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Le Canadien n'a plus de marge de manoeuvre

Il lève le bras droit en l'air.

Frank Vatrano célèbre son but contre le Canadien.

Photo : Brynn Anderson

Alexandre Gascon

SUNRISE – En une semaine à peine, le débat dans la province est passé de l'identité de l'adversaire du Canadien au premier tour des séries éliminatoires à la capacité de l'équipe à simplement y participer.

C’est quand même extraordinaire. Ça ne semblait pas non plus être un phénomène montréalais attribuable à un quelconque chauvinisme nourri par une séquence inspirée de quatre rencontres à domicile, puisque certains analystes évoquaient même la mythique confrontation possible Montréal-Toronto.

Au lendemain de sa défaite aux mains des Maple Leafs en prolongation, le CH détenait un confortable coussin de sept points sur la première formation exclue du portrait éliminatoire : les Hurricanes de la Caroline.

Rien de coulé dans le béton, mais juste suffisant pour pouvoir respirer à pleins poumons... normalement.

Depuis, le Bleu-blanc-rouge a encaissé trois claques dans son périple au Tennessee et en Floride. Et la bande de Rod Brind’Amour a remporté ses trois matchs. Après cette défaite sèche à Sunrise, voilà les Canes à un petit point des Montréalais.

Frustrant pour une équipe qui avait remporté 8 de ses 10 matchs avant sa glissade actuelle. Le moindre relâchement peut signer l’arrêt de mort dans l’Est et le capitaine l’a rappelé.

« On était sur une bonne lancée et on n’a pas été en mesure de se distancer. Un peu peut-être, mais à peine. D’autres équipes gagnent plusieurs matchs de suite et ce sera serré jusqu’à la fin », a laissé tomber Shea Weber.

En effet, toutes les formations dans une lutte au classement avec le Canadien, exception faite des Sabres de Buffalo, ont particulièrement bien performé au cours du dernier segment de cinq matchs.

Alors que le Tricolore se contentait d’une fiche famélique de 1-3-1, les Bruins (5-0-0), les Hurricanes (4-1-0), les Penguins (3-2-0) et les Leafs (3-2-0) ont amélioré leur sort au classement.

Ses deux prochains adversaires au Centre Bell, les Blue Jacket et les Flyers, viennent également de gagner quatre rencontres sur cinq.

Loin de nous l’idée de contredire Jean de La Fontaine, mais l’on aurait tendance à miser sur le lièvre plutôt que la tortue dans cette course ininterrompue.

En ce sens, la défaite aux mains des Panthers, une équipe largement à la portée du CH, a fait mal aux hommes de Claude Julien. Il suffisait de voir les mines renfrognées ou les sursauts de colère de Jonathan Drouin qui lançait avec rage ses boulettes de ruban à travers la petite pièce attenante au vestiaire.

Perdant sur toute la ligne

Le pari de Julien était risqué, mais censé. Et il n’a pas rapporté. L’entraîneur a voulu soustraire Carey Price au fardeau de disputer un troisième match en quatre soirs sur la route.

« Aucune équipe ne ferait ça », s’est-il justifié avant le match.

Pourtant, après 9 lancers sur Antti Niemi, 3 buts et 16 minutes, Price s’est amené en relève avec un retard de 3-1… et le Canadien rentre tout de même bredouille à la maison.

Les réseaux sociaux se sont enflammés pendant le match à propos de cette décision. De nombreux observateurs ont sévèrement critiqué l’entraîneur, mais un regard froid aux chiffres lui donne raison.

Niemi a battu les Panthers deux fois en deux matchs cette saison. Au cours de ses cinq derniers départs avant celui à Sunrise, il avait maintenu une fiche de 3-1-1, un taux d'efficacité de ,934 et une moyenne de buts accordés de 2,40.

Le gardien Carey Price entre en contact avec Jonathan Huberdeau.

Le gardien Carey Price entre en contact avec Jonathan Huberdeau.

Photo : USA Today Sports

Price ne peut être devant le filet pour les 23 derniers matchs de l’année, surtout que la semaine qui s’amorce s’annonce des plus chargées avec la visite des Jackets, des Flyers et le déplacement à Toronto samedi.

Niemi a paru faible sur deux buts des Panthers et, évidemment, les voix se sont élevées à l’unisson dans le vestiaire tricolore pour prendre sa défense. Cela dit, il n’est certainement pas le seul à blâmer.

« Ce n’est pas que le gardien qui n’a pas eu un bon départ. On n’est pas à point dernièrement. Ça fait quelques matchs. Ce soir, ç’a été le pire. En deuxième période, on est revenus dans le match. Mais l’indiscipline, deux punitions, nous a enlevé le vent dans les voiles et leur a donné un deuxième souffle », a estimé Julien.

Peut-être avait-il en tête la punition de Max Domi après 3 min 52 s de jeu. Le troisième avantage numérique de la LNH (25,9 %) a pris exactement 7 secondes pour ouvrir la marque. Ou peut-être songeait-il à la nonchalance, encore, de Jonathan Drouin, ou à l’inefficacité de son trio finlandais ou à celle des nouveaux venus. Les pistes de réflexion étaient nombreuses.

Julien a tempéré les ardeurs en assurant que « ce n’est pas la fin du monde » et qu’il « ne veut pas en faire toute une montagne ».

On veut bien. Il demeure que le CH vient de subir quatre défaites consécutives, dont trois de suite en temps réglementaire, une première cette saison.

Toutes les équipes passent à travers ces choses-là.

Claude Julien

« Quand un groupe vit de l’adversité comme ça, il doit apprendre. On va le faire et on va en sortir meilleurs », a ajouté Domi.

Ce ne sont que trois défaites. Une courte séquence. Tout à fait pardonnable à un club qui a charmé et surpris bien des amateurs jusqu’à présent cet hiver. Mais malheureusement pour le Tricolore, il ne peut plus se le permettre s’il souhaite que l’histoire ait un chapitre printanier.

« On va régler ça à l’interne », a fait valoir Julien.

Fort bien. C’est urgent.

En rafale

Aleksander Barkov, le grand centre finlandais des Panthers, a assommé le CH à lui seul. Il a réussi le deuxième tour du chapeau de sa carrière en plus d’ajouter une passe. Son but gagnant, de toute beauté, n’était pas sans rappeler la feinte que le bon Marek Malik, un défenseur défensif des Rangers de New York, avait popularisée en tirs de barrage et que bien d’autres ont réussie par la suite. À la différence que Barkov l’a fait à pleine vapeur avec un adversaire sur le dos.

Il compte désormais 14 buts en 20 matchs contre le Canadien.

Les Panthers aussi traversent de bons moments, bien qu’ils soient encore très loin d’une place en séries éliminatoires. Leur récente embellie coïncide avec le retour au jeu du centre Vincent Trochek. La Floride montre un dossier de 8-4-0.

La pénalité mineure décernée à Domi était sa 28e cette année. Dans toute la LNH, seul Evander Kane (31) a été réprimandé plus souvent que le petit attaquant du Tricolore. Le deuxième sur la liste montréalaise est Phillip Danault, qui a été puni 16 fois.

On l'a mentionné, c'était la première fois que le Canadien subissait un troisième revers de suite en temps réglementaire. Cela dit, sa pire séquence de défaites de la saison est survenue du 19 au 27 novembre. Il s'était alors incliné cinq fois d'affilée (0-3-2).

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