Ohio. Il a obtenu la fameuse cape du joueur du match dans le vestiaire, une idée de Jonathan Drouin apparemment.

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