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Jonathan Drouin a des comptes à régler à Tampa Bay

Photo: Getty Images / Mike Carlson
Alexandre Gascon

TAMPA - Tout joueur qui affronte son ancienne équipe souhaite ardemment la victoire. Que ce soit pour prouver que ses anciens patrons ont eu tort ou simplement par vengeance personnelle. C'est juste plus compliqué pour Jonathan Drouin d'obtenir satisfaction que pour d'autres.

Si Drouin a un esprit vindicatif, il est resté sur son appétit la plupart du temps. Simplement parce que son ancien club, le Lightning de Tampa Bay (43-11-4), est le meilleur de la LNH.

Montréal a remporté un seul de ses six duels (1-3-2) face au Lightning depuis l’échange qui a envoyé le défenseur Mikhail Sergachev en Floride.

Clairement, le Québécois de 23 ans semble agacé par ce palmarès. Surtout qu’il n’a pas encore triomphé à l’Amalie Arena, son ancien domicile.

« Oui, il y a encore une motivation de plus pour moi. Quand tu te fais échanger et que tu joues contre ton ancienne équipe, tu veux gagner encore plus le match. On n’a pas encore gagné à Tampa en deux ans. Le Lightning a une bonne équipe », a fait valoir Drouin à la suite de l’entraînement des siens vendredi après-midi.

« À cette période de l’année, la motivation est déjà assez grande. On a besoin des deux points surtout après un revers à Nashville », a-t-il ajouté.

Bref, c’est aussi à propos de l’équipe, mais pas uniquement.

Les statistiques individuelles du buteur de Sainte-Agathe ne sont pas des plus reluisantes face à ses anciens coéquipiers.

Au cours de ces six rencontres, Drouin a récolté une maigre passe et maintenu un ratio défensif de -5.

Un homme de défis

Beaucoup d’encre a coulé pour analyser l’inconstance du joyau offensif du Tricolore.

Un fait ressort souvent par contre : Drouin répond généralement présent lorsque l'enjeu est grand.

Il a connu ses meilleurs moments dans la LNH à ses premières séries éliminatoires avec le Lightning. Il faisait de même dans le junior à Halifax et lors du tournoi de la Coupe Memorial.

Encore aujourd’hui, il avoue être fouetté lorsqu’il affronte son ancien coéquipier dans les Maritimes, Nathan MacKinnon. L’an passé, il lui avait d’ailleurs fait de l’ombre à Montréal lors d’une rare performance de premier plan de sa part.

On peut donc s’attendre à le voir rebondir samedi soir après deux prestations plutôt ternes contre les Maple Leafs et les Predators.

Ce duel tombe à pic pour Drouin.

Il a été spectaculaire à domicile la semaine dernière avec 9 points en 3 rencontres et ses 46 points en 57 matchs correspondent à un rythme de 65 points sur une saison complète. Ce serait un sommet personnel.

Depuis que je joue pour le Canadien, je peux dire que je me sens le mieux. J’aime la direction que je prends. Mais j’ai encore plusieurs choses à apprendre.

Jonathan Drouin

Peu importe la confrontation que lui imposera Jon Cooper, elle sera de taille.

« C’est toujours agréable de jouer contre de bons joueurs. Ca l’est encore plus depuis que je joue avec Phil (Danault) contre le gros trio de l’équipe adverse. Il n’y a pas juste [Steven] Stamkos de l’autre côté, ils ont plusieurs bons attaquants », a admis Drouin.

Non, il n’y a pas juste Stamkos. Il y a aussi, parmi d’autres, le meilleur pointeur du circuit, Nikita Kucherov, et le dangereux Brayden Point. Il s’avère que les deux jouent, de surcroît, dans un même trio.

Les anglophones utilisent une expression pour ce genre de situations : pick your poison.

Peu importe le poison dont il héritera, disons la ciguë, le Québécois devra le boire jusqu’à la lie.

Une rare suprématie

Tampa Bay totalise 90 points en 58 rencontres. Si l’équipe du nouveau directeur général Julien BriseBois garde la cadence, elle terminera l’année avec 127 points au compteur.

Du jamais vu depuis les 131 points des Red Wings de Détroit en 1995-1996; le record absolu étant les 132 du Canadien en 1976-1977.

Seulement quatre formations dans l’histoire plus que centenaire de la LNH ont été aussi prolifiques.

Plus impressionnant encore, le Lightning chasse le record de 62 victoires en saison des Wings. Bon, il devrait remporter 19 de ses 24 derniers matchs pour égaler cette marque, mais qui sait?

« Le Lightning patine bien, ils sont doués offensivement », a expliqué Claude Julien vendredi.

« J’espère être capable de dire qu’on peut jouer contre plusieurs sortes d’équipes. Mais c’est vrai qu’on semble bien se jumeler contre eux. On parle de deux équipes qui patinent bien. Mais ils ont une haute gamme de talent, on ne s’en cache pas. Ça ne nous intimide pas », a-t-il ajouté.

Tant mieux. Parce que les chiffres seuls effraient les journalistes. Donnent le vertige.

« Quand tu regardes les matchs du Lightning et les statistiques individuelles ou collectives, tu remarques qu’ils n’ont pratiquement pas de faiblesses. Ils ont une bonne défensive, un très bon gardien et des attaquants dangereux. Ils ont un différentiel de plus 50 environ [+67, NDLR]. Ils ont atteint un autre niveau cette année », selon Drouin.

Jonathan DrouinJonathan Drouin Photo : USA Today Sports

Néanmoins, le CH est passé bien près de lui arracher la victoire à son dernier passage en Floride. Tampa Bay avait marqué deux fois tard en troisième période pour signer le gain 6-5.

« On ne veut pas essayer de jouer œil pour œil, dent pour dent. Ils le font trop bien. Leur transition est très rapide. Il sera extrêmement important de contrôler la rondelle samedi soir », a estimé Jeff Petry.

« Ils vont nous donner des chances, il faudra en profiter », a conclu le défenseur.

En rafale

Il n’y avait pas de changement à la formation de Julien lors de l’entraînement vendredi. Le capitaine Shea Weber a profité d’une journée de congé et Christian Folin le remplaçait lors des exercices à la droite de Victor Mete. Il ne faut toutefois pas s’attendre à voir le Suédois de 28 ans dans la formation partante.

« On n’a pas fait l’acquisition de Folin pour le précipiter au sein de la formation, mais plus pour avoir de la profondeur. Si un défenseur n’est pas à la hauteur, on fera le changement. Mais on ne le fera pas juste pour justifier une transaction », a expliqué Claude Julien.

Matthew Peca et Charles Hudon étaient les attaquants supplémentaires et devraient, logiquement, regarder le prochain match sur la passerelle.

Le trio finlandais a perdu des plumes au cours des deux derniers matchs après que Jesperi Kotkaniemi eut inscrit un but dans quatre rencontres d’affilée. Kotkaniemi parvient difficilement à s'exprimer à l’étranger où il a amassé seulement 9 de ses 27 points cette saison, dont aucun but. La léthargie est beaucoup plus profonde dans le cas d’Artturi Lehkonen qui n’a plus trouvé le fond du filet depuis le 28 décembre contre les Panthers. Une séquence de 19 matchs.

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