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« Ça va bien, je veux que ça continue » : Hugo Barrette confiant à l'aube des mondiaux

Hugo Barrette est tout sourire au terme de l'épreuve de keirin de Hong-Kong.

Hugo Barrette

Photo : Comité olympique canadien / Michael P. Hall

Michel Chabot

Hugo Barrette est fébrile à l'idée de participer aux Championnats du monde de cyclisme sur piste, à la fin du mois en Pologne. Le Québécois se dit mentalement prêt à affronter ce nouveau défi et a l'intention avouée de faire oublier sa performance d'il y a un an.

Dixième au keirin et 18e au sprint des mondiaux de 2018, à Apeldoorn, aux Pays-Bas, le Madelinot veut prouver qu’il peut offrir de meilleures performances. Il s’entraîne à plein régime depuis la dernière Coupe du monde, à la fin janvier.

De retour à Milton depuis trois semaines, il continue de travailler au vélodrome de la banlieue torontoise afin d’atteindre une forme optimale.

« Les moments où je me repose, c’est juste une semaine avant les courses, dit-il au bout du fil. Après, quand je reviens à la maison, il est temps de m’entraîner. »

Barrette, qui avait l’habitude de pousser la machine à fond à l’entraînement, privilégie davantage le repos que par le passé.

Sa médaille d’argent au keirin de la Coupe du monde de Milton illustre à quel point le jeune homme peut offrir des performances supérieures quand il n’éprouve pas de fatigue.

Une saison en trois temps

Après l’extase de Milton sont venues des performances moins impressionnantes pour le Madelinot.

À Berlin, fin novembre, il n’a pu faire mieux qu’une 18e place au keirin et une 17e au sprint. À Londres, deux semaines plus tard, il a fini 12e au keirin et 20e au sprint.

« Ce n’était pas à la hauteur de mes attentes, reconnaît Barrette. Il y a eu de petits pépins durant le voyagement et je ne suis pas arrivé avec le meilleur état physique ou mental. Mais je ne me suis pas attardé à ça, ce n’était pas une déception. »

En Nouvelle-Zélande et à Hong Kong en janvier, il a participé à la finale deux fois au keirin. Chaque fois, il a conclu à la 6e et dernière place.

« À Hong Kong, en fait, j’étais troisième, mais je me suis fait reléguer en sixième position [en raison d’un contact]. Donc, ç’a été décevant, mais l’objectif de la saison, c’était d’aller chercher des points pour la qualification olympique. »

On ne saura qu’après les mondiaux de 2020 si Barrette ira aux Jeux olympiques quelques mois plus tard à Tokyo, mais les efforts de la présente saison comptent déjà. Les 2360 points qu’il a accumulés au keirin au cours de cinq des six Coupes du monde le placent au 7e rang du classement mondial, même s’il a fait l’impasse sur certaines courses estivales. Sa situation est bonne, mais il ne tient rien pour acquis.

La plupart des pays qualifient leurs coureurs individuels par le sprint par équipe. Or, le Canada n’a pas d’équipe de sprint et Barrette ne peut compter que sur lui-même.

Si tu enlèves les athlètes de ces pays-là, je suis deuxième sur sept individus au classement en ce moment. Pour l’instant, ça va, mais il faut continuer le bon travail.

Hugo Barrette

En constante progression

Le podium de Milton en début de saison lui a donné beaucoup de confiance. Seul le champion olympique de 2016, le Britannique Jason Kenny, l’a devancé, de justesse.

« Ç’a été un gros stimulant, avoue Barrette. Les coureurs qui étaient là, c’était la crème de la crème mondiale. C’était la première fois que j’obtenais un gros résultat avec tout le monde présent. Il ne manquait personne. Donc, quand je suis au sommet de ma forme, non seulement je peux rivaliser avec les meilleurs au monde, mais je peux gagner contre eux.

« J’ai perdu par un pneu derrière Kenny. Ça aurait facilement pu tourner de mon côté. C’était un gros message pour mes adversaires, mais surtout envers moi-même. Quand tout est bien exécuté, je suis là. »

La clé du succès, assure-t-il, aura été de faire davantage de courses cette année pour développer l’aspect tactique de son cyclisme. Lors de la saison 2019-2020, il compte s’attarder davantage à sa vitesse.

« La combinaison des deux devrait faire en sorte que je sois capable d’atteindre le podium à toutes les courses », espère Barrette.

Ses récentes compétitions lui laissent présager de grands moments à venir, même s’il admet avoir encore du progrès à faire.

Cette année, j’ai eu beaucoup plus de constance. Au keirin, certainement, je suis en progression. J’espère le démontrer aux mondiaux. Je suis super content de ma saison et il y a de bonnes choses à venir et beaucoup à gagner en termes de vitesse et d’aérodynamisme d’ici les Olympiques. Je suis vraiment excité pour la suite des choses. Il y a de gros gains à aller chercher en très peu de temps.

Hugo Barrette

Entre-temps, il entend tirer le maximum de son passage en Pologne, vers laquelle il s’envolera jeudi.

« Je veux profiter du moment et d’où je suis rendu dans ma carrière. Ça va bien et je veux que ça continue de s’améliorer. »

De grandes ambitions

Son objectif à Pruzkow est d’accéder à la grande finale, contrairement à 2018. Mais pas qu’au keirin, parce que contrairement aux Coupes du monde, il y a une journée de repos entre cette épreuve et le sprint aux mondiaux.

Barrette se présentera donc avec l’esprit libre en terre polonaise, un état qui lui laisse pressentir un dénouement heureux.

« Plus que de la forme physique, cet état mental là, où je peux vraiment laisser aller mon corps dicter mes performances plutôt que de ressentir une pression qui n’est pas nécessaire, pour moi, c’est essentiel, dit-il. C’est vraiment important que je sois capable de ne focuser que sur le moment présent. »

Quand il est libéré du stress et que seul le plaisir de la compétition l’habite, l’athlète aux boucles blondes dit toujours être au faîte de sa forme sur son vélo.

« Il y a vraiment une tendance claire. Quand je suis dans un bon moral, que je suis heureux et dans une bonne place, les performances suivent toujours », conclut-il.

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