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Hyperandrogénisme : Caster Semenya, soutenue par son pays, se défendra devant le TAS dès lundi

Caster Semenya donne un discours lors du gala de l'organisme Women in Sports le 17 octobre 2018 à New York.
Caster Semenya donne un discours lors du gala de l'organisme Women in Sports le 17 octobre 2018 à New York. Photo: Getty Images / Nicholas Hunt
Radio-Canada

Le gouvernement sud-africain a apporté vendredi son soutien à la double championne olympique du 800 m Caster Semenya, à trois jours de son audience au Tribunal arbitral du sport (TAS).

L'audience doit en effet commencer lundi à Lausanne, en Suisse, et durer cinq jours. C'est ce que la TAS a fait savoir vendredi.

Le Tribunal examinera le recours de l'athlète de 28 ans contre le nouveau règlement imposé par la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF).

L'athlète conteste ce nouveau règlement imposé aux femmes athlètes qui produisent naturellement beaucoup de testostérone. Il impose à ces femmes « hyperandrogènes » de faire baisser avec des médicaments leur taux de testostérone pour participer aux épreuves internationales allant du 400 m au mile (1609 m).

« La décision sera annoncée à la fin du mois de mars », a précisé le TAS dans un courriel à l'AFP.

Ce tribunal suprême en matière de sport a également confirmé que la présence de Caster Semenya à l'audience était « annoncée ».

Soutien de son pays

La ministre sud-africaine des Sports, Tokozile Xasa, soutient la plainte déposée par l'athlète, et juge ce règlement « discriminatoire ». Elle a lancé vendredi une campagne baptisée « Naturally Superior » (naturellement supérieure) pour le combattre.

« Ce règlement semble viser spécifiquement Caster Semenya, a déploré vendredi Mme Xasa devant la presse.

« Ce qui est en jeu ici n'est rien moins que le droit de chacun à faire du sport. Le corps des femmes, leur bien-être, leur capacité à gagner leur vie, leur vie privée, leur sentiment d'appartenir au monde est remis en question », a-t-elle ajouté.

« C'est une violation grossière des normes internationales en matière de droits de la personne », a insisté la ministre.

Caster Semenya mène le peloton du 800 m devant la Canadienne Melissa Bishop. Caster Semenya mène le peloton du 800 m devant la Canadienne Melissa Bishop. Photo : Getty Images / Olivier Morin

Caster Semenya a rappelé jeudi par l'entremise de ses avocats qu'elle était « incontestablement une femme ».

Le quotidien britannique The Times a affirmé mercredi que l'IAAF allait plaider devant le TAS que la championne est un « mâle biologique ».

La Fédération internationale a démenti ces informations, expliquant ne classer « aucun athlète DSD (différences de développement sexuel) comme mâle », mais a ajouté que « pour préserver l'équité de la compétition réservée aux femmes, il est nécessaire de demander aux athlètes DSD de réduire leur taux de testostérone ».

Les médaillées d'argent et de bronze du 800 m olympique des Jeux de 2016, la Burundaise Francine Niyonsaba et la Kenyane Margaret Wambui, font face à des interrogations sur leur taux de testostérone.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Associated Press

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