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Apprentissage à la dure pour Mikhail Sergachev

Mikhail Sergachev contrôle la rondelle en évitant deux joueurs des Blues de St-Louis.
Mikhail Sergachev Photo: Associated Press / Chris Lee
Alexandre Gascon

TAMPA - Après avoir connu une saison recrue rêvée à Tampa Bay, Mikhail Sergachev a été ramené sur terre à sa deuxième campagne dans la LNH. Le défenseur du Lightning apprend maintenant à composer avec un rôle plus effacé qu'il a souhaité.

Les carrières des hockeyeurs ne sont évidemment pas linéaires. Rien ne garantit une progression constante dans ce milieu extrêmement compétitif, bien au contraire.

Cela dit, un arrière de 19 ans qui amasse 40 points en 79 matchs laisse supposer une adaptation fulgurante au style de jeu coriace et rapide du circuit Bettman.

Sergachev avait inscrit presque autant de points que Jonathan Drouin, contre qui il a été échangé en juin 2017, dans un poste foncièrement moins offensif.

Peut-on parler de la guigne de la deuxième année? Pour bien des joueurs, cette théorie demeure un mythe façonné par les médias, une vue de l’esprit.

L’on n’en débattra pas ici, mais force est de constater que Sergachev ne plane plus sur son nuage à sa deuxième campagne.

Il compte 3 buts et 13 passes en 53 matchs. Le Russe de 20 ans a inscrit son premier filet de la campagne à son 40e match de l’année. Son entraîneur, Jon Cooper, a perdu patience dès le mois d’octobre et l'a rayé une première fois de sa formation.

En tout, il a été laissé de côté à cinq reprises

« L’an dernier, les entraîneurs me plaçaient toujours dans des situations où je pouvais marquer des buts, récolter des points, créer de l’attaque. J’ai dû commencer en zone défensive peut-être cinq fois dans toute l’année. Cette année, ils m’apprennent à jouer défensif un peu plus », a expliqué Sergachev après l’entraînement du Lightning vendredi midi.

Certes, il y a eu pas mal de mouvement de personnel depuis son arrivée en Floride il y a un an et demi.

L’acquisition du défenseur étoile Ryan McDonagh, combinée à la présence du lauréat du trophée Norris Victor Hedman, deux gauchers comme lui, l’a confiné au sein du troisième duo.

Mikhail Sergachev célèbre son but.Mikhail Sergachev célèbre son but. Photo : Associated Press / Chris O'Meara

Il y a eu des départs aussi comme ceux de Slater Koekkoek, un ancien premier choix de l’organisation qui n’a jamais su s’imposer, et de Jake Dotchin qui s’était présenté au camp d’entraînement avec un surpoids de 14 kg (30 lb).

Malgré tout, Sergachev n’a pas été en mesure de grimper dans la hiérarchie.

On l’a même fait passer de gauche à droite, où il joue avec le vétéran de 33 ans Braydon Coburn. Sergachev avait aussi goûté à cette médecine avec les Spitfires de Windsor à l’époque.

« C’est différent, a dit le jeune homme pour expliquer son adaptation d’une position à l’autre.

« Pour les sorties de zone, tu es toujours sur ton revers, tu ne peux pas vraiment faire de jeux. Tu peux lober la rondelle à l’extérieur de la zone ou l’envoyer par la bande, ce qui est bon pour moi. Parce que, parfois, il faut que j’apprenne à juste la dégager. »

Chasser le naturel

Le Russe joue en moyenne 17 min 33 s par match, soit plus de 2 minutes de plus qu’en 2017-2018 (15:22).

Par contre, son temps d’utilisation a légèrement baissé en avantage numérique (1:34 par rapport à 1:51). Sa production aussi. Le 9e choix de l’encan 2016 a réussi quatre passes avec l’avantage d’un homme cette saison, tandis qu’il avait enregistré 16 points en pareilles circonstances à son année recrue.

Sergachev est donc bien plus appelé à défendre son territoire qu’auparavant. Ne lui en déplaise, c’est la tangente qu’il doit prendre selon les entraîneurs du Lightning. L’aspect qu’il travaille le plus actuellement : la lutte pour la possession de la rondelle.

Les batailles dans le coin de la patinoire et devant le filet. J’essaie de me concentrer là-dessus. La bataille avec moi-même aussi, parce que parfois je deviens paresseux. Je trouve que ça s’améliore et les entraîneurs aussi.

Mikhail Sergachev

Certes, Sergachev s’accommoderait bien de quelques minutes supplémentaires sur la glace.

« Si tu me donnes 20, 25 minutes, je vais le gérer. Je sens que je peux le faire », a-t-il tenu à spécifier.

Justement, il a dépassé la barre des 20 minutes de jeu seulement quatre fois. Récemment, contre les Blues de Saint Louis, il a plutôt atteint son creux annuel avec 13:37.

Le patineur de Nijnekamsk ne s’en fait pas trop. Il assure préférer sauter son tour à l’occasion plutôt que de jouer à sept défenseurs comme cela a été le cas par moments l’an dernier à Tampa Bay.

« Je veux jouer plus, mais nos entraîneurs savent ce qui est mieux pour moi. Je dois respecter le processus. »

Voilà un mot popularisé par Michel Therrien à l’époque, dans l’entourage du Canadien. Peut-être le seul héritage qu’il reste à Sergachev de celui qui aura été un patron bien éphémère dans sa carrière.

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