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Négligence et déséquilibre des forces coulent le Canadien à Nashville

Phillip Danault (à droite)
Phillip Danault (à droite) Photo: USA Today Sports
Alexandre Gascon

NASHVILLE – Une première période négligente, pour reprendre les mots de l'entraîneur, et le lauréat du trophée Vézina en 2018 ont eu raison du Canadien à Nashville jeudi soir. Tout autant que la bataille des confrontations de trios, perdue nette par le CH.

Claude Julien a souhaité remodeler son quatrième trio pour affronter des situations comme celle-ci : une équipe bien équilibrée qui joue devant ses partisans et bénéficie du dernier changement.

Ça a mal commencé pour cette unité qui s’est embourbée dans son territoire à chacune de ses trois premières présences. La première fois que Nicolas Deslauriers, Dale Weise et Nate Thompson ont sauté sur la glace ensemble pour une mise au jeu en territoire défensif, les Predators ont terminé la séquence avec quatre tirs au but et une bonne chance de marquer.

Après 20 minutes, ils avaient tenté un tir vers le gardien adverse et en avaient cédé neuf à l’adversaire. Ce n'est pas exactement les statistiques d’un trio éteignoir qu’un entraîneur se plaît à utiliser sans crainte contre les meilleurs éléments des rivaux.

Nicolas Deslauriers (à gauche) et Dan HamhuisNicolas Deslauriers (à gauche) et Dan Hamhuis Photo : Associated Press / Mark Humphrey

Plus le match a avancé, plus il y a eu une « belle progression », selon Julien. Deslauriers s’est même offert une chance de marquer.

« Ils nous ont donné ce qu’on voulait. De la bonne énergie, des chances de marquer, ça a été bien. Tu regardes Weise bloquer un gros lancer, motiver les joueurs sur le banc en deuxième période. Ce sont des choses qu’on n’a pas vues beaucoup de nos attaquants cette année », a estimé l’entraîneur.

Même si l’entraîneur des Predators, Peter Laviolette, a réussi à envoyer chacun de ses quatre trios, avec une régularité à peu près égale, affronter l’unité pilotée par Thompson, le déséquilibre des forces s’est joué ailleurs.

Faux départ

Le CH, complètement débordé dès l’entame de la rencontre, s’est retrouvé mené 10-1 aux tirs au but à mi-chemin du premier engagement.

« Il y avait de la rouille en première, ils étaient tout autour de nous. Ils sortent toujours fort dans cet amphithéâtre en première période », a lancé un Shea Weber à prendre avec des pincettes dans le vestiaire.

Le capitaine a parlé de rouille. L’entraîneur a opté pour la négligence, la nonchalance. Le résultat est le même.

On a été nonchalants ce soir. En première, ça paraissait qu’on était une équipe qui n’avait pas joué depuis quatre ou cinq jours. On était mieux en deuxième et il aurait fallu qu’on marque des buts avec les chances qu’on a eues. Ça nous a fait mal.

Claude Julien

Ces 21 lancers non convertis au deuxième tiers ont effectivement fait très mal au Canadien. Pekka Rinne, lauréat du trophée Vézina en 2018, faut-il le rappeler, et toujours mirobolant contre le Tricolore, a réservé son plus joli arrêt à Andrew Shaw avec un plongeon inspiré que n’aurait pas dédaigné Annie Pelletier.

Le gardien finlandais a totalisé 34 arrêts et les joueurs s’en voulaient de ne pas avoir su sauter sur les retours de lancers pour inscrire quelques précieux filets.

« C’était un de ces soirs », a simplement conclu Tomas Tatar.

Mauvaise soirée pour le premier trio

Constamment opposés aux meilleurs trios adverses, il est impossible que Phillip Danault et ses ailiers en sortent victorieux tous les soirs. Les prestations d’une écrasante domination, comme celle contre les Jets de Winnipeg la semaine dernière, demeurent l’exception.

Celui de Ryan Johansen a nettement eu le meilleur jeudi soir. Danault et Brendan Gallagher ont terminé leur soirée avec un différentiel de -3, -2 pour Jonathan Drouin.

Tandis qu’il était profondément dans son territoire, Drouin a tenté une longue passe qu’a interceptée Ryan Hartman avant de mettre lui-même la touche finale à un beau jeu pour inscrire le premier filet du match.

Sur le but gagnant de Brian Boyle, il y a eu confusion entre Mike Reilly, Weber et Gallagher pendant que Drouin et Danault arrivaient à la traîne.

Ils étaient aussi sur la glace pour le but de Viktor Arvidsson, quoique celui-ci a été l’œuvre d’une erreur de Jordie Benn en zone centrale.

Les chiffres ne sont pas flatteurs. Le trio de Danault, a contrôlé seulement 28 % des tentatives de tir des deux équipes à cinq contre cinq. Il a donné trois buts, n’en a marqué aucun.

Brian Boyle (à droite)Brian Boyle (à droite) Photo : USA Today Sports

Mais qui osera jeter la première pierre aux trois complices qui ont conquis bien des cœurs par leur jeu inspiré récemment.

Les autres unités de Claude Julien n’ont pas été en mesure de prendre la relève au cours d’un match où il aurait été crucial de le faire. On pense au trio de Jesperi Kotkaniemi, sans vouloir mettre trop de pression sur les épaules de la recrue de 18 ans.

Le Finlandais a récolté 9 passes à l’étranger contre 10 buts et 8 mentions d’aide à domicile. Clairement, les confrontations désavantageuses et la rigueur des matchs sur la route lui nuisent pour le moment.

Le CH est maintenant attendu de pied ferme à Tampa Bay par la meilleure équipe de la LNH. Le Lightning a remporté ses quatre derniers matchs et vient de dépecer les Stars de Dallas. Tel serait probablement le prix de la négligence du CH en Floride.

En rafale

Pekka Rinne présente ses meilleures statistiques contre le Canadien de Montréal. Avant le duel de jeudi soir, le gardien des Predators avait remporté 8 de ses 12 départs (8-2-2) contre les Montréalais tout en maintenant une moyenne de buts accordés de 1,46 et un taux d'efficacité de ,951.

Les Predators de Nashville sont la seule équipe de la Ligue nationale qui n’a jamais compté dans ses rangs un marqueur de 40 buts. Le petit Viktor Arvidsson pourrait y remédier cette année. Le Suédois a réussi son 26e but de la saison en seulement 36 matchs. En dépit d’un pouce cassé qui l’a tenu à l’écart pendant 20 matchs, il vogue actuellement sur un rythme de 42 buts. Filip Forsberg aurait peut-être eu son mot à dire également s’il n’avait pas été sur la touche. Il totalise 20 buts en 43 matchs.

Au cœur de cette séquence très intéressante de quatre matchs contre des puissances de la ligue, le Canadien joue pour ,500 (1-1-1). Lui reste le duel contre le Lightning pour améliorer son rendement.

Le nouveau venu Nate Thompson a remporté 6 de ses 11 mises au jeu (55 %), mais Julien a pris soin de préciser que ce chiffre était meilleur selon le CH. Le Canadien analyse une victoire aux mises au jeu selon ses propres critères, distincts de ceux des statisticiens officiels de la LNH, et compile donc des données différentes.

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